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Transgabonais : le pari ferroviaire qui doit sécuriser l'avenir minier du Gabon

Transgabonais : le pari ferroviaire qui doit sécuriser l'avenir minier du Gabon

Reçu le mardi 13 juillet au Palais de la présidence de la République par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, le directeur général de la Setrag Christian Magni, a dressé un bilan d'étape de la modernisation de l'unique voie ferrée du pays — un chantier dont dépend la compétitivité minière du Gabon.

Le Gabon n'a qu'un seul chemin de fer, et tout, ou presque, en dépend. Mis en chantier dans les années 1970 sous Omar Bongo, ouvert par tronçons jusqu'en 1986 et concédé depuis 2005 pour trente ans à la Setrag, filiale du groupe minier Eramet, le Transgabonais relie sur 648 kilomètres le port d'Owendo à Franceville. Il achemine le manganèse de Moanda, du bois et diverses marchandises, et affiche une capacité maximale de 29 millions de tonnes par an sur sa voie unique — contre environ 9 millions aujourd'hui, selon les données de la SETRAG, publiées en début d’année.

Mais la ligne, mise en service il y a près de cinquante ans, souffre d'un vieillissement qui a multiplié les déraillements ces dernières années (Abanga-Ndjolé en mai 2025, un autre en août), avec à chaque fois des interruptions coûteuses pour les opérateurs miniers et les exportateurs.

Deux phases, deux enveloppes

Depuis 2021, l'État et la Setrag ont déjà renouvelé 424 kilomètres de voie avec des traverses en béton et remplacé 180 kilomètres de rails, a indiqué le DG Christian Magni, avec un mois d'avance sur le calendrier. L'usine de Booué a produit près de 700 000 traverses sur un objectif de 1,1 million. La deuxième phase, désormais financée à hauteur de 133,2 milliards de FCFA (115 milliards de prêt AFD, 20 milliards de subvention UE, validés en Conseil des ministres le 30 avril 2026), portera sur 270 kilomètres supplémentaires de rails et traverses, sur six ans jusqu'en 2031, avec pour objectif de porter le fret à 21 millions de tonnes par an dès 2029.

Un enjeu qui dépasse le manganèse

Cette modernisation conditionne l'activité d'Eramet-Comilog, mais l'enjeu ferroviaire gabonais ne s'arrête pas au Transgabonais. Pour exploiter le fer de Belinga, porté par Fortescue via Ivindo Iron, le Gabon prévoit la construction d'un chemin de fer entièrement distinct, reliant le gisement au futur complexe portuaire de Kobé Kobé sur environ 535 kilomètres — une infrastructure séparée de la ligne Owendo-Franceville, et non un prolongement de celle-ci. Le ministre des Mines Sosthène Nguema Nguema,  évalue à 15 000 milliards de FCFA l'ensemble des besoins d'investissement des projets miniers structurants du pays, Baniaka compris. Le chantier de modernisation du Transgabonais a par ailleurs des retombées locales concrètes, avec des emplois créés autour de l'usine de traverses de Booué et le recours à des entreprises de travaux publics gabonaises.

À titre de comparaison, la ligne mauritanienne Zouérate-Nouadhibou achemine 13 à 16 millions de tonnes de fer par an, la Sishen-Saldanha sud-africaine près de 60 millions, et le futur corridor guinéen de Simandou vise 120 millions de tonnes. L'ambition gabonaise de 21 millions de tonnes d'ici 2029 relève donc d'un rattrapage nécessaire plutôt que d'un saut d'échelle, mais jugé incontournable pour accompagner l'arrivée du fer.

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