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Education : la valeur ajoutée de l’école à l’épreuve des contraintes budgétaires

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Education : la valeur ajoutée de l’école à l’épreuve des contraintes budgétaires

L’édition 2026 de la Journée mondiale des enseignants a mis l’accent sur la revalorisation de leurs conditions de vie, ce qui a relancé le débat sur l’efficience de la dépense éducative. Entre les arbitrages du gouvernement et les lourdeurs administratives, le rendement du capital humain gabonais reste bridé par les réalités du terrain.

Le diagnostic dressé par les membres du Syndicat de l’Éducation nationale (SENA), lors de leur déclaration du 5 octobre à Libreville, offre une radiographie sans concession des blocages du secteur. « Cela fait bientôt 20 ans de service et je suis encore stagiaire », confie avec amertume un enseignant. Ce statut précaire entretient une incertitude économique délétère pour le moral des troupes.

À ce blocage de carrière s’ajoute un sentiment de spoliation lié aux défaillances de l’assurance maladie obligatoire. « On nous prélève la CNAMGS, mais ces prélèvements ne nous servent à rien. La situation de la santé des enseignants devient un problème de santé publique », dénonce un délégué syndical du SENA. Faute de prise en charge effective en pharmacie par la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), le reste à charge pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages et alimente un absentéisme involontaire, mais coûteux pour la collectivité.

Sur le plan pédagogique, les conditions de travail dégradées décrites par le syndicat érodent la valeur ajoutée de l’enseignement. Dans les salles surpeuplées, jusqu’à quatre élèves se partagent parfois une seule table-banc prévue pour deux, tandis que certains professeurs ont la charge de sept à dix classes.

S’y ajoute une fracture numérique marquée. « Il n’y a pas de salle multimédia dans la majorité des établissements de Libreville », déplore une enseignante. Privés d’outils informatiques dès le secondaire, les élèves accumulent un déficit critique de compétences numériques, alors que le marché du travail régional, au sein de la CEMAC comme de la ZLECAf, est de plus en plus numérisé.

Le décalage entre arbitrages budgétaires et réalités d’exécution

Ces difficultés de terrain contrastent pourtant avec les efforts d’arbitrage de l’exécutif. Le Conseil des ministres du 18 septembre 2026 a adopté le projet de loi de finances, qui fixe les prévisions globales à 6 223,1 milliards FCFA. Les dépenses de personnel de l’État y atteignent 809,1 milliards FCFA, dont une part importante revient à l’Éducation nationale.

Le gouvernement a entériné des mesures ciblées, comme le décret encadrant l’attribution de la prime d’éloignement, destinée à maintenir les effectifs dans les zones déshéritées, tout en poursuivant la régularisation progressive des arriérés de solde. Ces décisions se heurtent toutefois à la lenteur des procédures d’intégration. Ce décalage entre les intentions budgétaires et leur exécution crée un passif financier qui pèse sur l’efficience globale du service public éducatif.

Pour restaurer la rentabilité de l’investissement éducatif, plusieurs pistes se dégagent : un assainissement rigoureux de la chaîne de la solde et une refonte de la convention avec la CNAMGS. Il apparaît tout aussi essentiel de mobiliser des partenariats public-privé (PPP) pour équiper durablement les lycées en mobilier décent et en laboratoires informatiques connectés.

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