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Belinga : après les annonces, l’heure des garanties socio-économiques pour l’Ogooué-Ivindo

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Belinga : après les annonces, l’heure des garanties socio-économiques pour l’Ogooué-Ivindo

Le 28 septembre à Libreville, une rencontre stratégique de haut niveau s’est tenue entre les responsables du géant australien Fortescue et l’exécutif gabonais. Au-delà des poignées de main protocolaires et des effets d’annonce, cet échange a permis de passer au crible le calendrier du projet minier de Belinga et d'exiger des engagements fermes quant à ses retombées sur le territoire national, et plus particulièrement dans l’Ogooué-Ivindo. 

Si la présence à Libreville de plus de quarante partenaires internationaux de Fortescue témoigne du poids financier et technique de l'initiative, le gouvernement gabonais entend fixer les règles du jeu pour éviter l'écueil d'une simple économie d'extraction brute.

L'exploitation d'un gisement estimé à plus de 1,4 milliard de tonnes de minerai de fer à haute teneur implique le déploiement d’infrastructures lourdes, notamment plusieurs centaines de kilomètres de voies ferrées, des trains minéraliers de 3 km de long et un port en eau profonde. Mais pour l'exécutif, la mise en œuvre de ces infrastructures ne peut se faire sans visibilité absolue sur les ressources ni retombées directes pour le tissu économique local.

Le ministre Germain Biahodjow, natif de l’Ogooué-Ivindo s'est voulu direct sur le volet des garanties géologiques et environnementales.  « Peut-on parler réellement de Belinga sans parler du contenu local ? Je ne le pense pas », a-t-il relevé, indiquant la nécessité de lever le voile sur les grandes études qui ont été menées pour déterminer l’impact environnemental, l’impact social, l’impact économique, ainsi que la qualité de vie des riverains.

De son côté, le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, a martelé l'exigence de précision technique. « À ce jour, nous ne pouvons pas être fiers d’avancer avec un projet aussi intégré si nous n’avons pas des garanties certaines sur les réserves de la mine », a-t-il exprimé.

L’Ogooué-Ivindo face à son avenir socio-économique

Pour les populations de Makokou, Mékambo, Ovan et Booué, le projet Belinga ne doit plus rester une promesse suspendue, mais se traduire par des retombées concrètes et mesurables. Cet ancrage territorial passe d'abord par l'emploi et la formation technique, garantissant le recrutement prioritaire des jeunes Ogivins et leur montée en compétences grâce aux programmes de transfert de technologie, à l'image des promotions envoyées en immersion en Australie.

L’exécutif exige ainsi le développement d'un tissu dynamique de sous-traitance, à travers l'obligation faite aux prestataires internationaux d'intégrer les PME-PMI gabonaises dans la logistique, le BTP, la restauration ou la maintenance. Une dynamique qui doit également soutenir l'aménagement régional via la concrétisation de projets de responsabilité sociétale d'entreprise (RSE) pérennes, financés par un fonds communautaire dédié à l'accès à l'eau potable, à l'électrification et à l'amélioration des infrastructures de santé et de formation.

Recadrant l'ambition globale du pays, le vice-premier ministre Hermann Immongault a rappelé que le Gabon est dans une trajectoire où il entend mettre un soin particulier à favoriser la transformation locale de ses ressources, à développer les compétences de ses filles et de ses fils, et à attirer des partenaires capables d’accompagner son ambition industrielle dans la durée.

« Nous devons ici trouver le point d’équilibre entre l’expertise d’un partenaire industriel de dimension internationale d’une part, et la maîtrise stratégique ainsi que les intérêts de long terme de l’État gabonais, d’autre part », a-t-il formulé.

Cette exigence de souveraineté économique impose désormais un partenariat reposant sur la clarté juridique, la transparence et le respect scrupuleux des engagements de contenu local. Belinga est considéré comme le futur poumon industriel du Gabon. Sept décennies après sa découverte, le gisement aborde ainsi son épreuve de vérité, qui implique la transformation du potentiel de son sous-sol en levier d'industrialisation durable et en progrès social tangible pour les habitants de l'Ogooué-Ivindo.

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