ST DIGITAL inaugurera prochainement à Nkok un datacenter certifié Tier III, financé à hauteur de 8 milliards de FCFA par un fonds souverain africain. L'infrastructure vise à héberger localement des données aujourd'hui stockées à plus de 95 % hors du continent. Pour le Gabon, l'enjeu dépasse la technique : il s'agit de reconquérir le contrôle de ses ressources numériques stratégiques.
Faits et chiffres avérés
Lors d'une conférence de presse tenue à Libreville ce lundi, ST DIGITAL a présenté les contours de son datacenter national, dont l'ouverture officielle à la zone économique spéciale de Nkok est imminente. L'investissement s'élève à 8 milliards de FCFA, mobilisés auprès d'un fonds souverain africain. L'infrastructure répond aux standards Tier III — un niveau de certification qui garantit une redondance des équipements critiques et une disponibilité des services supérieure à 99,9 %.
Déjà présent au Cameroun, en Côte d'Ivoire, au Togo, au Bénin et au Congo, le groupe ST DIGITAL étend ainsi son réseau d'infrastructures numériques à l'Afrique centrale francophone. La phase de construction a mobilisé environ 200 emplois indirects, faisant intervenir des entreprises locales du bâtiment, des télécommunications et de l'énergie.
Projections et déclarations d'acteurs
ST DIGITAL prévoit la création de 25 emplois directs au cours des deux prochaines années, dans les domaines de l'informatique, de la cybersécurité et de la maintenance. Ces projections restent soumises à la montée en charge effective de l'infrastructure et au niveau d'adoption des services par les acteurs publics et privés gabonais.
Pour Jean-François Ahanda, dirigeant du groupe, ce datacenter pourrait constituer un catalyseur d'investissements étrangers et favoriser l'émergence d'un écosystème numérique local. Ces perspectives relèvent pour l'heure de projections stratégiques : aucun indicateur de demande précontractuelle n'a été rendu public lors de la conférence de presse.
Souveraineté numérique : un enjeu régional
L’argument central porté par ST DIGITAL est celui de la souveraineté. Lorsque les données des administrations, des banques ou des opérateurs de santé transitent par des serveurs étrangers, les États concernés subissent une dépendance technologique qui se double d’une vulnérabilité juridique, les législations applicables étant celles des pays d’hébergement.
En se dotant d'une infrastructure certifiée Tier III, le Gabon se positionne comme un potentiel hub numérique sous-régional. Reste à concrétiser cette ambition par une politique publique de localisation des données, un cadre réglementaire que les autorités du pays n'ont pas encore formalisé à ce stade.