GABON : LE PNCD, UN PARI À 10 000 MILLIARDS POUR UNE CROISSANCE INCLUSIVE ET DURABLE

Le Gabon s’engage dans une démarche ambitieuse avec le Plan National de Croissance et de Développement (PNCD), un projet phare de 10 000 milliards de francs CFA visant à transformer son économie. Ce programme met l’accent sur l’inclusion sociale et la durabilité environnementale, cherchant à améliorer le bien-être des Gabonais tout en préservant les richesses naturelles du pays. Grâce à des investissements stratégiques dans divers secteurs tels que l’agriculture, l’énergie et les infrastructures, le PNCD aspire à générer des emplois, à diversifier l’économie et à renforcer les capacités locales. Alors que le Gabon fait face à des défis économiques, ce projet représente une opportunité majeure pour redynamiser sa croissance et assurer un avenir prospère pour tous.

Gabon : vers une transformation économique prometteuse

En réponse à des besoins de financement annuels estimés à environ 775 mds de F  CFA, la Banque africaine de développement souligne que le Gabon se positionne stratégiquement pour stimuler son développement. Malgré une dépendance historique au pétrole et au manganèse, le pays présente de réelles perspectives de diversification économique pour répondre aux attentes d’une population en pleine croissance. Le rapport de cadrage macroéconomique pour la période 2026-2028 révèle que le Gabon continue de travailler à l’amélioration de sa croissance, actuellement à 2,9 %, tout en s’efforçant de renforcer sa situation budgétaire.

Dans ce cadre, le gouvernement a récemment lancé le Plan National de Croissance et de Développement  (PNCD 2026-2030), un projet ambitieux aux prévisions budgétaires de 10   000 mds de F  CFA. Ce plan représente une étape importante pour refondre le modèle économique gabonais et vise à transformer les défis actuels en opportunités de croissance inclusive et durable. Avec des initiatives ciblées, le Gabon est en route vers un avenir économique dynamique et résilient. Cette version du PNCD met l’accent sur les opportunités et les initiatives positives en cours, tout en reconnaissant les défis à relever.

Le Gabon en quête de transformation économique : un avenir prometteur se dessine

Avec des besoins de financement annuels estimés à environ 775 mds de F  CFA par la Banque africaine de développement, le Gabon se trouve face à une occasion unique d’évoluer. Bien que son économie soit encore largement dépendante du pétrole et du manganèse, le pays dispose d’un potentiel significatif pour diversifier ses sources de richesse et s’adapter à une démographie en croissance. Le récent document de cadrage macroéconomique pour la période 2026-2028 pointe une croissance actuelle de 2,9 %, un chiffre que le pays vise à dépasser afin d’atteindre ses ambitions nationales.

Malgré la persistance de certains défis, notamment les déficits de trésorerie, le Gabon a su faire preuve de résilience, avec des excédents budgétaires permettant une vision optimiste de l’avenir. C’est dans cette dynamique positive que le gouvernement a lancé récemment le PNCD qui ne se limite pas à un simple plan de relance, mais représente une véritable opportunité de redéfinir le modèle économique gabonais et de transformer le pays dans une croissance inclusive et durable. Grâce à cette vision audacieuse, le Gabon aspire à bâtir un avenir prospère et résilient pour tous ses citoyens.

Lors du Gabon Economic Forum 2025 du mois de juillet dernier, le ministre de l’Économie, Henri-Claude Oyima, a reconnu la nécessité d’une rupture en soulignant que «notre croissance économique stagne autour de 2,5  % en moyenne par an, significativement en dessous du taux de croissance de la population. Le modèle actuel est essoufflé et ne produit ni prospérité partagée ni souveraineté économique.» L’objectif affiché du PNCD est donc clairement de porter la croissance annuelle à 10  % d’ici 2030, contre environ 2,5  % actuellement. Cet objectif est loin d’être symbolique. En effet, la population croît de 2,7  % par an, exigeant davantage d’emplois, d’infrastructures et de services publics. Selon les estimations de la BAD, le Gabon doit mobiliser 2500 mds de F CFA chaque année en financements pour couvrir ses besoins en investissements structurants, un niveau rarement atteint dans l’histoire économique du pays.

Sept priorités stratégiques identifiées

Le PNCD articule ses ambitions autour de sept axes majeurs. Parmi ces axes, l’énergie et l’eau. Le gouvernement gabonais vise un accès universel d’ici 2030. Aujourd’hui, seuls 60  % des ménages urbains bénéficient d’un raccordement stable, contre moins de 30 % en zones rurales. Autre axe même ambition : l’éducation et la formation, avec réduction du taux d’abandon scolaire (actuellement 24  % au secondaire) et montée en compétences adaptées aux filières d’avenir. La santé n’est pas en reste, avec la modernisation des infrastructures hospitalières et le renforcement progressif de la couverture sanitaire universelle. De même, le logement, avec la construction de dizaines de milliers d’unités pour répondre à une demande urbaine croissante portée par un exode rural constant  ; les infrastructures, avec plus de 1500 km de routes à réhabiliter ou à construire, notamment dans le sud du pays  ; l’industrialisation, avec en ligne de mire la transformation locale accrue du bois et du manganèse afin de réduire les exportations brutes qui constituent encore 97  % des ventes extérieures   ; et l’agriculture, avec un potentiel de 5 millions d’hectares cultivables, sont autant de piliers de ce PNCD. Ces axes visent non seulement à diversifier l’économie, mais aussi à réduire les inégalités sociales et régionales en intégrant les zones rurales dans la dynamique nationale.

Le financement : principal défi d’un plan ambitieux

Le financement du PNCD est sans doute son principal défi. Sur les 10    000 mds de F  CFA nécessaires, l’État compte mobiliser 40  % de ce montant par le biais de ses partenaires internationaux (Banque mondiale, BAD, AFD, UE, Chine, etc.), 30  % grâce au secteur privé par des partenariats public-privé et 30  % par ses ressources internes, notamment une réforme fiscale et une lutte accrue contre la corruption et l’évasion fiscale, ce qui suppose une discipline budgétaire stricte et un recours mieux calibré à l’endettement. Comme l’a souligné Monsieur Oyima durant le Gabon Economic Forum : «nous devons renforcer durablement la capacité de l’État à mobiliser des financements, à nouer des partenariats durables et à engager des réformes. Cette trajectoire repose sur un facteur clé : la crédibilité de sa signature.»

Un plan d’une telle ampleur comporte certes un risque non négligeable, où la puissance publique, en mobilisant massivement les financements, pourrait étouffer les initiatives privées, mais le gouvernement entend bien éviter ce piège. Les zones économiques spéciales (ZES), déjà expérimentées à Nkok et Ikolo, devraient servir de relais pour attirer l’investissement direct étranger tout en renforçant les PME locales, l’objectif étant de passer de 18 % de valeur ajoutée manufacturière en 2024 à plus de 30  % en 2030. Si le pari est tenu, les effets multiplicateurs seront considérables et dépasseront largement les attentes. Selon les projections du cadrage macroéconomique, une croissance de 10  % permettra de créer plus de 200   000 emplois sur cinq ans. L’amélioration des infrastructures réduira les coûts logistiques (aujourd’hui estimés à 15  % du PIB), libérant des marges de compétitivité pour les entreprises locales. Le PNCD prévoit aussi la régularisation de 50   000 titres fonciers, un levier puissant pour sécuriser l’investissement agricole et réduire les conflits liés à la terre.

La discipline budgétaire comme facteur clé

Même si l’expérience passée plaide pour la prudence, l’ambition est affirmée. D’ailleurs, pour éviter de transformer le PNCD en un nouveau mirage, le gouvernement entend s’appuyer sur un conseil présidentiel de performance chargé du suivi-évaluation permanent et sur un compte unique du Trésor garantissant la transparence des flux financiers. À ce titre, Monsieur Oyima souligne  : «Chaque retard dans le paiement d’un fournisseur, chaque contrat non respecté, chaque dérive dans la gestion d’une entreprise publique pèse lourdement sur notre image, sur notre capacité à attirer les investissements et à négocier des conditions de financement soutenables». L’équation reste difficile, mais pas impossible. Le Gabon dispose d’un capital naturel exceptionnel, avec des forêts couvrant 88  % du territoire, un potentiel hydroélectrique important, des richesses minières qui, bien valorisées, constitueront un levier unique en Afrique centrale. La BAD estime que la transition verte et la valorisation des crédits carbone pourraient générer jusqu’à 300 mds de F  CFA par an de revenus additionnels. Le PNCD est un pari audacieux certes, mais nécessaire. Il cristallise à la fois les espoirs d’un renouveau économique et les défis d’une gestion rigoureuse. Si le gouvernement mobilise les financements et implique le secteur privé, le Gabon entrera réellement dans une nouvelle ère.

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