Ce jeudi, la Cour constitutionnelle a rendu son verdict solennel : la population légale du Gabon s’établit désormais à 3 518 621 habitants. Entre bond démographique sans précédent, hyper-centralisation dans l'Estuaire et impératifs de planification structurante, retour sur un chiffre qui réaligne la réalité du terrain avec les ambitions économiques du pays.
L'attente aura été à la hauteur des enjeux socio-économiques. Présidée par Dieudonné Aba'a Owono, la Cour constitutionnelle a officiellement homologué, ce 27 août 2026, les résultats arrêtant la population du Gabon à 3 518 621 habitants. Cette validation intervient au terme d'un rigoureux audit de terrain mené par la Haute Juridiction pour vérifier la conformité des données transmises par la Direction technique du recensement et le ministère de la Planification.
Sur le plan de la structure démographique, le recensement révèle une population composée de 1 800 129 femmes (51,15 %) et 1 718 492 hommes (48,85 %), confirmant une légère prédominance féminine dans les dynamiques démographiques nationales.
Le grand saut quantitatif entre 2013 et 2026
La comparaison avec le dernier Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPL 2013) met en évidence une rupture majeure dans les séries statistiques nationales : la population globale est passée de 1 811 079 habitants en 2013 à 3 518 621 habitants en 2026, soit une hausse nette de 1 707 542 résidents et une progression spectaculaire de +94,3 %, proche d'un quasi-doublement qui permet de combler l'écart historique entre les anciennes données officielles et les projections des bailleurs de fonds.
Le grand saut quantitatif entre 2013 et 2026
La comparaison avec le dernier Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPL 2013) met en évidence une rupture majeure dans les séries statistiques nationales, marquée par un quasi-doublement de la population globale qui est passée de 1 811 079 habitants en 2013 à un nouveau sommet avec une hausse nette de 1 707 542 résidents, soit une progression spectaculaire de +94,3 % qui permet de combler l'écart historique entre les anciennes données officielles et les projections des bailleurs de fonds.
Cette croissance globale s'accompagne d'une hyper-concentration dans l’Estuaire, portée par le Grand Libreville (Akanda, Owendo, Ntoum), qui franchit un cap critique en grimpant de 895 689 habitants (49,4 % du total national en 2013) à 2 184 908 habitants en 2026, signifiant que plus de six Gabonais sur dix résidents désormais dans la province capitale. Enfin, cette évolution accentue le creusement des écarts régionaux. Si l’Ogooué-Maritime (292 652 hab.) et le Haut-Ogooué (297 100 hab.) préservent leur rang d'hubs économiques secondaires, l’intérieur du pays affiche une faible densité comme en témoignent l'Ogooué-Ivindo (93 482 hab.), l'Ogooué-Lolo (75 128 hab.) et la Nyanga (68 215 hab.), illustrant la poursuite de l'exode rural vers le littoral.
Les facteurs clés de cette croissance
Trois éléments déterminants expliquent cette hausse spectaculaire et la précision des données obtenues. D'abord, la numérisation intégrale de la collecte, caractérisée par l'abandon du papier au profit de tablettes géolocalisées et de l'imagerie par satellite (SIG), a permis aux agents recenseurs de couvrir les zones périurbaines sous-documentées et d'éliminer les doublons en temps réel. Ensuite, l'audit et le contrôle rigoureux de la Cour constitutionnelle, à travers une phase de vérification sur le terrain, ont permis d'arbitrer les anomalies spatiales et de réintégrer les ménages omis lors de la phase initiale de dénombrement.
Enfin, la combinaison de l'attractivité migratoire et de la dynamique naturelle a fortement soutenu cette expansion : le maintien d’un taux de fécondité soutenu, couplé à une baisse progressive de la mortalité infantile, alimente la croissance naturelle, tandis que le Gabon demeure un pôle d’attraction migratoire majeur dans la sous-région CEMAC pour l'emploi et le commerce urbain.
Pour les décideurs publics et le secteur privé, ces 3,5 millions d'habitants certifiés changent la donne macroéconomique. Du recalcul du PIB par habitant à l’ajustement des infrastructures de santé, d'électricité, d'eau et de transport, ce recensement homologué constitue le socle indispensable au calibrage des investissements structurants et à l'intégration dans la ZLECAf.