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Ciel gabonais : ce que cache la nouvelle redevance sur les vols internationaux

Ciel gabonais : ce que cache la nouvelle redevance sur les vols internationaux

Au Gabon, le tollé suscité par la nouvelle contribution appliquée aux voyageurs internationaux n'a pas laissé les autorités indifférentes. Le ministre des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, est monté au créneau pour justifier l'introduction de cette nouvelle redevance et rassurer les opérateurs économiques sur la compétitivité du hub de Libreville.

Une pilule difficile à avaler pour les voyageurs d'affaires et les compagnies aériennes desservant le Gabon. L'annonce de l'introduction d'une nouvelle taxe sur les vols internationaux a immédiatement fait grincer des dents dans le milieu économique, où l'on redoute une perte d'attractivité du ciel gabonais. Pour atténuer la tension, le ministre d'État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a publié un communiqué clarifiant les fondements de cette décision.

Sanctuariser le marché domestique

Le membre du gouvernement a tenu à tracer une ligne rouge, face à la réalité du pouvoir d'achat. Le marché domestique est totalement sanctuarisé : les vols intérieurs sont donc exemptés de cette taxe. Ce qui représente une bouffée d'oxygène pour la connectivité nationale et le tourisme local. Toutefois, pour les liaisons internationales, la taxe s'ajoute à la hausse récente des redevances de sûreté aéroportuaire.

Pour éviter une asphyxie tarifaire qui pénaliserait le tourisme d'affaires, le gouvernement annonce l'ouverture d'un chantier d'envergure visant à réguler le coût du transport aérien. Un groupe de travail interministériel a été mis en place pour auditer et supprimer les taxes de transport obsolètes ou redondantes. Pour Libreville, l'enjeu est de moderniser sa sécurité aérienne sans fragiliser sa dynamique économique.

Cette tension entre modernisation sécuritaire et compétitivité tarifaire n'est pas propre au discours gouvernemental : elle traverse aussi le secteur privé. Fly Gabon, la jeune compagnie nationale, a ainsi publiquement fait part de ses inquiétudes, plaidant qu'il est crucial de « ne pas l'asphyxier au sol sous le poids des taxes ». Autre élément à surveiller : selon la presse locale, la mesure devrait encore être validée par l'IATA (Association du transport aérien international), qui n'a pas encore rendu son avis à ce stade.

Le prix de la sécurité numérique

D'un montant d'environ 18 000 FCFA par trajet, soit 36 000 FCFA pour un aller-retour, cette contribution s'applique désormais à tous les passagers franchissant les frontières aériennes du pays, au départ comme à l'arrivée. Les autorités précisent qu'il ne s'agit pas d'une simple taxe fiscale.

Instituée pour financer un saut technologique majeur, la nouvelle redevance découle d'un partenariat public-privé signé en mai 2026 avec la firme Securiport LLC pour le déploiement du système API-PNR (Advance Passenger Information / Passenger Name Record). Cet outil de traitement de données de masse permet d'analyser le profil des voyageurs avant même l'atterrissage. Une mise en conformité obligatoire avec les exigences de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) pour lutter contre la criminalité transnationale et le terrorisme.

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