Le premier mensuel économique au Gabon.

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Gabon : le pari de la souveraineté économique face au FMI

Gabon : le pari de la souveraineté économique face au FMI

Dans un entretien accordé à Africa 24 lors de l'émission " Face à l'Afrique", le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a réaffirmé une ligne directrice claire : le Gabon entend dialoguer avec ses bailleurs de fonds internationaux, mais uniquement selon ses propres termes et au service de ses priorités nationales. Face aux recettes traditionnelles du Fonds monétaire international, Libreville prône une souveraineté budgétaire assumée.

Face aux exigences de rigueur budgétaire, le chef de l'État oppose une doctrine pragmatique. Avant d'engager le pays dans l'apurement aveugle de créances passées ou d'accepter des coupes d'austérité, Libreville privilégie l'audit intransigeant des projets inachevés. " On ne peut pas nous demander de rembourser des dettes pour des chantiers d'eau ou de routes financés à coups de centaines de milliards et qui n'ont jamais vu le jour sur le terrain ", a laissé entendre le président de la République.

Une posture qui traduit une volonté d'assainir la dépense publique en réorientant les ressources économiques, notamment grâce à la lutte contre le gaspillage et aux audits budgétaires, vers les infrastructures de base (eau, électricité, santé, éducation), plutôt que vers le service d'une dette opaque. " Lorsque les conseillers me proposent un budget de 15 milliards de FCFA pour une simple tournée, je dis non. Cet argent doit aller directement aux écoles et aux hôpitaux", a-t-il souligné.

Quels chiffres pour le cadre macro-économique ?

Le cadrage économique du Gabon reste sous forte pression financière. Selon les consultations de l'article IV et les recettes de projection de l'institution de Bretton Woods, le FMI anticipe une croissance modérée de l'économie gabonaise autour de 2.6 à 3% freinable par la volatilité des cours pétroliers, là où les prévisions budgétaires nationales visent des trajectoires plus ambitieuses portées par la relance des investissements publics. 

Ensuite, après avoir dépassé les 70,5% du PIB, selon les projections des Institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale), le stock de la dette publique gabonaise risque de franchir la barre des 78 à 82% du PIB dépassant le plafond de convergence communautaire fixé à 70% par la CEMAC. Enfin, les besoins bruts de financement du pays atteignent près de 19% du PIB, sous la pression du remboursement des emprunts obligataires internationaux (Eurobond).

Un modèle de développement repensé pour l'avenir ?

La posture ferme affichée par le président Oligui Nguema dessine une nouvelle trajectoire économique pour le pays. Si les divergences entre les hypothèses de croissance prudentes du FMI et la trajectoire souhaitée par Libreville persistent, la stratégie de réappropriation des leviers économiques amorcée par le pouvoir gabonais offre plusieurs perspectives. 

Une attractivité retrouvée grâce à la transparence : l'assainissement de la gestion budgétaire et la lutte contre la corruption visent à rassurer les investisseurs privés tout en renforçant la note souveraine du pays. La souveraineté sur les ressources naturelles : la reprise en main stratégique des actifs pétroliers, miniers et forestiers doit maximiser les recettes de l'État à la source pour réduire la dépendance aux emprunts extérieurs. Un accord FMI "sur mesure" : en abordant les négociations depuis une position de crédibilité budgétaire, le Gabon cherche à conclure un programme d'accompagnement préservant les dépenses d'investissement indispensables au développement inclusif.

 

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