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Insertion économique : la stratégie des micro-activités portée par le 2e arrondissement

Insertion économique : la stratégie des micro-activités portée par le 2e arrondissement

Avec parfois seulement 5 000 à 20 000 FCFA de capital de départ, plus de 400 jeunes et femmes ont appris, en cinq jours, à créer une activité génératrice de revenus. Derrière cette initiative portée par la mairie du 2e arrondissement de Libreville et le Centre de formation des entrepreneurs du Gabon (CFEG) se dessine une approche pragmatique de l'insertion économique, fondée sur les micro-entreprises plutôt que sur l'attente d'un emploi salarié.

Dans un contexte urbain marqué par l’informalité et le sous-emploi des jeunes et des femmes, l’initiation aux micro-activités répond à une logique économique pragmatique : minimiser le risque financier tout en maximisant la rotation du capital. 

Pendant cinq jours, plus de 400 participants se sont succédés, à la Mairie du 2e arrondissement de Libreville, pour apprendre des savoir-faire pratiques et immédiatement rentables dans des activités précises, notamment la coiffure homme et femme, la pâtisserie, la sandwicherie, l’onglerie ou encore la fabrication de savon liquide. 

Comme l’explique Jessie Metoule Mengonga, spécialiste des AGR et fondateur du CFEG, le choix de ces disciplines repose sur leur accessibilité financière.  “ Nous avons fait le choix par rapport aux montant, en prenant d’abord les activités que les gens pouvaient réaliser avec des budgets assez réduits, avec en moyenne 20 000 FCFA, sinon, c’est à partir de 5000 Fcfa “, a-t-il confié, assurant que ce modèle offre une vélocité financière remarquable, le retour sur investissement pouvant dépasser les 200% dès le premier cycle de production de 5 jours, permettant une réinjection immédiate de trésorerie.  

Les ateliers ont été structurés en trois étapes clés, à savoir l’approvisionnement des matières premières, la pratique de fabrication et l’apprentissage des secrets de gestion (épargne, tontines), indispensables à la pérennisation de l’activité. 

L’entrepreneuriat, une science qui exige formation et méthode

Loin d’être un simple palliatif à l’attente d’un poste, l’entrepreneuriat est défendu par l’édile et les formateurs comme la voie privilégiée vers la liberté financière. “Nous voulons amener ces personnes à s’autonomiser économiquement”, a assuré le Maire du 2e arrondissement, Richard Obiang Ava, précisant que “cela ne sert à rien d’attendre la fonction publique ou les grandes entreprises. C’est vraiment pour qu’ils se prennent en charge. Chacun peut, à travers ces formations, ouvrir sa petite activité génératrice de revenus devant sa porte.  “

Jessie Metoule Mengonga insisté sur le fait que l’importance de la formation, en tant que condition sine qua non de la crédibilité et du succès. Un micro-entrepreneur doit être capable de tenir un cahier de caisse rudimentaire et de rationaliser son approvisionnement, consolider sa solvabilité.  “On ne peut pas entreprendre sans être formé. On ne peut pas devenir comptable sans formation. C’est pourquoi nous avons jugé nécessaire d’amener ces jeunes à comprendre que la formation est la clé de la réussite”, a-t-il dit, tout en rappelant que le processus se fait par étapes : d’abord assurer sa subsistance quotidienne, puis constituer une épargne grâce à des mécanismes comme les tontines, pour enfin pouvoir réinvestir et développer son projet. 

Accompagnement institutionnel et externalités positives

Côté puissance publique, l’enjeu réside dans la formalisation progressive du tissu économique local et l’atténuation des frictions fiscales. Consciente des défis liés à l’occupation de l’espace public et à la pression administrative sur les petites activités, la municipalité entend jouer un rôle de facilitateur.  “Nous nous mettrons autour de ces derniers pour les accompagner dans l’établissement de ces documents juridiques, mais aussi dans l’accomplissement matériel pour qu’ils puissent débuter leurs activités”, a rassuré le Maire. 

En intégrant des populations marginalisées, notamment la communauté des sourds-muets, cette initiative génère également des externalités sociales positives telles que la réinsertion par le travail, la baisse de la dépendance envers les transferts sociaux et la dynamisation du commerce de quartier. Un modèle de micro-incubation de proximité qui prouve que la relance économique locale commence au niveau de la rue. 

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