Face au pillage silencieux de son « or vert » par les géants de la pharmacie mondiale, le Gabon joue sa souveraineté économique. En lançant un avertissement solennel sur l’échéance critique de décembre 2026, le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC) appelle à une prise de conscience immédiate, relative à la transformation locale de la ressource avant qu’il ne soit trop tard.
Le ton est direct, l’urgence incontestable. Devant la représentation institutionnelle, la voix du CESEC a résonné comme un rappel à l’ordre stratégique pour le Gabon. Alors que les laboratoires occidentaux s’arrachent les vertus thérapeutiques de l’ibogaïne, le pays se trouve à la croisée des chemins. L’Iboga ne peut plus rester une simple icône du patrimoine culturel, il doit devenir le cœur d’une filière industrielle nationale, créatrice de richesse et d’emplois.
La révélation majeure portée par l'Institution réside dans l'atout juridique et scientifique inédit dont dispose désormais Libreville, à travers la traçabilité incontestable de la molécule.
À cet effet, le président du CESEC l'affirme avec force. « Aujourd’hui, le Gabon peut prouver que l’Ibogaïne dont se vantent les grands laboratoires actuellement à travers le monde vient bel et bien de l’Iboga du Gabon. Nous avons sa traçabilité depuis son départ de notre sol, jusqu’aux laboratoires occidentaux et nous pouvons le prouver », a affirmé Guy Bertrand Mapangou.
Cette preuve matérielle change la donne géopolitique. Elle offre au gouvernement un levier de négociation décisif dans le cadre du Protocole de Nagoya (APA) pour exiger des redevances légitimes et forcer les partenariats d'extraction sur le territoire national.
Si le CESEC salue l’adoption du Décret n° 0239/PR/MJSRC du 22 mai 2026 réglementant l’accès, l’exploitation, la transformation et les savoirs traditionnels associés, la loi ne suffira pas sans bras industriel. Il faut agir face aux « atermoiements et lenteurs administratifs face au Monde de l’Iboga qui court vite, très vite avec de multiples acteurs dont le seul dessein est de s’approprier la substantifique moelle de l’Iboga ».
L’institution fixe une ligne rouge d’une clarté redoutable. « Gare à nous si nous arrivons en décembre 2026 sans avoir rien fait. Il sera trop tard pour le Gabon et sa souveraineté économique voulue et défendue par le Président de la République depuis son arrivée à la tête de notre pays », a soutenu le président du CESEC.
Pour éviter le piège de la passivité, le CESEC préconise la convocation urgente d’Assises Nationales sur l’Iboga. L’objectif est de réunir décideurs publics, scientifiques, investisseurs et gardiens des traditions pour bâtir le Programme National de Souveraineté sur l’Iboga.
La feuille de route est tracée préconise de passer de la cueillette sauvage à l'agro-industrie, bâtir des laboratoires nationaux de purification et faire du Gabon le leader incontesté de l’ibogaïne médicale certifiée. Le compte à rebours est lancé.