C’est une première historique pour la finance africaine. Ce lundi 6 juillet, le Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba de Libreville a abrité la signature d’une convention de coopération tripartite inédite entre trois régulateurs majeurs du continent : la COSUMAF, l’AMF/UMOA et la CIMA. Placé sous le haut parrainage du ministre gabonais de l’Économie, Thierry Minko, l’accord pose les jalons d’un axe financier interconnecté couvrant au total quatorze États africains.
L’évolution parallèle des marchés de capitaux et du secteur des assurances des zones de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Ouest limitait jusqu'ici les synergies réglementaires. L’objectif de ce nouveau cadre permanent est de briser les silos pour valoriser le potentiel d’épargne locale et de la diaspora, un réservoir important mais encore peu orienté vers l’investissement productif.
« L’Afrique centrale et de l’Ouest ne manque pas d’épargne, elle manque de canaux pour la transformer en investissement productif (…) La présente convention relie l’épargne assurancielle à l’investissement boursier, elle relie l’Afrique centrale à l’Afrique de l’Ouest, elle relie le régulateur à la croissance », a soutenu Jacqueline Adiaba-Nkembé, présidente de la Cosumaf.
La signature de cette convention entre la COSUMAF, l’AMF/UMOA et la CIMA offre une base juridique durable à cette collaboration, au bénéfice direct des marchés et des investisseurs. Elle organise désormais le partage d’informations, l’assistance technique mutuelle et la convergence des pratiques de supervision.
Pour le Secrétaire général de la CIMA, Eric Rochereau Bouaghu, c’est un pas de géant qui brise définitivement « les cloisonnements géographiques pour faire éclore un écosystème financier intégré, robuste et interconnecté, au service du développement économique de nos États membres. »
Les assurances au secours des infrastructures
En marge de la signature, experts, décideurs et chefs d’entreprises étaient réunis pour un atelier régional placé sous le thème : « Mobiliser l’épargne au service de l’économie réelle ». Les débats, structurés autour de deux panels de haut niveau, ont mis en lumière les leviers concrets de cette alliance.
Le premier panel a exploré comment les marchés de capitaux peuvent relayer des budgets publics limités pour financer les infrastructures de la CEMAC, via la titrisation ou les partenariats public-privé. Le second a mis en exergue le rôle crucial des compagnies d’assurance, collectrices par excellence d’une épargne de long terme indispensable pour alimenter les projets structurants du continent.
En abritant cet événement historique, Libreville s’impose définitivement comme le pôle de référence du dialogue financier et du développement des marchés de capitaux en Afrique subsaharienne.