Pionnière, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) a ouvert la voie dès 1979 avec le Centre des Métiers Jean-Violas, à Owendo. Conçu pour pallier un déficit de compétences techniques, ce centre, aujourd’hui certifié par l’Académie de Paris, forme aux métiers de l’électricité, de la plomberie ou encore des réseaux, en lien avec le ministère de la Formation professionnelle.
Près d’un demi-siècle plus tard, il demeure un pilier de la formation technique au Gabon.
Dans la finance, BGFIBank a franchi un cap en 2008 avec la création de BGFI Business School (BBS). Classée parmi les cinq meilleures écoles de commerce africaines en 2022, elle forme des managers et banquiers aux standards du groupe. En témoignent les 134 diplômés des promotions 2020 et 2021, déjà insérés sur le marché du travail.
L’établissement développe également des certifications comme « Manager For Tomorrow », en partenariat avec HEC Paris, renforçant l’attractivité de ses profils.
Dans le Haut-Ogooué, l’École des Mines et de la Métallurgie de Moanda (E3MG), issue d’un partenariat entre l’État et Comilog (groupe Eramet), forme ingénieurs et techniciens en alternance aux métiers du manganèse. L’ambition est double : répondre aux besoins industriels immédiats et bâtir une filière durable, appelée à devenir un pôle d’excellence sous-régional.
Même logique dans le secteur pétrolier. À Port-Gentil, TotalEnergies Gabon développe, depuis 2014, des formations spécialisées axées sur la pratique, notamment dans la logistique ou la gestion des risques environnementaux.
Le programme « Jeunes gérants » illustre cette volonté d’ascension professionnelle interne, en transformant des pompistes en gestionnaires de stations.
De son côté, Africa Global Logistics a signé, en octobre 2025, un partenariat avec le Centre international multisectoriel de formation et d’enseignement professionnels (CIMFEP) de Nkok, afin de soutenir la formation technique dans les métiers de la logistique.
Sylvère Boussamba, président de l’ONG Ogooué Labs, qui porte notamment le programme École 241 dédié à la formation des jeunes Gabonais aux métiers du numérique, observe une évolution relevant d’une logique pragmatique : « Les entreprises ont des besoins en compétences et cherchent à s’assurer qu’à la fin de la formation, elles disposent de profils adaptés. »
Ces profils alimentent non seulement leurs propres besoins, mais aussi ceux de secteurs entiers.
Au-delà des compétences techniques, ces écoles-entreprises traduisent une évolution plus large des critères d’employabilité. « L’employabilité s’évalue autant sur la capacité à être rapidement opérationnel que sur l’aptitude à évoluer dans des environnements en transformation », insiste Kariane Leyinda, spécialiste RH, laquelle mentionne le rôle croissant des compétences comportementales : adaptabilité, collaboration, capacité d’apprentissage.
Ces écoles-entreprises ne constituent pas tant une rupture qu’un ajustement. Elles s’inscrivent également comme des modèles de formation continue, en accompagnant la montée en compétences des salariés tout au long de leur carrière.
Dans cette dynamique, plusieurs groupes n’hésitent pas à envoyer leurs employés à l’étranger afin de se former aux nouveaux métiers liés à leurs écosystèmes, renforçant ainsi le transfert de savoir-faire et l’alignement avec les standards internationaux.