Le 23 septembre, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a reçu la délégation du Fonds monétaire international au terme de sa mission à Libreville. Aucun accord n'a été annoncé, mais la séquence marque un tournant : le diagnostic est posé, et la suite dépend désormais des choix budgétaires du gouvernement.
Le dialogue entre Libreville et l'institution de Bretton Woods franchit une nouvelle étape. Au terme de deux semaines de travaux à Libreville, la mission conduite par Aliona Cebotari a été reçue par le vice-président du gouvernement. Voici ce qu'il faut retenir de cet échange.
1. La phase préparatoire est close
La rencontre marque la fin du travail technique engagé par le FMI. La mission de collecte de données, préalable à la préparation d'un éventuel programme économique avec le Gabon, est arrivée à son terme. Elle fait suite à une précédente mission, conduite par la même cheffe de mission du 25 février au 6 mars 2026, qui visait à évaluer la situation macroéconomique et les réformes engagées.
2. Une méthode de travail, pas encore une négociation
Il n'y a pas encore d'accord à ce stade. Les deux parties ont arrêté une méthode de travail afin de poursuivre les discussions techniques avant l'éventuelle ouverture de négociations formelles sur le programme sollicité par les autorités. Le programme reste donc un objectif, pas un acquis.
3. La dette et la Loi de finances 2027 au centre des échanges
Les discussions ont notamment porté sur la situation de la dette du Gabon auprès du FMI et sur les grandes orientations devant guider la Loi de finances 2027. Le prochain budget apparaît ainsi comme le premier test de crédibilité de la trajectoire gabonaise.
4. Trois réformes mises en avant par le gouvernement
Pour convaincre ses interlocuteurs, l'exécutif s'appuie sur trois chantiers. Il s'agit de la remise à plat des exonérations fiscales, de l'assainissement et de la maîtrise de la masse salariale, et du recentrage des investissements publics sur les priorités du Plan national de croissance et de développement 2026-2030.
5. Un programme « à la gabonaise »
Libreville entend garder la maîtrise du cadre. Hermann Immongault a réaffirmé la volonté du président Brice Clotaire Oligui Nguema de parvenir à un programme tenant compte des contraintes et des priorités économiques du pays. Le vice-président l'a résumé ainsi : « Nous avons une boussole, nous avons un cap ».
Et maintenant ?
Le calendrier reste serré. La demande officielle de programme avait été formulée par les autorités en mars, et les deux parties espèrent conclure d'ici la fin de l'année 2026. Le chemin n'a pas été linéaire : en juillet, le gouvernement avait dû assurer que les échanges se poursuivaient, après des informations faisant état de difficultés dans les négociations. Avec la fin du diagnostic du FMI, la balle est dans le camp du gouvernement. L'arbitrage de la Loi de finances 2027 dira si le Gabon est prêt à ouvrir de véritables négociations.