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À Londres, les investisseurs prennent le pouls de l’Afrique centrale : que peut offrir le Gabon ?

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À Londres, les investisseurs prennent le pouls de l’Afrique centrale : que peut offrir le Gabon ?

Marchés financiers, dette, projets structurants et transformation des ressources : le roadshow organisé à Londres par le Cameroun remet en lumière les critères auxquels les économies d’Afrique centrale doivent répondre pour attirer les capitaux internationaux. Au Gabon, plusieurs signaux sont déjà adressés aux investisseurs. Reste à transformer les ambitions en projets suffisamment lisibles et sécurisés.

Londres demeure un passage obligé pour les États africains à la recherche de capitaux internationaux. La place financière britannique vient une nouvelle fois de servir de cadre à des échanges entre investisseurs et autorités d’Afrique centrale. Dans sa lettre consacrée à la semaine du 14 au 18 septembre, la Direction générale du Trésor français rapporte que le Cameroun y a organisé un roadshow afin de sonder les marchés extérieurs avant de nouvelles levées de fonds.

L’opération organisée par le Cameroun résonne au Gabon. Car derrière ce type de rendez-vous se joue une question commune aux économies de la région : comment convaincre des investisseurs internationaux de placer à nouveau leurs capitaux dans des marchés où les besoins de financement restent élevés, tout en tenant compte du niveau d’endettement, de la capacité de remboursement et de la qualité des projets à financer ?

Le Gabon déjà présent sur les marchés

Le Gabon n’arrive pas les mains vides dans cette discussion. En juillet, l’État a levé 920 millions de dollars sur le marché international des capitaux, à un taux de 9,375 % sur sept ans. Cette opération avait constitué l’une des principales émissions souveraines gabonaises de l’année.

Quelques semaines plus tôt, Libreville avait également mobilisé 173,5 milliards de FCFA sur le marché financier régional, soit plus du double de l’objectif initial de 85 milliards. Une opération qui montre que le Trésor conserve une capacité de mobilisation sur le marché régional, même si le coût du financement et la soutenabilité de la dette restent des paramètres scrutés par les investisseurs.

Le contexte budgétaire demeure toutefois déterminant. Selon les données officielles, l’audit interne de la dette publique gabonaise a ramené son poids à 68,9 % du PIB, après l’identification et l’exclusion de plus de 2 175 milliards de FCFA. Le chiffre repasse ainsi sous le plafond communautaire de 70 %.

Des capitaux contre de la visibilité

Pour le Gabon, l’enjeu ne consiste donc pas uniquement à accéder aux marchés. Il s’agit aussi de montrer aux investisseurs où et comment leur capital peut être déployé.

Le gouvernement a placé cette question au cœur du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Le document prévoit près de 27 000 milliards de FCFA d’investissements sur la période, dont environ 18 000 milliards attendus du secteur privé national et international. Le Haut Conseil pour l’investissement a par ailleurs été relancé en juin afin de renforcer le dialogue entre l’État et les entreprises et d’améliorer l’environnement des affaires.

Le portefeuille potentiel est large : infrastructures, énergie, eau, transport, industrie, agro-industrie et transformation des ressources naturelles. Le gouvernement présente également la valorisation locale des matières premières comme un axe de diversification économique.

Cette stratégie suppose cependant de franchir une étape supplémentaire : passer d’une liste de projets et d’ambitions à des opérations capables de présenter aux investisseurs un cadre clair, des revenus identifiables, des risques maîtrisés et une visibilité suffisante sur leur exécution.

Le facteur dette reste déterminant

C’est probablement sur ce terrain que le Gabon sera particulièrement observé. Le pays cherche à financer son programme d’investissement tout en poursuivant l’assainissement de ses finances publiques. La mission du Fonds monétaire international, achevée le 25 septembre à Libreville, a justement porté sur l’audit de la dette, les finances publiques et les orientations budgétaires pour 2027. Le FMI indique que les discussions techniques doivent se poursuivre dans les prochaines semaines afin de préparer d’éventuelles discussions sur un programme soutenu par le Fonds.

Pour les investisseurs, cette séquence est importante. Elle touche à la fois à la crédibilité budgétaire de l’État et à sa capacité à financer les infrastructures nécessaires à la transformation économique.

Le rendez-vous londonien rappelle ainsi une réalité régionale : les capitaux internationaux ne recherchent pas seulement des économies disposant de ressources naturelles. Ils cherchent aussi des trajectoires financières lisibles, des projets structurés et des cadres d’investissement suffisamment prévisibles.

Pour le Gabon, le défi est désormais de convertir ses atouts : ressources minières et pétrolières, potentiel industriel, infrastructures à développer et programme d’investissement, en opportunités suffisamment structurées pour retenir l’attention des investisseurs au-delà des marchés de dette.

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