La mission de collecte de données et d'évaluation menée par le Fonds monétaire international (FMI) au Gabon a officiellement pris fin à Libreville. À la suite d'une mission de terrain de dix jours déployés en mars 2026, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, s'est entretenu le 23 septembre avec la délégation de l'institution de Bretton Woods afin de faire le point sur les conclusions tirées de cette phase préparatoire et de tracer les contours du futur programme économique conjoint.
Diagnostic macroéconomique et inquiétudes budgétaires
Menée sur le terrain, cette étape visait à dresser un état des lieux précis des agrégats macroéconomiques et de la trajectoire budgétaire du pays. Si le gouvernement table sur un rebond plus ambitieux, le FMI modère les perspectives en estimant la croissance du Gabon à environ 2,6 % pour l'année 2026.
Au centre des discussions et des vives inquiétudes exprimées par l'institution figure le niveau d'endettement. Avec un ratio de dette publique qui oscille autour de 70 % du PIB en 2026 frôlant ainsi le plafond communautaire fixé par la CEMAC, le FMI alerte sur le risque de voir ce ratio grimper vers les 94 % à moyen terme en l'absence de réformes vigoureuses. Les conclusions restituées au gouvernement couvrent ainsi des domaines critiques, notamment la soutenabilité de la dette du Gabon envers les bailleurs multilatéraux et les orientations de la Loi de finances.
L'exécutif entend aligner les exigences internationales sur ses propres priorités de développement et affiche une position claire pour la réussite de ce partenariat. Libreville intensifie ainsi la mise en œuvre de réformes structurelles majeures pour atteindre la soutenabilité financière, notamment à travers la maîtrise des dépenses publiques, l’assainissement du fichier de la Fonction publique et une meilleure gouvernance des recettes de l'État.
Les autorités insistent sur le fait que la rigueur recherchée s'appuie sur des données transparentes et fiables. « Nous ne ménagerons aucun effort, et c’est le sens du travail que font le ministère de l’Économie et le ministère de la Planification dans le cadre de la Loi de finances, pour produire quelque chose qui soit le plus proche de la réalité », a assuré Hermann Immongault.
Cap sur l'accord-cadre : les défis du gouvernement gabonais
La restitution de ce diagnostic ne constitue qu'un préambule. Les discussions techniques entre les équipes ministérielles et les experts du FMI vont s'intensifier au cours des prochains mois afin d'aboutir à la signature d'un accord-cadre de financement. En interne, le ministère de l'Économie et celui de la Planification s'attellent déjà à traduire ces orientations dans la préparation des conférences budgétaires et des futurs textes de loi de finances.
Pour Libreville, les retombées d’un tel accord sont déterminantes. Au-delà du déblocage de concours financiers stratégiques pour moderniser les infrastructures, l’aval du Conseil d’administration du FMI offrira un précieux brevet de crédibilité auprès des bailleurs multilatéraux et des investisseurs privés internationaux.
Tout l'enjeu pour le gouvernement réside désormais dans sa capacité à maintenir une discipline budgétaire rigoureuse tout en préservant la dynamique de croissance et les investissements prioritaires du PNCD.