Le défi gabonais n'est donc pas de nier l'urgence, mais de financer l'adaptation au rythme où les risques s'accumulent. Sur ce front, l'exécutif avance sur deux tableaux.
Le carbone forestier, levier de financement
Début novembre 2026, via l'Agence Gabonaise pour le Développement de l'Économie verte (l'AGADEV), le Gabon a signé son premier accord de crédits carbone forestiers avec l'entreprise publique allemande SEFE : environ 6 millions de tonnes équivalent CO2, certifiées ART-TREES et éligibles au mécanisme CORSIA de l'aviation civile internationale. Une première africaine pour des crédits juridictionnels issus de la protection forestière, saluée comme une avancée par les autorités.
La présidence gabonaise en souligne la logique : « Protéger la forêt, outre la contribution au climat, permet aussi de générer des ressources pour soutenir le développement du pays. » L'accord ne transfère ni terres ni forêts, et les revenus sont placés sur des comptes restreints en attendant le cadre réglementaire national qui définira leur répartition avec les communautés locales. Ce cadre est en cours d'élaboration, un chantier que les autorités présentent comme une priorité.
Le littoral, chantier prioritaire
À Libreville, les travaux de protection de la plage Léon-Mba ont été lancés : digues et ouvrages sur 1,4 km de côte pour contenir les submersions en saison des pluies et lors des fortes houles. Les riverains, eux, auraient souhaité que ces chantiers démarrent plus tôt , plusieurs évaluations de vulnérabilité côtière existaient depuis 2003-2011, et un plan national d'adaptation depuis 2020.
C'est là que se situe le vrai enjeu : transformer des diagnostics reconnus en infrastructures livrées. L'exécutif en est conscient. D'ailleurs, le ministère de l'Environnement fait de l'adaptation côtière un axe affiché de l' action.gouvernementale
Ce qu'il faut retenir
Le Gabon illustre une équation que beaucoup de pays africains connaissent : être créancier écologique ne protège pas automatiquement de la vulnérabilité budgétaire. Les crédits carbone ouvrent une voie de financement prometteuse, mais leurs retombées pour les communautés dépendront du cadre réglementaire à venir. Et sur le terrain, la protection du littoral reste la priorité la plus visible pour les Librevillois.
La Banque mondiale le formule ainsi : « L'adaptation n'est pas un coût, c'est un investissement dans l'avenir du Gabon. » Une formule que le gouvernement reprend volontiers à son compte, à condition, dit-il, que les financements internationaux suivent le rythme des chantiers engagés.
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