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Pénurie de gasoil à Libreville : le rationnement dans le silence

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Pénurie de gasoil à Libreville  : le rationnement dans le silence

À Libreville, la pénurie de gasoil paralyse-t-elle durablement le réseau de distribution ? Depuis le 30 septembre 2026, la disparition du diesel dans les stations-service plonge ménages et transporteurs dans l'incertitude en pleine rentrée scolaire. Face à un rationnement imposé sans la moindre communication officielle, usagers et acteurs économiques s'interrogent et dénoncent une crise logistique majeure aux lourdes répercussions socio-économiques. 

Le constat est sans appel pour ce père de famille contraint de parcourir la capitale dès l'aube pour déposer ses enfants à l'école. « Nous sommes partis de la maison assez tôt […] il n’y avait pas de gasoil », a-t-il relaté. Un circuit matinal qui l’a conduit des Charbonnages (sortie et échangeur) à Supergros, en passant par Bessieux, la Peyrie et le Carrefour Hassan. Tout au long de la journée du mercredi 30 septembre et au petit matin du 1er Octobre, le constat d'une rupture totale s'est répété.

Aux rares pompes encore approvisionnées, notamment du côté de la Likouala ou de Akébé-Ville (près de l’église des Rois-Mages), la réalité du rationnement s'impose brutalement. « Quelle que soit la bonne volonté du garçon de la station, il ne pouvait pas nous donner plus de 10 litres », confie un usager.

En piste, les pompistes s'exécutent sans pouvoir éclairer la clientèle. « Ce sont les instructions que j’ai reçues parce qu’il semblerait qu’il y a une rupture de fourniture. Je ne peux pas vous en dire plus, j’ai fait ce constat en prenant le service ce matin », a expliqué un agent.

S'agit-il d'un simple retard de livraison ou d'un choc plus profond ? Faute de précisions officielles, les spéculations vont bon train sur les causes fondamentales de ce blocage. Certains citoyens pointent du doigt les tensions géopolitiques mondiales et les chocs sur le marché pétrolier international. Entre la hausse des coûts, la fermeture stratégique de détroits clés (comme Ormuz ou Bab-el-Mandeb) et la réorientation des quotas d'approvisionnement vers les pays développés, le marché national se retrouve directement exposé aux soubresauts mondiaux.

Cette situation rappelle brutalement la pénurie de carburant survenue quelques mois plus tôt sur l’ensemble du territoire, confirmant la récurrence d'une vulnérabilité structurelle. Elle met une fois de plus en lumière les limites du dépôt de la Société Gabonaise d'Entreposage de Produits Pétroliers (SGP) à Owendo, qui fonctionne en simple transit sans véritables réserves stratégiques de sécurité capables de tenir sur la durée.

L'enjeu économique est colossal. Entre la baisse du trafic urbains, la désorganisation du fret routier, le stress logistique des PME et le renchérissement du coût de la vie pour des ménages déjà fragilisés, c'est toute la machine économique nationale qui menace de tourner au ralenti.

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