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Carburant : la pénurie recule à Libreville, les stocks restent insuffisants

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Carburant : la pénurie recule à Libreville, les stocks restent insuffisants

Après plusieurs jours de tensions dans les stations-service, les approvisionnements reprennent progressivement à Libreville. Réunis ce lundi 5 octobre au ministère du Pétrole, les acteurs de la chaîne ont toutefois reconnu que les stocks n’avaient pas encore retrouvé leur niveau d’avant-crise.

La pénurie de carburant entre dans une nouvelle phase. Après un week-end marqué par une fréquentation exceptionnelle des stations-service, les principaux acteurs de la chaîne d’approvisionnement se sont retrouvés ce lundi au ministère du Pétrole pour faire le point sur la situation et les mesures permettant de rétablir durablement les flux.

La réunion, présidée par Thibault Gaël Idoumi, directeur général de l’Aval pétrolier et gazier, a rassemblé les différents maillons du dispositif, dont la Société gabonaise d’entreposage de produits pétroliers (SGEPP), Gab’Oil, Total Energies et les autres distributeurs.

La priorité est désormais de passer d’une reprise ponctuelle à un approvisionnement régulier. La veille, Thibault Gael Idoumi se voulait rassurant : « Le carburant arrive dans les points de vente, il est donc inutile de saturer les files d’attente car tout le monde sera servi aujourd’hui. »

Les stocks se reconstituent progressivement

Le directeur général de la SGEPP, Yvon Tchicot, apporte un éclairage sur le fonctionnement de la chaîne. La société assure principalement l’entreposage et le stockage des produits pétroliers. Ceux-ci arrivent notamment de la SOGARA avant d’être stockés dans les bacs de la SGEPP. Ils restent la propriété des marketeurs, qui programment ensuite leurs enlèvements selon leurs besoins.

La SGEPP constitue ainsi un maillon logistique essentiel, mais ne décide pas de la destination finale des produits. Une fois les camions chargés, les distributeurs déterminent les stations à approvisionner.

Dans le contexte actuel, cette mécanique a été alimentée par l’arrivée de produits importés. Plusieurs cargaisons ont déjà été réceptionnées et stockées, tandis que d’autres navires sont attendus. Mais le retour des produits dans les stations ne signifie pas encore un retour complet à la normale.

« Les stocks importés n’ont pas retrouvé leur niveau normal d’avant-crise », reconnaît Yvon Tchicot. Leur reconstitution se fait donc progressivement, au rythme des nouvelles arrivées.

Le directeur général de la SGEPP insiste également sur les contraintes du marché international. « La tension sur le marché international fait que la demande est actuellement très élevée », explique-t-il. Les différents acteurs doivent ainsi sécuriser les cargaisons et trouver des navires disponibles pour alimenter le marché gabonais.

Une accalmie encore fragile

Chez les distributeurs, les premiers signes d’amélioration sont perceptibles. Eric Alain Sounda, directeur général de Gab’Oil, reconnaît que les opérateurs ont eu des difficultés à absorber le flux exceptionnel enregistré durant le week-end.

« Nous avons eu beaucoup de difficultés à faire face au flux inhabituel du week-end », souligne-t-il. Avec la reprise des approvisionnements, la fréquentation des stations commence toutefois à revenir vers des niveaux plus habituels.

Le distributeur estime pouvoir satisfaire sa clientèle avec les volumes reçus et observe un « désenflement de l’afflux » dans les stations.

Cette amélioration reste néanmoins dépendante de la continuité des approvisionnements. Selon les acteurs réunis au ministère, le retour à la normale nécessitera encore plusieurs étapes. « Après une crise aussi brutale et soudaine, je pense que ça va prendre quelques niveaux supplémentaires pour arriver à une situation normale d’avant-crise », estime Eric Alain Sounda.

Pour le Gabon, l’enjeu est donc désormais double : absorber la demande accumulée pendant la crise et reconstituer suffisamment de stocks pour éviter un nouvel épisode de tension.

La SGEPP travaille par ailleurs sur une augmentation de ses capacités de stockage. La faisabilité du programme d’investissement a été validée et les derniers ajustements sont en cours. L’objectif est de disposer de capacités adaptées non seulement aux besoins immédiats, mais aussi aux perspectives de consommation du pays.

Après l’urgence, le véritable test sera donc celui de la régularité. La baisse des files d’attente marque une accalmie. La stabilisation durable de l’approvisionnement dépendra, elle, de la capacité de toute la chaîne à sécuriser les produits, les stocks et leur acheminement jusqu’aux stations.

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