Depuis le 5 octobre 2026, Libreville accueille la jeunesse du Bassin du Congo sous l'égide du ministère de l'Agriculture, de l'IFDD et de l'OIF. Cet atelier régional fait de la capitale gabonaise le laboratoire d'une véritable reconquête économique.
Selon le ministère de l’Agriculture, le Gabon consacre chaque année entre 450 et 550 milliards de FCFA aux importations alimentaires. Une dépendance qui s’explique par un secteur agricole ne contribuant qu'à 5 % du PIB.
À l'échelle sous-régionale, le défi de la souveraineté alimentaire est majeur. Bien que le Gabon dispose de millions d'hectares exploitables, la FAO et la Banque Mondiale indiquent que moins de 2 % des terres arables sont valorisées.
Résultat : le pays importe plus de 80 % de sa nourriture. Les taux atteignent même 95 % pour le riz et 80 % pour la volaille. Par ailleurs, le manque d'infrastructures de stockage frigorifique engendre 30 % à 40 % de pertes post-récolte sur les produits frais.
Parallèlement, 12 millions de jeunes africains arrivent chaque année sur le marché du travail sans perspectives formelles garanties. Moderniser l'agriculture devient donc une priorité de sécurité nationale et d'intégration sous-régionale.
Pendant cinq jours, à Libreville, une trentaine d’entrepreneurs issus du Cameroun, du Congo, du Gabon, de Guinée équatoriale, de RCA et de RDC travaillent à relever ce défi. Les organisateurs imposent un cap clair. La représentation de l’IFDD et de l’OIF invite ainsi les participants à bâtir des projets solides et des modèles rentables. Cette vision rejoint celle du ministre gabonais de l'Agriculture, Pacôme Kossy, pour qui l'exploitation agricole doit être gérée comme une véritable entreprise.
Lever trois obstacles majeurs
La relance agricole en Afrique centrale exige de lever trois freins majeurs. Tout d’abord, pour contourner des taux d'intérêt souvent supérieurs à 15 %, le secteur doit formaliser des projets bancables tout en se structurant en coopératives, ce qui facilite l'accès au crédit et séduit les investisseurs privés.
Ensuite, afin d'enrayer les 30 % à 40 % de pertes post-récolte, l'effort se concentre sur la transformation locale et le déploiement d'unités légères de conservation, créant ainsi de la valeur ajoutée sur place tout en réduisant les importations.
Enfin, l'adoption de l'agroécologie, de l'agroforesterie et des bio-intrants protège les cultures face aux aléas climatiques, permettant d'augmenter les rendements tout en préservant l'écosystème forestier du Bassin du Congo
Prospérité nationale et rayonnement sous-régional
Pour le Gabon, l'objectif est stratégique, à savoir alléger la facture des importations et proposer des emplois attractifs aux jeunes. En érigeant l'agriculture verte en secteur d'avenir, Libreville démontre que la protection de l'environnement génère de la richesse.
Au niveau sous-régional, les parties prenantes misent sur le développement des compétences, l'innovation technologique et le mentorat. Cette dynamique collective pose les bases de systèmes alimentaires durables, autonomes et compétitifs pour toute l'Afrique centrale.
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