Le premier mensuel économique au Gabon.

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8 700 milliards de FCFA de dette : le temps des choix

8 700 milliards de FCFA de dette : le temps des choix

Les autorités gabonaises l'ont annoncé : à fin mars 2026, la dette publique du Gabon s'élève à 8 700 milliards de francs CFA, soit entre 70 et 74 % du PIB. Un niveau qui interpelle, non pas parce que la dette est mauvaise par nature, mais parce qu'elle réduit progressivement les marges de manœuvre d'un État lorsqu'elle croît plus vite que les richesses qu'il produit.

La vraie question n'est donc pas : comment rembourser 8 700 milliards ? La vraie question est : comment empêcher que ce chiffre continue d'augmenter ?

L'histoire économique montre qu'aucun pays ne s'est durablement désendetté par l'austérité seule. On ne sort pas d'un endettement élevé en fermant les robinets de l'investissement. On en sort en créant davantage de richesse, en améliorant les recettes publiques et en orientant chaque franc emprunté vers des projets qui produisent de la valeur.

Le Gabon possède encore des leviers puissants : l'agriculture, la transformation du bois, les mines, le tourisme, l'économie numérique, la pêche, ainsi qu'un secteur privé qui ne demande qu'à grandir. Chaque filière capable de créer de la valeur localement réduit, à terme, la dépendance du pays à l'endettement.

Mais la croissance, à elle seule, ne suffira pas. La qualité de la dépense publique devient désormais une exigence. Chaque projet financé par l'emprunt doit répondre à une question simple : combien de richesses, d'emplois ou de recettes générera-t-il demain ? Si cette réponse n'existe pas, alors l'endettement devient une charge plutôt qu'un investissement.

Le défi est également celui de la gouvernance. Les investisseurs, les partenaires financiers et les citoyens attendent une gestion plus rigoureuse des finances publiques, une meilleure exécution des projets et une transparence accrue sur l'utilisation des ressources.

Le Gabon n'est pas condamné par sa dette. Il est confronté à une obligation de résultats. La période où les recettes pétrolières pouvaient masquer les déséquilibres appartient au passé. Désormais, chaque décision économique devra produire davantage de croissance que de dette.

Car, au fond, la dette n'est qu'un thermomètre. Le véritable diagnostic concerne la capacité du pays à produire, transformer, exporter et créer durablement de la richesse. C'est sur ce terrain que se jouera le redressement des finances publiques, bien plus que dans le montant affiché aujourd'hui par les comptes de l'État.

 

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