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Liquidité bancaire : la BEAC déverse 1 300 milliards FCFA en deux semaines pour calmer les tensions

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Liquidité bancaire : la BEAC déverse 1 300 milliards FCFA en deux semaines pour calmer les tensions

Face à une soif de liquidités persistante des banques commerciales, la Banque centrale a doublé ses appels d'offres en août. En deux opérations successives, elle a injecté l'équivalent de 2,4 milliards de dollars dans le système financier de la CEMAC. Décryptage d'un signal fort adressé au marché.

C'est une opération de grande ampleur que vient de piloter la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC). En l'espace de deux semaines, l'institut d'émission a mis sur la table la somme colossale de 1 300 milliards de francs CFA (environ 2,4 milliards de dollars), via deux appels d'offres successifs.

Après une première adjudication de 600 milliards FCFA le 11 août, la BEAC a remis le couvert dès le 18 août, avec une nouvelle enveloppe de 700 milliards FCFA, mise à disposition le 20 août pour une échéance au 27 août. Dans les deux cas, le taux d'intérêt plancher a été maintenu à 4,50 %.

Pourquoi un tel rythme ?

La raison tient aux chiffres de la première opération : celle-ci a été largement sursouscrite. Les banques de la sous-région ont en effet déposé des offres pour un total de 746,1 milliards FCFA, alors que la BEAC n'en proposait que 600 milliards. Le taux de souscription a ainsi atteint 124,35 %, avec quatorze établissements participants sur trente offres soumises.

Ce niveau de demande traduit des besoins de trésorerie réels et pressants au sein du système bancaire de la CEMAC. Les banques, pour faire face à leurs engagements ou à des sorties de fonds, se sont bousculées au guichet de la banque centrale.

Un coût qui grimpe, signe d'urgence

Autre indicateur : le prix de cette liquidité. Si le taux minimum est fixé à 4,50 %, le taux moyen retenu lors de l'adjudication s'est établi à 4,91 %. Soit une hausse de près d'un demi-point par rapport au plancher. Un écart significatif qui montre que les banques étaient prêtes à payer plus cher pour être sûres d'obtenir les fonds, plutôt que de repartir bredouilles.

À titre de comparaison, le marché interbancaire – où les banques se prêtent entre elles – affichait un taux de 6,36 % le 11 août. Un niveau nettement supérieur au taux directeur de la BEAC (4,50 %). Dans ce contexte, il est plus rationnel pour un établissement de se refinancer auprès de la banque centrale que de s'endetter auprès de ses consœurs.

La BEAC privilégie les volumes, pas les taux

En augmentant son offre de 100 milliards FCFA entre les deux opérations (+16,7 %), l'institution monétaire semble vouloir coller au plus près de la demande réelle. Pour l'heure, elle a choisi d'agir sur les volumes de liquidités injectées, plutôt que de toucher à son taux directeur, resté inchangé.

Cette stratégie vise à détendre les tensions de trésorerie observées en ce début août, sans envoyer de signal trop restrictif sur le coût du crédit.

Les résultats de la seconde opération : un test décisif

La date limite de soumission pour ce second  appel d'offres  étant fixée à ce mercredi 19 août, les résultats à venir permettront de juger de l'efficacité du dispositif. La question est désormais la suivante : ce cumul de 1 300 milliards FCFA suffira-t-il à apaiser les besoins de financement des banques commerciales ? Ou faudra-t-il s'attendre à une nouvelle intervention de la BEAC pour répondre à une demande qui, visiblement, ne faiblit pas ?

En attendant, les établissements de la sous-région, y compris ceux présents au Gabon, gardent un œil attentif sur la manière dont la Banque centrale ajuste ses vannes. La liquidité est le carburant du crédit, et donc, in fine, de l'économie réelle.

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