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Escroquerie foncière : l’illusion d’uniforme qui ébranle la confiance économique

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Escroquerie foncière : l’illusion d’uniforme qui ébranle la confiance économique

L’interpellation récente d’un individu par la Direction Générale des Recherches (DGR) lève le voile sur un réseau d’escroquerie immobilière particulièrement élaboré. Le suspect, se prévalant alternativement des titres de gendarme et de policier, exploitait la stature d’autorité attachée aux forces de l'ordre pour mettre en confiance des acquéreurs en quête de parcelles. Son mode opératoire, rodé et méthodique, reposait sur la publication de fausses annonces de vente de biens immobiliers sur les réseaux sociaux.

Le présumé escroc usurpait l'identité de propriétaires légitimes et délivrait des récépissés contrefaits, tout en exigeant le versement d'acomptes via le service Airtel Money. Une fois les fonds encaissés, le schéma s'achevait par l'interruption brutale des communications et la destruction des cartes SIM utilisées. Selon Gabon Télévision, plus de 400 plaintes ont déjà été enregistrées par les services compétents, illustrant l’ampleur du préjudice financier et humain.

Ce fait divers met en lumière les fragilités structurelles qui traversent le marché immobilier gabonais. Le premier enseignement économique réside dans la persistance d'une asymétrie d'information critique sur le marché foncier. La complexité d'accès aux vérifications cadastrales en temps réel pousse de nombreux ménages solvables à contourner les circuits institutionnels formels pour se tourner vers des transactions de gré à gré, particulièrement exposées au risque de fraude. L’escroc n’a pas seulement vendu de l'illusion ; il a exploité le déficit structurel d'offre foncière sécurisée face à une forte pression démographique urbaine.

Selon les données judiciaires récentes, le contentieux lié au foncier et à l'immobilier représente près de 60 % des affaires civiles traitées par la justice gabonaise. La massification constatée au cours de la période 2025–2026 traduit le passage d'une criminalité artisanale à des réseaux informels structurés à grande échelle.

Sur le plan financier, l'essor des paiements via les plateformes de Mobile Money souligne l'urgence d'une régulation plus stricte du déploiement des puces prépayées. Si la finance digitale constitue un vecteur essentiel d'inclusion économique au Gabon, l'utilisation récurrente de comptes non traçables ou ouverts sous des identités usurpées pour siphonner l'épargne domestique affaiblit la confiance globale dans les systèmes de paiement électroniques.

L’impact économique de cette affaire s'étend à la destruction nette de valeur pour l'économie réelle. Les sommes détournées auprès de plus de 400 ménages représentent autant de capitaux privés soustraits à l’investissement productif ou à la construction légitime. De plus, la multiplication de ces contentieux engendre une charge opérationnelle lourde pour les services de sécurité et le système judiciaire.

Au Parlement, cette hausse des fausses cessions et litiges s’impose comme un dossier capital. En juin 2026, députés et sénateurs ont ratifié l'ordonnance fixant le régime de la propriété foncière au Gabon afin d'assainir le cadre réglementaire et de protéger les acquéreurs.

Pour assainir durablement le secteur, l'accélération de la digitalisation du registre foncier national par l'Agence Nationale de l'Urbanisme, des Travaux Topographiques et du Cadastre (ANUTTC) et le renforcement des exigences de vérification des clients par les opérateurs de téléphonie mobile s'imposent comme des réformes prioritaires. La sécurisation des transactions foncières demeure la condition sine qua non pour restaurer la confiance des investisseurs et protéger l'épargne des ménages gabonais.

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