Le premier mensuel économique au Gabon.

Les Échos de l'éco
Votre espace, votre expérience Créez votre Une Posez vos questions à nos auteurs Jouez à nos jeux Accédez à des fonctionnalités réservées aux membres Créez votre compte maintenant et devenez membre des échos
Logo échos de l'éco
Menu
© 2026 Les échos de l'éco

Voies d’accès à la Cité de la Démocratie : un projet d’infrastructures sous tension socio-économique

Partager
Retrouvez-nous sur Google
Voies d’accès à la Cité de la Démocratie : un projet d’infrastructures sous tension socio-économique

À l’approche de la rentrée scolaire de septembre 2026, le périmètre de la Cité de la Démocratie, couvert par le titre foncier 5997, fait face à de vives tensions socio-économiques. Au cœur du dossier, un projet de restructuration routière destiné à fluidifier le trafic dans les 1er et 6e arrondissements de Libreville. Si l’impératif de modernisation urbaine fait l’unanimité sur le principe, la phase de déguerpissement suscite une profonde inquiétude quant à son coût économique et humain pour les ménages impactés.

Pour encadrer ce chantier, l’Agence Nationale de l’Urbanisme, du Cadastre et des Travaux Topographiques (ANUTTC) a arrêté un calendrier structuré en trois phases successives, débutant du quartier Lac Bleu jusqu'au Carrefour Poubelle de DibaDiba pour la première phase, se poursuivant de DibaDiba jusqu'à Ondogo lors de la deuxième phase, avant d'aborder la troisième et dernière phase qui s'étendra d'Ondogo au Carrefour GP pour s'achever à l’échangeur de Nzeng-Ayong.

Cependant, l’emprise effective a dépassé la bande initiale de 80 mètres, englobant des parcelles supplémentaires destinées aux parkings et espaces commerciaux du site.

C'est dans ce contexte de vive contestation qu'une consultation publique décisive s'est tenue le 24 août 2026 au ministère des Eaux et Forêts. Lors de ce dialogue direct entre les autorités et les populations impactées, le décalage entre les directives administratives et les démolitions effectives a été vivement dénoncé. Sur le plan microéconomique, le déguerpissement brutal représente une perte directe de capital fixe pour les familles évincées, dans un marché foncier urbain caractérisé par la cherté des parcelles et la rareté des logements accessibles.

Riveraine, madame Ndong, a porté les inquiétudes de la communauté sur le flou des délimitations et l'insuffisance des seules indemnités financières : « Entre ce qui est dit ici et la réalité sur le terrain, ce sont deux choses différentes. J'ai entendu parler de 80 mètres, mais nous sommes au-delà, peut-être 200 mètres. Nos maisons ont été fichées (...), ils cassent simplement partout où s’est numéroté. Est-ce que les agents de l'ANUTTC vont revenir sur le terrain pour bien délimiter les 80 mètres ? »

Autre préoccupation : la remise de liquidités sans réallocation foncière directe qui expose très souvent les foyers à l'érosion rapide de leur capital dans le marché locatif. « Même quand vous remettez de l'argent, les gens ne savent plus ce qu'il faut faire. Ce que vous allez donner va finir dans l'allocation. Le Gabonais n'attend pas l'État, nous-mêmes on se débrouille (...). Ce que nous voulons, ce sont des terrains ! Si vous devez donner de l'argent, accompagnez cela avec des terrains », a précisé Mme Ndong.

Une inquiétude partagée par d'autres voix du quartier, qui dénoncent l’impact psychologique et financier immédiat à la veille de la rentrée des classes : « Imaginez une maman qui a fait un AVC... Dites-moi comment elle pourra s'offrir une parcelle à 2 millions ? Les enfants dont les parents vont être cassés vont se retrouver dans la rue. On ne refuse pas le progrès, mais on accompagne ! », a déploré une riveraine.

Face à ces détresses socio-économiques exprimées au cours de la concertation, la gouverneure de la province de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, a rappelé l'impératif d'attractivité du Grand Libreville tout en réaffirmant l'engagement de l'État : « C’est le prix à payer collectivement pour que notre pays puisse se développer. Mais l’État (...) met un point d’honneur à accompagner dans la dignité ces populations et ces familles qui seront dédommagées conformément à la réglementation en vigueur », a-t-elle rassuré.

L'évaluation s'appuiera sur les surfaces au sol, la typologie des matériaux (dur ou planche) et la qualité du bâti, couvrant la totalité du bien si la concession devient inhabitable. Des réunions de suivi au gouvernorat et un accompagnement des cas sociaux ont été arrêtés pour examiner les contestations sur le métrage, la valeur des biens enregistrés et atténuer l'onde de choc économique.

Posez une question à l'auteur

Une précision à demander, un point à éclaircir, un avis contraire à faire valoir ? Estelle BENGA AMVANE vous répond directement, et sa réponse vous attendra dans votre espace.