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Démonétisation des anciennes pièces : la BEAC Gabon fixe le mode d'emplo

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Démonétisation des anciennes pièces : la BEAC Gabon fixe le mode d'emplo

À compter du dimanche 1er novembre 2026, les pièces de monnaie mises en circulation entre 1958 et 1985 ne pourront plus servir à payer au Gabon, ni dans le reste de la CEMAC. Leurs détenteurs disposeront toutefois de douze mois pour les échanger, gratuitement, et sans limitation de montant aux guichets de la BEAC. C'est le message martelé le 29 octobre à Libreville par la Direction nationale de la banque centrale, face à la presse.

L'heure n'était plus à l'annonce mais à la pédagogie. Rodrigue Bissielou Bi Didoungou, directeur national de la BEAC pour le Gabon, a déroulé le calendrier et les conditions d'une opération inédite : depuis les premières émissions de pièces en Afrique centrale en 1958, aucun institut d'émission n'avait jamais démonétisé de pièces de monnaie.

L'enjeu est aussi de couper court aux rumeurs. Dans les marchés et les taxis, certains commerçants refusent déjà les anciennes pièces. À tort : jusqu'au samedi 31 octobre inclus, elles conservent leur cours légal et doivent être acceptées.

Le directeur national a donc d'abord voulu rassurer. Selon lui, la communication de ce jour vise à garantir aux détenteurs « que toutes les mesures ont été prises par la BEAC pour faciliter les échanges », aussi bien à la banque centrale que dans les banques commerciales et la microfinance. L'objectif fixé par le Gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, est clair : qu'aucun détenteur « ne perde le moindre franc CFA » pendant toute la durée de l'opération.

Des pièces récentes enfin en nombre suffisant

La décision a été prise le 7 octobre 2026 à N'Djamena par le Comité ministériel de l'Union monétaire de l'Afrique centrale (UMAC), sur proposition du Conseil d'administration de la BEAC. Elle vise les pièces mises en circulation en 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985 (Résolution N°06).

Si ces vieilles pièces ont survécu si longtemps, c'est faute de mieux. Les pièces sont longtemps restées rares dans la sous-région, et indispensables aux petits paiements du quotidien. Les autorités monétaires les avaient donc maintenues, même après l'arrivée de la gamme 2006.

La donne a changé avec la gamme 2024, mise en circulation le 2 avril 2025. Selon la BEAC, 265 millions de pièces de cette gamme ont été injectées depuis. Le nombre moyen de pièces par habitant est passé de 16 avant leur introduction à 23 au 31 mai 2026, soit près de 44 % de hausse. La banque centrale vise 30 pièces par habitant à l'horizon 2030.

Deux autres raisons sont avancées. D'abord, la coexistence de plusieurs générations de pièces, aux tailles, graphismes et alliages différents, rendait la circulation monétaire hétérogène. Ensuite, la sécurité : la BEAC cite expressément les risques de contrefaçon des pièces de 500 FCFA.

Quatre dates à retenir

Deux échéances, séparées de douze mois, structurent l'opération : la fin du cours légal le 1er novembre 2026, puis la fin des échanges le 1er novembre 2027.

Jusqu'au samedi 31 octobre 2026 inclus, rien ne change : les anciennes pièces servent encore à payer. Dès le 1er novembre, elles perdent leur cours légal, mais une première fenêtre de neuf mois s'ouvre. Jusqu'au 31 juillet 2027, les détenteurs pourront les échanger gratuitement aux guichets de la BEAC, mais aussi dans les banques et les établissements de microfinance (EMF).

Le dispositif se resserre ensuite. Du 1er août au 31 octobre 2027, pendant trois mois, seuls les guichets de la BEAC assureront les échanges. Passé cette date, les retardataires n'auront plus de recours : à partir du 1er novembre 2027, les pièces de l'ancienne gamme ne seront plus échangeables, quel que soit le guichet.

Autrement dit, la fin du cours légal ne signifie pas la perte de la valeur. Une pièce de 100 FCFA de l'ancienne gamme vaudra toujours 100 FCFA au guichet jusqu'au 31 octobre 2027. Elle sera échangée contre des pièces des gammes 2006 ou 2024.

Gratuit, et ouvert aux non-clients

L'échange ne coûte rien. Aucun frais ne peut être réclamé, ni à la BEAC, ni en banque, ni en microfinance.

Nul besoin non plus d'avoir un compte. Les banques et les EMF ont l'obligation de recevoir tous les détenteurs, y compris ceux qui ne sont pas leurs clients. Seule exigence : présenter une pièce d'identité, pour la traçabilité des opérations. La BEAC insiste sur ce point : cette identification ne vaut pas obligation d'ouvrir un compte.

Le cadre commun s'arrête là. Les horaires d'accueil, l'organisation des dépôts et les procédures de traitement peuvent varier d'un établissement à l'autre. Avant de se déplacer avec un sac de pièces, mieux vaut donc se renseigner auprès de son agence.

À la BEAC, pas de plafond

Le directeur national a détaillé le dispositif propre à la banque centrale. Pendant toute l'année d'échange, du 1er novembre 2026 au 31 octobre 2027, les particuliers comme les entreprises pourront se présenter à tous les guichets de la BEAC, tous les jours ouvrables, et cela « sans limitation de montant ». Les anciennes pièces y seront échangées contre des pièces des gammes 2024 ou 2006, ou contre des billets de la gamme 2020. Les modalités pratiques seront affichées dans chaque centre de la BEAC.

Côté banques et microfinance, la BEAC a pris les devants. Elle a adressé des courriers à toutes les banques commerciales et à tous les EMF, leur rappelant leur obligation d'échanger toutes les anciennes pièces présentées, que le détenteur soit leur client ou non. Chaque établissement fixera ensuite ses propres modalités pratiques.

Le directeur national a d'ailleurs lancé un appel à la responsabilité de ces intermédiaires. Il leur demande de mettre en place, dans tous leurs réseaux, des dispositifs adaptés pour faciliter les échanges.

Ne pas se fier à l'année gravée

Seule l'ancienne gamme est concernée. Selon les planches officielles de la BEAC, elle compte des pièces de 1, 5, 10, 25, 50, 100 et 500 FCFA. Les pièces des gammes 2006 et 2024 gardent leur cours légal et doivent continuer d'être acceptées partout. La pièce de 200 FCFA, propre à la gamme 2024, n'est donc pas concernée.

Piège à éviter : l'année inscrite sur une pièce est celle de sa fabrication, pas forcément celle de la mise en circulation de sa gamme. Elle ne suffit donc pas à dire si une pièce est démonétisée. La BEAC renvoie à ses visuels officiels, diffusés sur www.beac.int et sur les réseaux sociaux.

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