SGEPP : MODERNISATION ET AMBITION, OUVERTURE D’UN NOUVEAU CHAPITRE
La SGEPP a été créée le 19 mai 1967 par les grandes sociétés pétrolières et l’État gabonais pour stocker les produits pétroliers et le gaz butane destinés au marché national. Son activité principale est le stockage, avec des dépôts à Owendo et Moanda. L’entreprise a connu des évolutions, notamment une transformation numérique et une volonté d’augmenter sa capacité de stockage. M. Yvon Tchicot en est le directeur général depuis le 4 octobre 2023. En juin 2024, les résultats nets étaient en progression de 105 % (414 millions de F CFA en 2023 pour 848 millions en 2025) pour un chiffre d’affaires en croissance de 13 %. Des chiffres qui traduisent la solidité du modèle économique de la SGEPP.
Monsieur Tchicot, depuis deux ans, les résultats de la SGEPP sont la preuve d’une gestion rigoureuse et exemplaire. Quels sont les leviers de croissance en interne que vous activez ?
Nous travaillons principalement sur deux sujets : le renforcement du capital humain, et la maîtrise des coûts et la discipline budgétaire.
Dans un contexte où le gouvernement veut sécuriser l’approvisionnement national en carburant, quels sont aujourd’hui la capacité réelle de stockage de la SGEPP et son niveau d’autonomie ?
À Owendo, concernant les produits blancs, notre capacité nominale est de 36 500 m3 et notre autonomie moyenne de 16 jours. Quant au GPL, notre capacité nominale est de 2 000 T/4 000 m3 et notre autonomie moyenne de 12 jours. À Moanda, en produits blancs, notre capacité nominale est de 12 500 m3 et notre autonomie moyenne de 35 jours.
La SGEPP est évoquée comme un élément central de la politique énergétique nationale. Quelles avancées avez-vous réalisées récemment en termes de logistique et de gestion numérique des stocks ?
Nous avons établi des permanences pour garantir l’approvisionnement en produits pétroliers pour les distributeurs et nous offrons également notre expertise aux tiers pour la construction d’installations techniques dédiées au stockage de produits pétroliers.
On parle de modernisation du dépôt d’Owendo et d’un meilleur maillage de l’intérieur du pays. Quelles sont les régions restant encore difficiles à approvisionner et quelles solutions envisagez-vous à court terme ?
Avant de répondre à la question posée, il est important de clarifier la position qu’occupe la SGEPP dans le schéma national de distribution des produits pétroliers. En effet, vous noterez 1) que par les installations de la SGEPP transitent actuellement 70 % des besoins du pays en produits blancs (essence sans plomb, pétrole lampant, jet A-1 et gasoil) et 90 % des besoins en gaz butane ; 2) qu’une croissance moyenne annuelle de plus de 5 % est observée sur les consommations nationales des produits blancs et du gaz butane ; 3) que les dépôts SGEPP permettent de desservir en produits blancs les provinces de l’Estuaire, du Haut-Ogooué et de l’Ogooué-Lolo, et en bouteilles de gaz butane, toutes les provinces de notre pays ; 4) que les marketeurs sont propriétaires des produits pétroliers entreposés dans les différents dépôts implantés sur le territoire national ; 5) que la distribution des produits pétroliers sur l’ensemble du territoire national est assurée par les marketeurs (Ola Energy Gabon, Vivo Energy Gabon, TotalEnergy Gabon, Petro Gabon et Gab’Oil), des dépôts jusqu’aux points de consommation ; 6) qu’il existe plusieurs voies d’approvisionnement des dépôts (maritime, fluviale, ferroviaire, routière) ; 7) que les marketeurs sont en contrat avec les transporteurs routiers (camions-citernes), fluviaux (barges) et ferroviaires (wagons-citernes) pour l’acheminement des produits des dépôts jusqu’aux points de consommation.
Au regard de ce qui précède, il est aisé de comprendre que selon les saisons, des difficultés sont rencontrées dans l’acheminement des produits jusqu’aux points de consommation, notamment par barges en saison sèche, au départ de Port-Gentil pour l’approvisionnement du dépôt Ola Energy de Ndjolé qui dessert le nord et le sud du pays en produits blancs, et par la route en période de saison des pluies, pour livrer tous les produits dans les différents points de consommation situés dans les zones les plus reculées du pays.
Pour permettre de fluidifier les approvisionnements en toutes saisons, les solutions envisagées sont d’une part la construction de nouveaux dépôts produits blancs et gaz butane à l’intérieur du pays, et d’autre part, d’accompagner l’État dans la mise en place de stocks de sécurité.
À cet effet, dans le cadre de la mise en œuvre de son programme de développement, la SGEPP 1) s’est récemment dotée d’un centre emplisseur de bouteilles de gaz butane à Port-Gentil pour satisfaire au mieux les besoins des populations de la province de l’Ogooué-Maritime et de ses environs ; 2) est en train de construire un centre emplisseur de bouteilles de gaz butane à Moanda pour stopper la pénurie de bouteilles de gaz endurée depuis plus de 15 ans par les populations du Haut-Ogooué, de l’Ogooué-Lolo et de l’Ogooué-Ivindo ; 3) est en train d’augmenter ses capacités de stockage pour sécuriser les approvisionnements et la distribution du gaz butane ; 4) prévoit, à très court terme, d’augmenter ses capacités de production (gaz butane et produits blancs) pour soutenir la forte croissance observée depuis plusieurs années, qui s’accentuera certainement avec le développement économique impulsé par les plus hautes autorités de notre pays ; 5) se tient disposée à accompagner l’État dans la mise en place de stocks de sécurité sur l’ensemble du territoire national.
Le Gabon souhaite réduire les pertes et fuites sur la chaîne pétrolière. Comment la SGEPP s’inscrit-elle dans cette exigence de transparence et de sécurité environnementale?
La SGEPP s’inscrit pleinement dans la volonté nationale de transparence et de sécurité environnementale à travers la modernisation de ses installations, la rigueur, la réduction des pertes de produits pétroliers et une politique HSE exigeante. La SGEPP a pour mission de réceptionner les produits pétroliers pour le compte des marketeurs, de les entreposer et de les mettre à leur disposition pour qu’ils en assurent la distribution sur le territoire national. Les opérations qui en découlent sont réalisées dans le respect des règles nationales et internationales en matière de gestion des stocks, de contrôle qualité, de sécurité et de protection environnementale, qui régissent notre profession.
La SGEPP, qui cumule plus de 55 ans d’expérience dans son secteur d’activité, attache du prix d’une part à la formation de son personnel pour maintenir son expertise au plus haut niveau et d’autre part au maintien et à la modernisation de ses installations de stockage et de remplissage.
Il est à noter que les activités de la SGEPP sont réalisées sous le contrôle de l’administration, notamment, des douanes gabonaises, de la Caistab et de l’Aganor pour les aspects financiers, quantitatifs et métrologiques, par la DGAPG et la DGEPN pour les aspects techniques, sécurité et environnementaux.
La SGEPP reste entièrement disposée à participer aux forums d’échanges qui seront mis en place par l’administration pour améliorer la transparence et la sécurité environnementale sur la chaîne pétrolière.
Quant au volet RSE, vos actions se remarquent. Vous avez soutenu des initiatives portées par des associations dans les domaines éducatif, culturel, sportif et social. Quels sont vos projets à moyen et long terme ?
Nous souhaitons désormais concentrer nos efforts sur des actions à fort impact économique et social, en particulier dans les provinces du Haut-Ogooué et de l’Ogooué-Maritime où nous sommes aussi implantés. L’objectif est de développer des initiatives durables capables de générer de l’emploi local, notamment pour les jeunes et les femmes, tout en renforçant les capacités des communautés.
À moyen terme, nous envisageons de soutenir des projets dans les domaines de la formation professionnelle, de l’entrepreneuriat local et de la valorisation des ressources naturelles, en lien avec nos activités. Nous voulons favoriser l’émergence de partenariats entre le secteur privé, les collectivités et la société civile pour créer un écosystème inclusif et pérenne.
À plus long terme, notre ambition est d’inscrire la RSE au cœur même de notre stratégie de croissance. Il s’agira d’intégrer pleinement les principes de développement durable dans nos pratiques, en alignement avec la politique sociale portée par le chef de l’État. Nous voulons ainsi contribuer concrètement à l’amélioration des conditions de vie des populations et au développement harmonieux du pays.

