Les Échos de l'éco
Votre espace, votre expérience Créez votre Une Posez vos questions à nos auteurs Jouez à nos jeux Accédez à des fonctionnalités réservées aux membres Créez votre compte maintenant et devenez membre des échos
Logo échos de l'éco
Menu
© 2026 Les échos de l'éco

Drones : du champ isolé aux chantiers, le Gabon cherche un nouveau marché

Partager
Retrouvez-nous sur Google
Écouter
Drones : du champ isolé aux chantiers, le Gabon cherche un nouveau marché

Au-delà de la photographie aérienne, les drones cherchent désormais leur place dans l’agriculture, les mines, le BTP, la forêt, la santé ou la logistique. Après deux jours d’échanges et de démonstrations à l’ENSET de Libreville, le premier Forum des drones s’est achevé vendredi sur une ambition : transformer cette technologie en véritable outil de production, de services et de compétitivité pour l’économie gabonaise.

Dans un village rural comme Lépaka, à 35 kilomètres de Mounana-Lastourville, surveiller une parcelle agricole suppose encore largement de se déplacer sur le terrain. Une culture à contrôler, une plantation à cartographier ou une zone à surveiller mobilise du temps et des moyens.

Un drone équipé de capteurs adaptés pourrait changer cette équation. Depuis les airs, il peut produire des images, cartographier une parcelle et, selon les équipements, fournir des données utiles au suivi des cultures.

Même logique dans un dispensaire isolé du sud du Gabon confronté à des difficultés d’approvisionnement. Pour certains produits médicaux, le recours à un drone logistique pourrait, dans certaines configurations, réduire le temps du dernier kilomètre.

Le potentiel économique se trouve donc moins dans la machine elle-même que dans les problèmes qu’elle peut contribuer à résoudre.

Du loisir à l’outil professionnel

Organisé les 24 et 25 septembre par SnapDrone Logistics et Drone Hub Africa, le 1er forum a montré l’élargissement des usages. Cartographie, topographie, agriculture, forêt, mines, BTP, infrastructures, santé et logistique figuraient parmi les secteurs explorés.

RTK, PPK, LiDAR, caméras thermiques : les technologies présentées illustrent également la montée en gamme du secteur. Le drone devient un outil de collecte de données destiné aux géomètres, agronomes, ingénieurs ou entreprises.

Dans le BTP, l’intérêt est déjà perceptible. Pour Bliss Raïka, agent de la société de construction Lancer Construire Créer (LCC), partenaire de l’exposition, les drones peuvent améliorer le suivi des chantiers et limiter l’exposition des travailleurs aux risques. « Ils permettraient notamment de prendre des photos et vidéos aériennes afin de suivre l’évolution des travaux, de comparer l’avancement réel avec le planning prévu et de disposer d’un historique visuel du chantier », explique-t-elle aux Echos de l’éco. « Le drone peut donc devenir un véritable outil de modernisation et de compétitivité du secteur BTP au Gabon », estime Bliss Raïka.

Des marchés et des emplois

Agriculture de précision, cartographie minière, surveillance forestière, inspection d’infrastructures : les débouchés potentiels sont nombreux. Reste à déterminer leur rentabilité et la capacité des entreprises à payer ces nouvelles prestations.

Le marché ne concerne d’ailleurs pas uniquement les opérateurs. Télépilotes, géomaticiens, spécialistes de la télédétection, cartographes, techniciens de maintenance et analystes de données peuvent intégrer cette chaîne de valeur.

Le directeur général de l’AGEOS, Dr Aboubakar Mambimba Ndjoungui, a évoqué, lors du forum, des rémunérations pouvant aller d’environ 600 000 FCFA à plus de 3 millions de FCFA par mois, selon les profils et les responsabilités.

Cette perspective place la formation au cœur de la future filière. Le simple pilotage ne suffit pas nécessairement : la maîtrise de la cartographie, de la géomatique, de la télédétection ou du traitement des données peut déterminer la valeur d’un professionnel.

Voler, mais dans les règles

Le développement des drones ne pourra toutefois pas se faire sans un cadre réglementaire clairement maîtrisé. Lors du forum, le représentant de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) a particulièrement insisté sur cet aspect, rappelant que la multiplication des usages professionnels doit s’accompagner du respect des règles de sécurité et des procédures applicables.

Pour les entreprises, la réglementation constitue un enjeu économique autant qu’une question de sécurité. L’obtention des autorisations nécessaires, la qualification des télépilotes, les conditions d’exploitation des appareils et la couverture assurantielle participent à la professionnalisation du secteur.

Le défi est désormais de transformer ces possibilités en activité réelle. Le nombre de prestations vendues, de contrats conclus, de professionnels formés et d’entreprises créées permettra de mesurer la maturité de cette nouvelle filière.

Pour l’agriculteur isolé, le chantier de BTP ou le dispensaire éloigné, le drone n’est finalement qu’un moyen. Sa véritable valeur se trouve dans le service rendu.

Après cette première édition, le Forum 2027 devra montrer si cette promesse technologique commence réellement à se traduire en investissements, en emplois et en chiffre d’affaires.

Posez une question à l'auteur

Une précision à demander, un point à éclaircir, un avis contraire à faire valoir ? JR DJOUE DABANY vous répond directement, et sa réponse vous attendra dans votre espace.