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La Cosumaf livre les secrets d’une épargne réussie

La Cosumaf livre les secrets d’une épargne réussie

À l’occasion de la semaine de l’éducation financière 2026, la Cosumaf a réuni à Libreville régulateurs, banquiers, universitaires et épargnants. Au cœur des échanges : comment transformer une épargne fragile ou informelle en levier de développement économique ?

 

« Le cœur de cible de cette campagne, ce sont les enfants, les jeunes, les personnes vulnérables à qui il faut apprendre à gérer leur argent » a déclaré Jacqueline Adiaba,  présidente de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (Cosumaf), en ouverture des travaux. Dans un contexte de vie chère et de défiance envers les institutions, l’éducation financière apparaît comme un préalable indispensable. « L’épargne n’est plus un luxe, c’est une nécessité. Mais elle doit être orientée vers des instruments productifs », a-t-elle ajouté. En Afrique centrale, l’épargne reste majoritairement informelle, souvent logée dans des tontines.

Femmes : une épargne sous contraintes

Le premier panel, consacré à l’épargne des femmes, a mis en lumière des obstacles structurels. « Le principal frein n’est pas seulement le niveau de revenu, mais la pression des charges familiales et l’irrégularité des ressources », a souligné Catherine Teya, fondatrice de CAT Consulting. De nombreuses femmes arbitrent entre dépenses immédiates et épargne, souvent au détriment de cette dernière. Pourtant, même modeste, une épargne régulière peut constituer un puissant levier d’émancipation. « Avec de petits montants, mais sur la durée, les femmes peuvent sortir de la vulnérabilité financière », rappelle Franck Armand Makaya, enseignant-chercheur à l’université Omar Bongo.

Épargner ou investir : une frontière encore floue

Le deuxième panel a mis en évidence une confusion persistante entre épargne et investissement. « L’épargne protège, l’investissement fait croître le capital, mais il suppose une prise de risque maîtrisée », a résumé le banquier Olivier Matsanga. Dans un environnement incertain, la priorité reste l’épargne de précaution. Les femmes commerçantes font de petites épargnes journalières entre elles. Complexes, manque d’informations, faibles revenus : autant de facteurs qui limitent le passage à l’investissement productif. « Le défi, c’est de proposer des solutions simples, accessibles et adaptées à des revenus irréguliers », a reconnu la présidente de la Cosumaf.

Le défi de la culture financière

Le troisième panel a insisté sur un enjeu de long terme : l’éducation financière. « Comprendre l’épargne, le crédit ou l’investissement, c’est former des citoyens économiquement responsables », a expliqué Emmanuelle Obone, plaidant pour une intégration de ces notions dès le secondaire. Car le déficit de culture financière a des conséquences directes : faible bancarisation, méfiance envers les institutions et marginalisation des marchés financiers. « Entre les frais bancaires et la vie chère, épargner devient un défi quotidien », a confié une participante.

Transformer l’épargne en moteur de croissance

L’Afrique centrale fait face à un paradoxe : l’épargne existe, mais elle est peu mobilisée pour soutenir l’investissement productif. « Le véritable défi est de transformer une épargne de survie en épargne structurée », résume Franck Armand Makaya. Pour la Cosumaf, la pédagogie financière constitue une première étape, mais elle devra s’accompagner de réformes plus profondes : amélioration de l’offre bancaire, réduction des coûts, renforcement de la confiance.

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