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Gabon / Souveraineté industrielle : le défi de la réduction des importations d’aciers

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Gabon / Souveraineté industrielle : le défi de la réduction des importations d’aciers

Avec l’inauguration par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, de l’usine Les Aciéries du Gabon portée par le groupe FOBERD dans la capitale économique, Port-Gentil, le 17 septembre 2026, le pays franchit un cap vers la transformation locale. Toutefois, derrière l'affichage politique et les perspectives économiques prometteuses, la concrétisation de cette ambition soulève des défis stratégiques majeurs.

L’unité industrielle repose sur un modèle d’économie circulaire : collecter les rebuts ferreux et les déchets métalliques à travers le pays pour les fondre à très haute température dans des fours industriels. Le processus donne naissance à une gamme complète de produits finis stratégiques pour le BTP, notamment le fer à béton FE500, les billettes d’acier, les treillis soudés, les tubes carrés et ronds.

L’impact sur le bassin d'emploi de Port-Gentil est immédiat, avec une promesse de plus de 300 emplois directs et indirects. L’usine promet de restructurer et d'offrir des opportunités concrètes aux PME de la chaîne de valeur, allant de la collecte, au tri, en passant par la logistique et la maintenance.

« L’ambition est de produire au Gabon, transformer au Gabon, créer la richesse au Gabon et créer des emplois pour les Gabonais », a souligné le chef de l'État lors de l’inauguration.

Cependant, la viabilité du projet repose d'abord sur la capacité du réseau local à alimenter continuellement les fours en ferraille. La création d’une filière formelle de recyclage, structurée et pérenne à l’échelle nationale, constitue le premier obstacle opérationnel.

Les trois verrous stratégiques : Énergie, Normes et Logistique

Aussi, pour que cette usine réduise durablement la dépendance aux importations et préserve les devises nationales, trois défis critiques doivent être impérativement relevés. Tout d’abord, l’équation énergétique qui s’impose comme un préalable absolu, parce que la sidérurgie est une industrie lourde hautement consommatrice. Elle exige un approvisionnement continu en électricité haute tension et en gaz industriel à des tarifs véritablement compétitifs. La régularité sans faille de cette offre conditionnera directement la rentabilité financière et la continuité opérationnelle du site.

Ensuite, le respect strict des standards de qualité demeure non négociable. L'acier produit localement doit impérativement se conformer aux normes internationales de résistance mécanique pour garantir la sécurité et la pérennité des chantiers d'infrastructures publiques comme privées.

Enfin, la levée de l’enclave logistique constitue le troisième pilier stratégique. Qu'il s'agisse de l'acheminement des matières premières depuis l’intérieur du pays vers le site de Port-Gentil ou de la réexpédition des produits finis vers Libreville et les marchés de la sous-région CEMAC, l'efficience de cette filière reposera sur la capacité des acteurs à fluidifier durablement les réseaux de transport maritimes et terrestres.

Souveraineté économique et projection régionale

Au-delà de la réponse aux besoins du BTP, cette unité industrielle s’inscrit dans une stratégie de souveraineté économique nationale. L’objectif prioritaire est de réduire la dépendance du Gabon vis-à-vis des importations de matériaux de construction et de retenir la valeur ajoutée sur le territoire national. À terme, la production vise également à desservir le marché de l'Afrique Centrale.

La réussite de cette transition vers la souveraineté industrielle ne dépendra pas uniquement de l'outil de production mis en service par FOBERD, mais de l'accompagnement de l'État pour lever les goulots d'étranglement logistiques et énergétiques qui pèsent sur l'industrie lourde.

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