Réunis ce mardi à Libreville à l’occasion d’un café presse organisé au siège des Nations unies, les responsables de l’équipe-pays ont présenté aux médias les principaux résultats de leur action au Gabon en 2025. Avec 124 initiatives déployées dans les neuf provinces, dans des domaines allant de la santé à l’économie verte, l’ONU met en avant l’ampleur de son intervention. Reste à mesurer ce que ces programmes ont concrètement changé pour les populations et quels résultats peuvent s’inscrire dans la durée.
La rencontre a été présidé par la Représentante du Système des Nations unies au Gabon, Madame Fatou Aminata Lo, qui a coordonné les échanges avec les journalistes. Les différentes entités des Nations unies présentes dans le pays (FAO, OMS, PNUD, UNESCO, UNICEF…) ont également pris part à la présentation, permettant de revenir sur les actions menées en 2025 dans leurs différents domaines d’intervention.
Le rapport annuel constitue ainsi une photographie de l’activité du système onusien au Gabon. Il recense des interventions consacrées notamment à la santé, à l’éducation, à la protection sociale, à la gouvernance, aux droits humains, à l’environnement, au climat, à l’agriculture et à l’autonomisation économique.
L’objectif affiché est de montrer comment l’appui des Nations unies accompagne les priorités nationales et répond aux besoins identifiés sur le terrain.
De la santé à l’économie verte
La santé et l’éducation figurent parmi les principaux domaines d’intervention. Selon le bilan présenté dans le rapport, 55 % des ressources mobilisées en 2025 ont été consacrées à ces deux secteurs. L'action a notamment porté sur la prévention, la vaccination, la santé reproductive, mais également sur l'amélioration de l'accès aux services et le renforcement des capacités.
Dans le domaine de l'économie verte, les Nations unies mettent également en avant des interventions destinées à soutenir les activités génératrices de revenus et à renforcer les capacités des acteurs locaux. Plus de 112 500 personnes auraient ainsi bénéficié de retombées liées à des activités génératrices de revenus dans les provinces de l'Ogooué-Ivindo et de la Nyanga. Plus de 500 agriculteurs et pisciculteurs ont par ailleurs bénéficié d'un accompagnement, notamment à travers des équipements, des intrants et un appui technique.
Ces chiffres donnent une mesure de l'ampleur des programmes. Ils soulèvent aussi une question centrale : celle de leur impact dans le temps.
Mesurer autrement que par le nombre de bénéficiaires
Le nombre de personnes touchées constitue un premier indicateur, mais il ne suffit pas à lui seul à mesurer les effets d'un programme. Entre une personne sensibilisée, un bénéficiaire d'une formation et une personne ayant durablement amélioré ses revenus ou son accès à un service essentiel, les niveaux d'impact ne sont pas les mêmes.
Cette question de la mesure des résultats apparaît d'autant plus importante que les interventions couvrent des secteurs et des territoires différents. Dans la santé, par exemple, le nombre de personnes vaccinées ou sensibilisées peut être complété par des indicateurs sanitaires. Dans l'agriculture ou l'entrepreneuriat, la pérennité des activités, l'évolution des revenus ou la création d'emplois permettent davantage d'apprécier les effets économiques.
Le rapport fait également état d'actions en matière de gouvernance et de droits humains. En 2025, 500 observateurs citoyens ont notamment été formés et déployés dans 200 bureaux de vote. Des actions de renforcement des capacités ont également concerné des hauts fonctionnaires ainsi que des acteurs de la chaîne judiciaire et pénale.
L'enjeu de la durabilité
Au-delà du bilan de l'année 2025, la question est désormais celle de la continuité. Dans quelle mesure les dispositifs mis en place peuvent-ils fonctionner après la fin d'un programme ? Comment les bénéficiaires et les institutions nationales peuvent-ils reprendre durablement les acquis ? Et surtout, quels indicateurs permettent de vérifier, plusieurs années après une intervention, que les résultats sont toujours au rendez-vous ?
Pour l'équipe-pays, le rapport annuel permet de rendre compte de l'action collective des Nations unies au Gabon. Avec ses 124 initiatives, il donne surtout une mesure de l'étendue des interventions menées en 2025. La prochaine étape consiste à apprécier leur profondeur : combien de vies durablement transformées, d'activités maintenues, de revenus créés ou de capacités institutionnelles renforcées derrière ces chiffres ?
À l'heure où le Gabon poursuit la mise en œuvre de ses nouvelles priorités de développement, cette mesure de l'impact constitue l'un des enjeux de la coopération entre le pays et le Système des Nations unies.