La Compagnie Nationale demande la restauration de la souveraineté du secteur aérien gabonais et de sa compétitivité
Conformément à la Loi de finances rectificative du 17 juillet 2026 et à ses arrêtés d'application, plusieurs mesures fiscales et tarifaires sont entrées en vigueur sur le transport aérien gabonais : extension de la redevance R4 à l'ensemble des aéroports du pays, réinstauration de la TVA à 18 % sur les vols domestiques, hausse des redevances de sûreté aéroportuaire, et création d'une nouvelle redevance « Sécuriport ». Ces prélèvements n'entrent pas dans les revenus de FLYGABON, mais renchérissent mécaniquement le prix total des billets.
Ce que fait FlyGabon
- Suspend la collecte de la redevance R4 auprès de ses passagers, le temps qu'une concertation clarifie ses conditions d'application (art. 40 de la loi).
- Applique déjà la TVA sur ses billets domestiques, en conformité avec la loi.
- Appliquera la hausse de la redevance de sûreté (WZ) dès son intégration au référentiel IATA TTBS.
- Appelle à l'ouverture rapide d'une concertation entre pouvoirs publics, autorités compétentes, gestionnaires d'aéroports et compagnies aériennes.
- Est force de proposition pour construire un dispositif équilibré, conciliant impératifs budgétaires de l'État, pouvoir d'achat des passagers et compétitivité du hub de Libreville.
77 % des nouvelles recettes vers l'étranger
Selon les projections établies à partir des nouveaux prélèvements estimés à 80,2 milliards de FCFA sur 12 mois, 77 % des sommes générées bénéficieraient à des entreprises étrangères, contre seulement 22 % à des organismes publics gabonais. FLYGABON estime que ces recettes, payées par les passagers et les compagnies opérant au Gabon, devraient prioritairement financer la modernisation des infrastructures aéroportuaires nationales, l'amélioration des services rendus, le désenclavement des provinces et la création d'emplois locaux.
Répartition des nouvelles recettes (encadré graphique) :
- GSEZ : 37,7 MFCFA (47 %)
- Securiport : 16,4 MFCFA (21 %)
- ONSFAG : 9,5 MFCFA (12 %)
- ANAC : 8 MFCFA (10 %)
- Westminster : 7,3 MFCFA (9 %)
- ASSAC : 1,1 MFCFA (1 %)
Jusqu'à +90 % sur le prix du billet
La redevance R4 est prélevée à chaque tronçon du voyage. Un aller-retour domestique Port-Gentil–Franceville via Libreville totalise huit taxations, portant cette seule redevance à 52 480 FCFA par passager (contre 26 240 FCFA avant la réforme) ; un effet cumulé de +90,5 % sur le prix du billet hors TVA. Sur un itinéraire régional en correspondance via Libreville, la facture grimpe jusqu'à 131 192 FCFA, soit +80,2 %. Ce mécanisme pénalise en priorité les passagers gabonais contraints de transiter par la capitale, et fragilise l'attractivité de Libreville comme point de correspondance régional.
Prélèvements aériens : avant / après
Comparaison illustrative de l'évolution des taxes et redevances sur des itinéraires avec correspondance
1. Exemple domestique — Aller-retour Port-Gentil - Franceville via Libreville (2026)
| Bénéficiaires | Avant | Après |
|---|---|---|
| Redevance passager (R4) — GSEZ | 26 240 FCFA | 52 480 FCFA |
| Sûreté (WZ) — Westminster, ANAC, ONSFAG | 3 000 FCFA | 6 000 FCFA |
| Sécurité (N7) — ANAC | 2 000 FCFA | 2 000 FCFA |
| ADL — GSEZ | 2 200 FCFA | 2 200 FCFA |
| TVA — État | 0 % | 18 % |
Effet cumulé jusqu'à +90,5 % sur le prix total du billet (hors TVA)
2. Exemple régional — Aller-retour Cotonou - Kinshasa via Libreville (2026)
| Bénéficiaires | Avant | Après |
|---|---|---|
| Redevance passager (R4) — GSEZ | 104 956 FCFA | 131 192 FCFA |
| Sûreté (WZ) — Westminster, ANAC, ONSFAG | 14 500 FCFA | 22 000 FCFA |
| Sécurité (N7) — ANAC | 0 FCFA | 10 000 FCFA |
| ADL — GSEZ | 21 000 FCFA | 21 000 FCFA |
| API/PNR — SECURIPORT, ONSFAG | 0 FCFA | 69 080 FCFA |
Effet cumulé jusqu'à +80,2 % sur le prix total du billet
Un chiffre qui interroge
Le projet de nouvel aérogare de Libreville affiche aujourd'hui un budget de 259 milliards de FCFA, quand tous les projets comparables de la sous-région se situent entre 42 et 110 milliards de FCFA.
Un risque direct pour l'ambition de hub régional
Libreville a déjà perdu environ 100 000 passagers depuis 2018, alors que les autres aéroports africains connaissaient une forte croissance. Le cumul actuel de taxes et redevances risque d'aggraver cette tendance : hausse des prix, baisse de fréquentation, réduction des fréquences, transfert de trafic vers des hubs concurrents, affaiblissement du tourisme et des échanges. À l'inverse, plusieurs pays africains ont choisi de réduire leurs coûts d'accès pour attirer davantage de compagnies, de vols et de passagers ; élargissant, à terme, l'assiette fiscale et les recettes nationales.
Un appel à une révision concertée pour :
- L'extension, le niveau et les modalités d'application de la redevance R4 ;
- L'impact de la TVA sur la mobilité domestique ;
- La superposition des redevances liées à la sûreté ;
- Le reversement en devises de prestations rendues au Gabon ;
- Le niveau global de la fiscalité aérienne.
FLYGABON ne remet pas en cause le recours à des partenaires internationaux ni sa contribution au financement des infrastructures, mais appelle à un cadre équilibré, transparent, favorable aux compétences et aux intérêts économiques du Gabon.
COMMUNIQUÉ OFFICIEL FLYGABONÀ propos de FLYGABON
FLYGABON (code IATA : J7) est la Compagnie Nationale du Gabon, détenue à 56 % par la République Gabonaise et à 44 % par des actionnaires privés. FLYGABON est le nouveau nom de Afrijet Business Service. Née en 2024 dans le cadre de la reprise en main des secteurs stratégiques nationaux, la compagnie s'appuie sur l'expertise opérationnelle, les normes de sécurité et la crédibilité régionale d'Afrijet, certifiée IOSA depuis 2020. FLYGABON exploite l'ensemble des lignes commerciales.