Pour sa deuxième session ordinaire de 2026, le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC) place ses travaux sous le signe de l’arbitrage stratégique. Présidée par Guy Bertrand Mapangou, la feuille de route de l’Institution met en relief deux thématiques majeures : la régulation foncière coutumière et la rationalisation des dépenses de santé.
Cette feuille de route traduit la volonté d’aligner la réflexion consultative sur les exigences de performance, de justice sociale et d'attractivité économique portées par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le premier axe vise la conciliation entre la domanialité étatique (fondée sur le titre foncier) et la reconnaissance des terres ancestrales et sites sacrés. D’un point de vue macroéconomique, la dualité juridique actuelle constitue une source majeure d’incertitude pour le climat des affaires.
Le chevauchement non régulé des droits coutumiers et du droit positif expose les projets agro-industriels, miniers ou d’infrastructures à des litiges coûteux. En réclamant une régulation intégrée, le CESEC s'attaque à un frein majeur de l'investissement. La clarification des titres et la protection des sites préservés permettent de sécuriser le capital foncier, préalable indispensable à la bancarisation des projets ruraux, à l’accès au crédit et à la valorisation des territoires.
« Cette démarche doit également s’inscrire dans une réflexion plus large sur la place que notre République entend accorder à la mémoire, aux traditions et à l’héritage de nos ancêtres. À cet égard, le CESEC appelle à l’institution d’une Journée Nationale fériée dédiée à nos ancêtres aux côtés de nombreuses célébrations des fêtes chrétiennes, musulmanes, bouddhistes et de bien d’autres religions venues de loin : Noël, Pâques, Fête des morts, Fête de la Toussaint, Fête de l’Ascension, Fête de l’Aïd al-Fitr, Aïd al-Adha, Vesak pour les Bouddhistes, etc. », a argumenté Guy Bertrand Mapangou.
Cette Journée s’inscrirait dans une dynamique d’économie du patrimoine et de valorisation des savoirs traditionnels, structurant ainsi le tourisme mémoriel et culturel.
La rentabilité économique du soin
Le second thème consacre l’accès aux soins comme « une urgence sociale ». Le CESEC aborde la santé sous l’angle de la souveraineté sanitaire et du rendement du capital humain national. L’enveloppe de 44 milliards de FCFA annoncée par le chef de l'État pour le plateau technique exige une gouvernance rigoureuse afin de transformer ces ressources en une offre de soins efficiente, capable de limiter les évacuations sanitaires à l'étranger.
Les dysfonctionnements dans l’approvisionnement en médicaments et l’équité territoriale pénalisent la productivité par l'absentéisme et pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages via les dépenses directes (out-of-pocket).
« L'accès à des soins de qualité et aux médicaments accessibles constitue un droit fondamental consacré par notre Constitution et un indicateur essentiel de justice sociale et de souveraineté sanitaire [...] », a relevé le président du CESEC.
L’hôpital ne doit plus être perçu comme un simple centre de coûts passif, mais comme un équipement structurant la résilience économique. Les recommandations du CESEC devront orienter les politiques publiques en vue d'améliorer durablement l'accès aux services de santé et de renforcer la protection sanitaire des populations.
En rapprochant souveraineté culturelle et sanitaire, le CESEC offre une grille de lecture moderne dont la réussite résidera dans la capacité à transformer ces réflexions en propositions opérationnelles pour le Gabon.