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Le téléphone, nouvelle “banque” du Gabon : la marche vers l’inclusion financière

Le téléphone, nouvelle “banque” du Gabon : la marche vers l’inclusion financière

Il y a dix ans, gérer son argent au Gabon signifiait se rendre en agence bancaire. Aujourd’hui, le téléphone portable est devenu un outil financier quotidien. Paiements, transferts, factures : la finance mobile s’est installée au cœur des habitudes économiques du pays.

Cette transformation participe à l’inclusion financière, c’est-à-dire à l’accès à des services sécurisés. Selon la Banque mondiale, 55 % des adultes en Afrique subsaharienne disposent d’un compte financier, contre 20 % au début des années 2010. Au Gabon, si le taux de bancarisation plafonne à 30 %, le mobile sert de levier intermédiaire crucial.

Dans les marchés ou les taxis, les transactions électroniques se multiplient. Pour les commerçants, cela limite la manipulation d’espèces. À Mont-Bouët, Alain, commerçant, confirme : « Avant, les clients cherchaient toujours de la monnaie. Aujourd’hui, beaucoup paient directement avec leur téléphone. C’est plus rapide et parfois plus sûr. »

La Banque mondiale souligne que « la finance mobile réduit considérablement les barrières d’accès aux services financiers, notamment pour les populations éloignées des agences ». Le téléphone devient souvent le premier contact avec un outil financier formel.

Cependant, cette mutation représente un défi pour les autorités de la zone CEMAC. La BEAC rappelle régulièrement que ce développement doit s’accompagner d’un cadre réglementaire solide pour garantir la sécurité et la protection des utilisateurs. Car si les portefeuilles mobiles facilitent les échanges, ils ne remplacent pas encore les instruments d’épargne rémunérée.

Vers une véritable culture financière

L’enjeu actuel est de passer de la simple transaction à la fructification. « L’enjeu est désormais de transformer l’usage transactionnel du mobile en véritable inclusion financière », explique le financier Roger Emane. Il s’agit d’ouvrir l’accès au crédit, à l’assurance et à l’épargne structurée.

Pour les utilisateurs comme Carla W., cela demande un apprentissage : « Cela suppose aussi que nous devons apprendre une nouvelle forme de discipline financière. Apprendre à distinguer l’argent destiné aux dépenses quotidiennes de celui que l’on souhaite sécuriser, comprendre les frais associés… »

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