Le Palais des congrès de Libreville a officiellement donné le coup d'envoi de la première édition de la Gabon Digital Week, un événement fondateur qui s'inscrit en lettres d'or dans l'histoire technologique du pays. Réunissant le gratin de l'administration publique, des experts internationaux, des innovateurs et des partenaires au développement, cette semaine inaugurale qui s'étend du 26 au 30 octobre 2026, marque une rupture, faisant du numérique l'un des piliers centraux de la souveraineté nationale et de l'accélération de la croissance économique.
Au-delà du protocole officiel, les travaux de la première édition du salon du numérique s'attaquent aux défis concrets du continent. Alors que l'Afrique affiche un taux de connectivité de 36 % contre 73 % à l'échelle mondiale, l'urgence est à l'action. Les discussions mettent l'accent sur la monétisation des contenus par les jeunes entrepreneurs, la cybersécurité, l'intelligence artificielle et la formation des compétences locales.
Le ministre de l'Économie numérique, Alexandre Doumba, a souligné l'importance stratégique de cette semaine du numérique, tout en insistant sur la nécessité d'impliquer l'ensemble des forces vives de la nation. Il a rappelé que la transformation numérique ne se limite pas aux seuls acteurs technologiques.
« La transformation numérique de notre pays ne réussira que si tout le monde l'embrasse. Ce n'est pas l'affaire du seul ministère de l'Économie numérique, c'est l'affaire du ministère des Finances, de l'Énergie, des Transports, de la Santé et de l'Éducation nationale. Tous les secteurs sont concernés, et toutes les couches ont besoin d'être sensibilisées », a-t-il déclaré.
Un dynamique de développement qui exige une utilisation productive et diversifiée des technologies, qu'il s'agisse du divertissement sur les réseaux sociaux ou de la production à haute valeur ajoutée via l'intelligence artificielle et les outils bureautiques.
Le concert des nations et l'écho panafricain
L'envergure de l'événement a été rehaussée par la participation active d'éminentes personnalités continentales et internationales. John Omo, Secrétaire général de l'Union africaine des télécommunications (UAT), a salué le choix de Libreville pour abriter ces assises, soulignant le rôle pionnier du Gabon en matière de gouvernance numérique. Intervenant par visioconférence, Doreen Bogdan-Martin, Secrétaire générale de l'Union internationale des télécommunications (UIT), a abondé dans le même sens en mettant en exergue le modèle gabonais de l'innovation, qui allie habilement construction d'infrastructures et investissement dans le capital humain.
Une vision portée au sommet de l'État
Procédant au lancement officiel au nom du président de la République, le vice-président de la République a campé l'ambition politique de cette rencontre. Il a rappelé que l'État entend faire de la transformation digitale un levier majeur de diversification de l'économie et de modernisation de l'action publique.
« La tenue de cette première édition de la Gabon Digital Week traduit une ambition politique forte : faire du numérique un pilier de notre souveraineté nationale, un accélérateur de la transformation économique et un levier majeur de modernisation de l'action publique », a-t-il indiqué.
Cette vision s'articule autour de trois priorités stratégiques incontournables, notamment la souveraineté pour maîtriser les infrastructures et protéger nos données ; l'inclusion, pour garantir l'égalité des chances sur l'ensemble du territoire national ; et l'innovation pour libérer les énergies créatrices de la jeunesse gabonaise et stimuler l'entrepreneuriat numérique.
En ancrant résolument le numérique au cœur de ses politiques publiques et en affichant de fortes ambitions internationales, à l'instar de sa candidature au Conseil de l'Union Internationale des Télécommunications pour la période 2027-2030, le Gabon confirme sa position de carrefour incontournable de l'innovation en Afrique centrale.
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