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Faux Cuisin'Or : la plainte d'Olam peut-elle révéler l'ampleur d'un marché parallèle de l'huile alimentaire au Gabon ?

Faux Cuisin'Or : la plainte d'Olam peut-elle révéler l'ampleur d'un marché parallèle de l'huile alimentaire au Gabon ?

Quelques jours après le démantèlement d'un atelier clandestin de reconditionnement d'huile alimentaire à Libreville, Olam Palm Gabon a choisi la voie judiciaire. L'entreprise a déposé une plainte afin que les autorités déterminent précisément les circonstances de cette affaire.

Interrogé par Les Échos de l'Éco, Christophe Eyi, directeur général d'Olam Palm Gabon, refuse toute conclusion prématurée. « À ce jour, rien ne permet d'affirmer qu'il s'agit de produits contrefaits, ni d'évaluer un quelconque volume ou un nombre de consommateurs concernés. Ce sont précisément ces éléments que les autorités compétentes sont chargées d'établir dans le cadre de leur enquête », déclare-t-il. Selon lui, il est également impossible, à ce stade, d'estimer les volumes potentiellement concernés ou le nombre de consommateurs qui auraient pu être exposés.

« Notre priorité est de coopérer pleinement avec les autorités afin que les faits soient établis avec rigueur », ajoute le dirigeant. 

Cette position traduit la volonté de l'entreprise de ne pas interférer avec les investigations en cours, tout en laissant à la justice et aux services compétents le soin d'établir les responsabilités éventuelles.

Traçabilité, sécurité et protection de la marque

Face aux interrogations suscitées par cette affaire, Olam insiste sur les dispositifs déjà en place pour sécuriser ses produits. « Les produits Cuisin'Or disposent déjà de plusieurs niveaux de sécurité et de traçabilité », affirme Christophe Eyi.

Selon l'entreprise, chaque emballage comporte des éléments d'authentification, des dispositifs d'inviolabilité ainsi que les dates de production et de péremption. Les produits sont distribués via un réseau officiel connu des autorités.

Olam indique également travailler de manière permanente avec la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ainsi qu'avec l'Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) pour assurer le suivi de ses produits.

L'entreprise précise qu'elle analysera les conclusions de l'enquête avant d'éventuellement renforcer son dispositif. « Nous analyserons les conclusions de l'enquête et prendrons, si nécessaire, toute mesure complémentaire permettant de renforcer encore davantage la protection des consommateurs », assure son directeur général.

Une affaire aux enjeux économiques majeurs

Au-delà de l'aspect judiciaire, cette affaire intervient dans un secteur stratégique pour le Gabon. Olam Palm Gabon, coentreprise avec l'État gabonais, est aujourd'hui le principal producteur d'huile de palme du pays et le plus grand producteur africain d'huile de palme certifiée RSPO. L'entreprise exploite plusieurs plantations industrielles et poursuit le développement de sa filière intégrée, des plantations jusqu'au raffinage.

En revanche, il n'existe pas de données publiques récentes permettant de mesurer précisément la consommation d'huile de palme par les ménages gabonais. Les statistiques disponibles portent essentiellement sur la production et les échanges commerciaux plutôt que sur les habitudes de consommation.

Si les investigations confirmaient l'existence d'un circuit parallèle, les conséquences dépasseraient la seule atteinte à une marque. Une telle fraude pourrait fragiliser la confiance des consommateurs, créer une concurrence déloyale envers les entreprises respectant les normes sanitaires et fiscales, et priver l'État de recettes. Elle rappellerait également que la traçabilité constitue un maillon essentiel de la sécurité alimentaire.

À ce stade, aucune autorité n'a établi la nature exacte des huiles saisies ni démontré un risque sanitaire avéré. Les analyses techniques et l'enquête judiciaire devront déterminer l'origine des produits, leur éventuelle circulation sur le marché et les responsabilités de chacun. Plus qu'un litige commercial, cette affaire interroge désormais l'efficacité des dispositifs de contrôle, la lutte contre l'économie informelle et la protection des consommateurs.

 

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