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Sameau 2026 : comment la 6e édition veut transformer la mémoire visuelle du Gabon en actif économique

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Sameau 2026 : comment la 6e édition veut transformer la mémoire visuelle du Gabon en actif économique

Prévue du 16 au 19 septembre 2026, la 6ᵉ édition du Salon des Métiers de l'Audiovisuel et du Numérique (SAMEAU) se tiendra autour du thème « Entre mémoire et innovation : L'intelligence artificielle au service de notre patrimoine culturel ». L’événement organisé par Gab’kulture Event, entend dépasser la simple préservation symbolique pour ériger la mémoire nationale en un véritable actif économique structuré.

Historiquement, le secteur de la communication et des médias au Gabon souffre d'un déficit d'images locales documentées et protégées. Pour répondre à leurs besoins d'illustration ou de campagnes de marque, les éditeurs, entreprises et agences se tournent fréquemment vers des banques d'images internationales, générant une fuite de devises.

Pour enrayer ce phénomène, le comité d'organisation présidé par Jennifer Nupsia Mayombo Kangouna innove cette année avec un grand concours national de photographie. Déployée sur l'ensemble des neuf provinces du Gabon sous le thème « Le Gabon en héritage : entre identité, mémoire et richesse naturelle », la compétition s'articule autour de cinq piliers, à savoir : mémoire et traditions, identité et visages, nature et biodiversité, lieux de mémoire, et le Gabon d'aujourd'hui.

« Notre objectif dépasse le cadre d’une simple compétition photographique. Il s’agit de collecter un fonds iconographique inédit pour alimenter la future Photothèque Nationale Numérique, une banque de données souveraine et structurée qui permettra aux créateurs de vivre enfin de leur art tout en offrant au marché local des visuels authentiques », a précisé la présidente du Comité d’organisation.

Droits d'auteur et monétisation, IA, capital humain

L'aspect le plus novateur du projet réside dans son architecture juridique et commerciale. En s'associant aux organismes de gestion des droits d'auteur, le SAMEAU encadre la collecte des œuvres afin de garantir aux photographes dont une grande partie évolue encore dans le secteur informel, une protection rigoureuse de leur propriété intellectuelle.

« On ne peut pas parler d’économie créative sans cadre juridique protecteur. La structuration du marché permet de fixer les règles du jeu pour l'octroi de licences commerciales. C'est le préalable indispensable pour que la mémoire visuelle devienne une source de revenus récurrents pour les acteurs locaux », a poursuivi Jennifer Nupsia Mayomba Kangouna.

Ce mécanisme vise également à inciter les professionnels indépendants à sortir de l'informel pour se structurer, facilitant ainsi leur accès au crédit, aux marchés publics et aux programmes de renforcement de capacités.

L'intégration de l'intelligence artificielle au cœur des masterclass et des panels de haut niveau, animés par des experts venant de Libreville, Abidjan et Paris répond à une exigence de compétitivité. Des modules de numérisation et restauration assistées par IA à la création de contenu et au marketing digital, la formation dispensée au Village Numérique vise à faire baisser les coûts de production tout en augmentant la valeur ajoutée des contenus « Made in Gabon ».

En reliant l'innovation technologique, le cadre normatif des droits d'auteur et le développement des compétences locales, cette 6ᵉ édition du SAMEAU dessine les contours d'un marché créatif à forte valeur ajoutée. Un modèle d'affaires où la préservation de l'identité nationale devient un levier d'employabilité pour la jeunesse et un pilier de la diversification économique.

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