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ONU au Gabon : 10,4 milliards de FCFA mobilisés en 2025, où va l’argent du développement ?

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ONU au Gabon : 10,4 milliards de FCFA mobilisés en 2025, où va l’argent du développement ?

Derrière les 10,4 milliards de FCFA mobilisés par les Nations Unies au Gabon en 2025, une question dépasse celle du montant : quel rendement économique pour ces financements ? Dans un pays qui cherche à accélérer sa diversification et à attirer davantage d’investissements privés, l’enjeu n’est plus seulement de financer des programmes, mais de mesurer leur capacité à créer des emplois, renforcer les entreprises et faire émerger des filières productives.

En 2025, le système des Nations Unies a mobilisé 18,5 millions de dollars, soit environ 10,42 milliards de FCFA, pour accompagner les priorités de développement du Gabon. L’enveloppe progresse d’environ 4 % par rapport à 2024. Mais sa répartition révèle une priorité encore largement orientée vers les secteurs sociaux.

Santé, éducation : les premières destinations des financements

La santé et le bien-être concentrent 30 % des financements, devant l’éducation avec 25 %. La lutte contre le changement climatique représente 12,4 % des ressources selon la ventilation par Objectifs de développement durable, tandis que les interventions liées à la vie terrestre pèsent 7,4 %.

À l’inverse, l’objectif consacré au travail décent et à la croissance économique ne représente que 3,4 % des financements selon cette classification.

Une lecture qui mérite toutefois d’être nuancée. Ces 3,4 % ne constituent pas la totalité de l’impact économique des programmes de l’ONU. Investir dans la santé, l’éducation, la protection sociale ou les compétences revient également à renforcer le capital humain, l’un des principaux déterminants de la productivité à long terme.

Reste une interrogation : dans quelle mesure les financements du développement contribuent-ils directement à élargir la base productive de l’économie gabonaise ?

Des entrepreneurs aux filières agricoles, le virage productif s’amorce

Les données du rapport montrent que l’intervention des Nations Unies ne se limite pas aux secteurs sociaux. En 2025, les programmes ont notamment accompagné la formalisation de 3 822 entrepreneurs du secteur informel, avec l’objectif d’améliorer leur accès aux services financiers.

L’appui s’est également étendu aux services financiers numériques, à l’entrepreneuriat, à l’employabilité des jeunes et à l’autonomisation économique des femmes.

Dans les secteurs productifs, 138 acteurs de l’aquaculture ont bénéficié d’un accompagnement destiné à améliorer la productivité et la rentabilité de leurs exploitations. Dans l’agriculture, 369 producteurs ont été formés aux techniques de multiplication rapide du matériel végétal, tandis que 40 hectares de cultures vivrières ont été mis en production.

Le soutien aux chaînes de valeur constitue également un axe émergent. Un partenariat avec le Fonds IBSA a ainsi permis de mobiliser environ 1 million de dollars pour un programme consacré à la filière manioc dans plusieurs provinces.

Autre signal : les Nations Unies cherchent davantage à travailler avec le secteur privé. Une mission de cadrage avec les acteurs économiques et financiers doit permettre d’identifier des leviers d’investissement à impact et de mieux orienter les partenariats vers la création de valeur durable.

Le prochain indicateur sera le rendement économique

C’est ici que se situe désormais le véritable enjeu. Pour les partenaires au développement comme pour les autorités gabonaises, le montant mobilisé ne suffit plus à mesurer l’efficacité d’un programme. Combien d’entreprises ont été créées ? Combien ont survécu ? Combien d’emplois ont été générés ? Quel chiffre d’affaires supplémentaire pour les bénéficiaires ? Combien d’entrepreneurs formalisés ont effectivement obtenu un crédit bancaire ?

Ces indicateurs permettraient de passer d’une logique de dépenses à une logique de rendement du financement du développement.

Cette exigence est d’autant plus forte que le Gabon cherche à réduire sa dépendance aux matières premières et à développer de nouvelles sources de croissance. Dans ce contexte, les financements internationaux peuvent jouer un rôle de catalyseur : leur efficacité se mesure aussi à leur capacité à attirer des capitaux privés, structurer des chaînes de valeur et rendre certaines activités suffisamment rentables pour devenir autonomes.

Avec 10,42 milliards de FCFA mobilisés en 2025, la question n’est donc plus seulement de savoir où va l’argent de l’ONU. Elle est désormais de savoir ce qu’il laisse derrière lui.

Des compétences renforcées, des entreprises formalisées et des producteurs accompagnés constituent des résultats importants. Mais le véritable test sera leur capacité à se traduire, dans la durée, par davantage d’emplois, de revenus, d’investissements et de valeur ajoutée locale.

Pour le Gabon, le défi est clair : transformer progressivement le financement du développement en capital productif, capable de soutenir la diversification économique bien au-delà de la durée des programmes.



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