Le groupe américain Aurion Capital Holdings envisage de mobiliser plus d’un milliard de dollars, soit environ 565 milliards de FCFA, pour développer un programme énergétique pouvant atteindre 450 mégawatts dans le Grand Libreville. Un investissement privé d’envergure qui pourrait renforcer les capacités électriques du Gabon, sous réserve de la finalisation des études et du financement.
Le Gabon pourrait accueillir un nouvel investissement majeur dans son secteur énergétique. Le 8 septembre 2026, l’État gabonais, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et Aurion Capital Holdings ont signé un protocole d’accord portant sur le développement de Panthera Power, un programme intégré de production d’électricité à partir du gaz naturel.
Annoncé publiquement le 13 octobre, le projet prévoit une capacité évolutive comprise entre 150 et 450 MW. Il associe la construction de centrales thermiques aux infrastructures nécessaires à l’approvisionnement en gaz, au transport et à la distribution de l’électricité.
Un investissement privé de plus de 565 milliards de FCFA
Selon Aurion Capital, le financement global devrait dépasser un milliard de dollars. Le groupe américain et ses partenaires entendent assurer le développement et le financement du programme, sans engagement financier direct de l’État annoncé à ce stade.
Aurion Capital interviendra comme promoteur et coordinateur du montage financier et industriel. La SEEG est identifiée comme futur acheteur potentiel de l’électricité produite, mais également comme interlocuteur technique pour le raccordement des installations au réseau.
L’enjeu dépasse la seule construction de nouvelles centrales. Il s’agit de sécuriser l’approvisionnement du Grand Libreville, où les besoins des ménages et des entreprises nécessitent des capacités de production fiables et disponibles.
Jusqu’à 450 MW pour accompagner les ambitions énergétiques
Panthera Power s’inscrit dans le Pacte national de l’énergie publié en juin 2026, dans le cadre de l’initiative Mission 300 portée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.
Cette feuille de route fixe notamment un objectif de 1 100 MW de capacité installée à l’horizon 2030. Les besoins d’investissement sont évalués à 4,169 milliards de dollars, soit environ 2 355 milliards de FCFA, dont 1 130 milliards attendus du secteur privé.
À pleine capacité, Panthera Power représenterait l’équivalent de près de 41 % de cet objectif national. Son développement pourrait contribuer à réduire les tensions sur l’approvisionnement électrique et accompagner les ambitions de transformation locale des ressources minières, forestières et agricoles.
Le Pacte national anticipe par ailleurs une croissance moyenne de la demande de pointe de 10 % par an entre 2026 et 2030, pour atteindre environ 659 MW. Une perspective qui renforce la nécessité d’investir simultanément dans la production et les réseaux de transport et de distribution.
Du protocole d’accord à la réalisation
L’investissement annoncé reste toutefois au stade préparatoire. Aurion Capital a confié l’étude de préfaisabilité au cabinet londonien Global Infrastructure Advisors (GIA). Les études techniques, financières, environnementales et sociales devront ensuite être examinées par un comité de pilotage associant le groupe et la SEEG.
Plusieurs paramètres seront déterminants : la disponibilité du gaz, les capacités de raccordement, les conditions tarifaires de vente de l’électricité et la solidité du montage financier.
L’absence d’engagement financier direct de l’État annoncée dans le communiqué ne préjuge pas non plus des obligations qui pourraient découler des futurs contrats d’achat d’électricité.
Pour le Gabon, l’enjeu sera donc de transformer cette intention d’investissement en capacités effectivement opérationnelles. Car au-delà des 565 milliards de FCFA envisagés, la réussite de Panthera Power se mesurera surtout à sa contribution à une électricité plus fiable et compétitive pour les ménages et les entreprises.
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