Le sous-sol gabonais regorge de diverses richesses minières non encore exploitées. Loin d'en connaître les quantités exactes par région, la volonté du gouvernement s'orienterait vers un inventaire précis de ces minerais, car il envisage de lancer, dès 2029, la phase de leur transformation industrielle sur place, au moment où les productions pétrolière et forestière montrent leurs limites. De nos jours, les investisseurs sont attirés par la fiscalité minière d'un pays ainsi que par un code minier attractif. Il semblerait que la mise en valeur des indices miniers répertoriés augure, pour le pays, des perspectives de développement fort enviables.
Le manganèse, minerai d'exception
Le secteur minier gabonais est aujourd'hui principalement porté par l'exploitation du manganèse et de l'or. Entre 1961 et 1999, l'uranium, un autre minerai stratégique, avait fait les beaux jours de la Compagnie des mines d'uranium (Comuf), dans le Haut-Ogooué. Le manganèse, lui, est extrait du sous-sol depuis 1962 par la Compagnie minière de l'Ogooué (Comilog), basée à Moanda, dans le sud-est du Gabon. Elle est considérée comme la pionnière de l'industrialisation du secteur minier.
Le ministère de l'Économie, des Finances, de la Dette et des Participations annonce, dans ses prévisions de croissance, « une production de manganèse en hausse de 2,1 %, pour s'établir à 9,42 millions de tonnes contre 9,22 millions de tonnes initialement prévus. De plus, courant 2026, le prix de vente du manganèse serait en légère baisse de 0,8 %, projeté à 166,9 dollars US contre 168,2 dollars US au départ ».
Avec un repli de la production pétrolière annoncé de 3 % en 2026, « le secteur minier devrait prendre peu à peu le relais, malgré une baisse conjoncturelle de 3,3 % de la production de manganèse », souligne le ministère de l'Économie et des Finances dans la loi de finances 2026. La Comilog, filiale du groupe français Eramet, avait vu, en outre, sa production augmenter de 10,8 % au cours du 4e trimestre 2025, permettant ainsi au secteur extractif d'enregistrer une avancée de 4,4 %.
La transformation locale, une décision courageuse
L'obligation gouvernementale de procéder à une première transformation locale du manganèse, dès 2029, est une décision courageuse qui interroge sur la question de la formation et de la disponibilité de la main-d'œuvre référencée, facteur incontournable pour passer à l'étape de la transformation industrielle. Il faut toutefois noter l'existence du Complexe industriel de Moanda (CIM), qui fournit de l'aggloméré de manganèse de haute teneur (au moins 58 %), et du Complexe métallurgique de Moanda (CMM), qui permettra de produire du silico-manganèse et de traiter d'autres ressources minières. Un aspect souvent évoqué est l'accession à l'autonomie énergétique, à travers la construction de nouvelles centrales en phase avec les besoins des usines de transformation des minerais, notamment.
Les industries extractives ont le vent en poupe
Pour disposer d'une visibilité qualitative de son domaine minier, le Gabon envisage de s'imprégner des innovations récentes appliquées dans le secteur de l'industrie des minéraux et des mines diverses. L'exploitation du gisement de manganèse à haute teneur de Moanda fut, pendant plusieurs années, sous la houlette exclusive de la Comilog, qui a vu la venue, dès 2010, à Franceville (Sud-Est) et à Ndjolé (Centre), respectivement de la société indienne Nouvelle Gabon Mining et de la Compagnie industrielle et commerciale des mines de Huazhou (CICMHZ). La transformation locale du manganèse en ferromanganèse permettra d'obtenir une valeur ajoutée trois fois supérieure à celle du minerai brut habituellement exporté.
Le projet Maboumine, objet de toutes les attentions
La société de droit gabonais Maboumine est liée à Eramet et va exploiter les gisements de niobium (réserves estimées à 3 millions de tonnes) et de phosphates (140 millions de tonnes), localisés dans le Moyen-Ogooué, pour une durée minimale de 25 ans. Le projet du gisement de Mabounié date de 1986, et de nombreux travaux ont été réalisés sur le terrain, à savoir des sondages de reconnaissance, des prélèvements d'échantillons ainsi que des études de procédés. Outre le niobium et les phosphates, le gisement est également étudié pour les terres rares, l'uranium et le tantale. Le capital de Maboumine est détenu à la majorité par la Comilog, à hauteur de 76,1 %.
Un potentiel minier peu connu
Les ressources du sous-sol gabonais sont tout à fait exceptionnelles : or, phosphates, niobium, fer, cuivre, étain, molybdène, tantale, barytine, marbre, pierres ornementales, granites, etc. Elles sont présentes en quantité appréciable. Toutefois, malgré un travail de prospection et d'inventaire initié depuis plusieurs décennies, le potentiel minier gabonais reste encore imparfaitement connu. C'est pour cette raison que le ministère des Mines ne peut faire un état précis des réserves existantes que pour un nombre limité de minerais. Il s'agit du manganèse, du fer, des phosphates, de l'or, de la barytine, du plomb et du marbre.