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Onu, climat et sécurité : l’impact budgétaire pour le Gabon

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Onu, climat et sécurité : l’impact budgétaire pour le Gabon

Portant la voix du Gabon, à la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, le 26 septembre 2026, la ministre des Affaires étrangères, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny, a insisté sur l'urgence de restaurer la confiance dans le multilatéralisme. Au-delà des postures souverainistes et sécuritaires, le message transmis recèle une véritable feuille de route économique, liant la prise en charge des opérations de paix et la valorisation du capital naturel. 

Au cœur de l'intervention de Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny figure la mise en œuvre de la Résolution 2719 du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette disposition, adoptée pour financer jusqu'à 75 % du budget des opérations de maintien de la paix menées par l'Union africaine (UA) via les contributions obligatoires de l'ONU, constitue un levier de soutenabilité majeure.

Pour le Gabon, membre du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, comme pour l’ensemble de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), le gain est direct. Celui-ci se caractérise, entre autres, par le transfert d’une part substantielle des coûts sécuritaires vers le multilatéralisme, permettant de désengorger les budgets de défense nationaux. Cela ouvre ainsi des marges de manœuvre financières où chaque milliard de francs CFA épargné sur les crises régionales peut être réorienté stratégiquement vers les chantiers prioritaires du Plan de Restauration de l’Économie, tels que les infrastructures routières, la souveraineté sanitaire et l’éducation.

Le dividende de la stabilité

En réaffirmant l'attachement du Gabon au dialogue et au respect de ses engagements internationaux, la diplomatie nationale envoie un signal fort aux marchés financiers et aux bailleurs de fonds internationaux.

Dans un contexte de relance, la prévisibilité diplomatique agit comme un véritable bouclier macroéconomique. Elle permet d'abaisser le risque-pays en réduisant la prime de risque souverain et les spreads obligataires, ce qui diminue le coût du crédit pour l'État comme pour le secteur privé. Par ailleurs, elle constitue le prérequis indispensable à la pacification régionale et au déploiement des corridors commerciaux de la ZLECAf, garantissant la sécurité des transports nécessaire à l'essor des exportations gabonaises à valeur ajoutée.

Convertir l'actif forêt en liquidités

Face aux dérèglements climatiques rappelés à l'ONU, le Gabon fait valoir son statut de pays à haute couverture forestière et faible taux de déforestation (HFLD). La position défendue à New York s'inscrit dans une quête de compensation juste pour les services écosystémiques rendus à la planète.

Alors que les besoins de financement de la transition écologique africaine dépassent les 100 milliards de dollars par an, la captation de mécanismes de finance verte (crédits carbones de haute valeur, fonds de pertes et préjudices) devient un axe central de la souveraineté budgétaire du pays.

En liant étroitement sécurité régionale, intégrité territoriale et finance durable, le Gabon démontre à New York que sa diplomatie n'est pas une simple tribune politique, mais un outil proactif au service de la relance et de la rigueur économique.

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