Une femme nommée à un poste de pouvoir doit encore trop souvent prouver qu'elle n'est pas là par faveur.
Lorsqu'un homme rejoint un conseil d'administration, on regarde son parcours, son expérience, son réseau. Lorsqu'une femme y entre, une autre question surgit parfois, à voix basse : qui l'a mise là ?
Cette question dit beaucoup de notre rapport au pouvoir. Car lorsqu'une dirigeante doit d'abord légitimer sa présence avant même d'exercer sa compétence, elle ne part pas du même point.
J'ai vu des femmes arriver autour de tables de décision avec des années d'expérience, des résultats, une connaissance fine de leur secteur. Et malgré cela, devoir encore démontrer qu'elles méritaient leur siège.
Comme si leur présence devait être expliquée.
Ce n'est pas un débat sur la place des femmes. C'est un débat sur notre manière de reconnaître la compétence.
Soyons tout aussi exigeants dans l'autre sens.
Être une femme ne devrait jamais constituer, à lui seul, un critère suffisant pour siéger dans un conseil d'administration.
Un conseil n'est ni une récompense, ni un symbole. C'est un organe de gouvernance.
On y décide de stratégie. On y challenge des dirigeants. On y examine des investissements. On y mesure des risques. Chaque personne qui y siège doit apporter quelque chose à la table : une expertise, une expérience, une capacité de jugement, une indépendance de pensée.
Homme ou femme.
Alors oui, nos conseils gagneraient à compter davantage de femmes. Non pour remplir une case. Mais parce qu'en se privant de profils féminins compétents et expérimentés, une organisation se prive aussi d'expériences, de regards et de lectures différentes.
La diversité a de la valeur lorsqu'elle rencontre la compétence.
Mais il existe une exigence supplémentaire : cesser de demander aux femmes compétentes de prouver qu'elles ne sont pas là grâce à quelqu'un.
La vraie question n'est donc pas seulement de savoir combien de femmes doivent entrer dans nos conseils.
Elle est de savoir si nous savons identifier les meilleures compétences, leur ouvrir réellement la porte et les juger avec la même exigence une fois autour de la table.
La compétence ne devrait jamais avoir à s'excuser d'être féminine.