Le gouvernement gabonais a officialisé son soutien à la candidature de l’Angolaise Josefa Leonel Correia Sacko au poste de Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Libreville s’aligne ainsi sur le choix unanime du Conseil exécutif de l’Union africaine. Si elle est élue à Rome en juillet 2027, Josefa Sacko deviendrait la deuxième personnalité africaine (après le Sénégalais Jacques Diouf, 1994-2011) et la toute première femme à prendre la tête de l’institution internationale créée en 1945.
C’est depuis Port-Gentil, lors du Conseil des ministres du 18 septembre 2026, que les autorités gabonaises ont annoncé leur décision d'orchestrer cette offensive diplomatique et économique majeure. Pour le Gabon, le soutien à la candidature de Josefa Sacko dépasse le cadre strictement diplomatique : il touche directement à la souveraineté alimentaire nationale.
Le programme de la candidate repose sur la création d’une Plateforme mondiale pour la préparation des investissements agroalimentaires, avec un objectif de 10 milliards de dollars (environ 6 000 milliards FCFA) de programmes bancables. Le projet impose également qu’au moins 60 % des nouveaux pactes intègrent des objectifs précis d'adaptation climatique, ce qui offre des opportunités directes de financement vert pour le bassin du Congo.
Cette vision s'inscrit en droite ligne avec la feuille de route économique du Gabon, qui vise la réduction des lourdes importations vivrières et le développement des filières agro-industrielles locales. Pour le pays, un accès privilégié à ces guichets de financement s'avère capital.
Dynamiser la ZLECAf et refonder le multilatéralisme agricole
La feuille de route de l’ancienne commissaire à l’Agriculture de l'Union africaine (2017-2025) prévoit la conclusion de 50 pactes nationaux et régionaux volontaires dans les 24 premiers mois. Il s'agit d'une démarche pensée pour dynamiser le commerce agricole intra-africain dans le cadre de la ZLECAf, tout en soutenant l'intégration des PME locales au sein des chaînes de valeur sous-régionales.
Au centre de sa stratégie figure l'autonomisation économique des femmes et des jeunes agriculteurs, en leur facilitant l'accès au crédit, aux technologies et aux marchés. La candidate prône ainsi un changement de paradigme résumé par sa devise : « Du savoir à la mise en œuvre | Des projets aux systèmes | De Rome aux pays ».
Dans la perspective du scrutin de juillet 2027, le positionnement anticipé du Gabon renforce le bloc africain face aux arbitrages mondiaux. Après huit décennies d'existence de la FAO marquées par une gouvernance exclusivement masculine, l'accession de Josefa Sacko marquerait un tournant décisif pour le multilatéralisme agricole. Elle permettrait non seulement de briser le plafond de verre institutionnel, mais aussi de réorienter les budgets internationaux vers les réalités de l'agriculture rurale africaine.