Owendo Container Terminal (OCT) poursuit la modernisation de son terminal à conteneurs avec de nouveaux équipements destinés à renforcer ses capacités opérationnelles. Au-delà de la performance du port, l’enjeu est économique : améliorer la fluidité de la chaîne logistique et accompagner la croissance des échanges du Gabon.
Le port d’Owendo veut franchir un nouveau cap. Owendo Container Terminal (OCT), concessionnaire du terminal à conteneurs du Port d’Owendo, a présenté le 6 août à Libreville ses nouveaux équipements et les avancées de son programme de modernisation. La visite institutionnelle a réuni l’Autorité Portuaire, les administrations partenaires, les acteurs du transport et de la logistique ainsi que des représentants des usagers du terminal.
Derrière cette modernisation, l’objectif affiché est de renforcer la capacité du terminal à absorber les échanges commerciaux du pays. OCT indique que les nouvelles machines s’inscrivent dans un plan d’investissement destiné à améliorer les capacités opérationnelles et la productivité du terminal.
Pour une économie comme celle du Gabon, où une part importante des marchandises transite par les infrastructures portuaires, la performance du terminal constitue un maillon déterminant de la chaîne logistique. La modernisation des équipements peut permettre d’améliorer les opérations portuaires et de répondre aux exigences croissantes du commerce international.
La compétitivité ne se joue pas seulement à quai
L’enjeu dépasse toutefois les seules performances techniques du terminal. La compétitivité portuaire dépend de l’ensemble de la chaîne logistique : transport, procédures, acheminement des marchandises et coordination entre les différents intervenants.
C’est précisément dans cette perspective que les investissements réalisés par OCT prennent leur importance. Un terminal plus performant peut contribuer à fluidifier les opérations et à renforcer l’attractivité de la place portuaire. Le directeur général de l’Office des Ports et Rades du Gabon, Martin Boguikouma, estime ainsi que la modernisation des infrastructures et des équipements constitue un levier essentiel pour répondre aux exigences du commerce international et renforcer l’attractivité de la place portuaire gabonaise.
Pour autant, le communiqué ne fournit pas d’éléments permettant de mesurer précisément les gains attendus en matière de productivité, de réduction des délais ou de baisse des coûts logistiques. Ces indicateurs seront essentiels pour apprécier, dans la durée, l’impact économique réel du programme de modernisation.
L’autre pari : les compétences locales
OCT présente également sa modernisation comme un investissement dans le capital humain. L’entreprise indique que la montée en puissance des infrastructures s’accompagne d’actions en matière de recrutement, de formation et d’alternance. L’objectif est de permettre aux collaborateurs gabonais de maîtriser les technologies et les équipements utilisés dans le secteur portuaire.
Cette dimension constitue un enjeu important. La modernisation d’un terminal ne repose pas uniquement sur l’acquisition de machines. Elle suppose également de disposer de personnels capables de les exploiter, de les maintenir et d’adapter les méthodes de travail aux nouveaux standards de performance et de sécurité.
Selon les données communiquées par OCT, l’entreprise emploie plus de 300 Gabonais et sa politique de sous-traitance génère près d’un millier d’emplois indirects. Elle mène également des actions en faveur des populations locales, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’environnement.
Un investissement à mesurer dans la durée
La modernisation d’OCT intervient alors que le Gabon cherche à renforcer la compétitivité de son économie et à diversifier ses activités. Dans cette stratégie, les infrastructures portuaires occupent une place particulière : elles doivent permettre aux entreprises d’importer leurs intrants, d’exporter leur production et de réduire les contraintes qui pèsent sur les échanges.
Mais l’efficacité d’un investissement portuaire ne se mesure pas uniquement au nombre de nouveaux équipements installés. Elle se vérifie également dans la capacité du terminal à améliorer les délais, la fiabilité des opérations et la qualité du service rendu aux opérateurs économiques.
Le programme présenté par OCT constitue donc une étape supplémentaire dans la transformation du terminal d’Owendo. Reste désormais à mesurer ses effets concrets sur la chaîne logistique gabonaise.
Car au-delà de la modernisation des quais et des équipements, la véritable question est celle de la compétitivité globale : le port d’Owendo parviendra-t-il à transformer ces investissements en gains de productivité suffisamment importants pour améliorer durablement la position du Gabon dans les échanges régionaux et internationaux ?