Le Gabon accélère sa transition hors pétrole, et c’est par le bitume que passe cette transformation. La réception de 43 nouveaux engins lourds à Owendo, le 14 juillet 2026, marque le coup d’envoi d’une offensive logistique et économique d’envergure nationale.
Le ballet des bulldozers et des excavatrices sur le port d’Owendo n’est pas qu’une simple parade technique. C’est le signal d’une offensive économique d’envergure. En inspectant une nouvelle cargaison de 43 engins lourds neufs, sur une flotte globale projetée à plus de 550 machines, le ministre des travaux publics et de la Construction, Edgard Moukoumbi concrétise l’un des volets majeurs du Plan national de développement.
L’opérateur ivoirien Schiba – Holding injecte 80 milliards de FCFA dans le déploiement de 550 engins, permettant d’aménager 530 km d’axes routiers stratégiques ; Bifoun-Lambaréné, Makokou -Okondja, Lébamba – Yéno et Yéno – Mimongo – Koulamoutou. Les 43 engins fraîchement débarqués s’ajoutent aux 107 machines déjà opérationnelles sur les chantiers. Cette flotte de 150 engins est entièrement déployée sur ces axes stratégiques.
Pour maintenir la cadence, les autorités assurent que les 50 milliards de FCFA restants de l’enveloppe globale ont déjà servi à acquérir 400 machines supplémentaires, actuellement en cours d’acheminement.
Désenclaver pour libérer le potentiel hors-pétrole
L’absence d’infrastructures reliant les provinces de l’hinterland a longtemps condamné le pays à une mono-industrie extractive, empêchant toute velléité de diversification de ses activités. En sécurisant 530 kilomètres de routes, les autorités gabonaises ambitionnent de s’attaquer directement aux verrous qui brident les secteurs clés tels que l’agro- logistique, la compétitivité industrielle et la résorption du chômage.
Au-delà des infrastructures, le projet s’affirme comme un puissant levier social avec la création attendue de 3000 emplois directs et 7000 emplois indirects. Un véritable boost pour l’économie des communautés locales le long des tracés.
Pour un économiste spécialiste de la sous-région, les difficultés de transport en saison de pluies peuvent représenter jusqu’à 40% de la valeur d’une marchandise en raison des ruptures de charge. La modernisation de ces liaisons routières équivaut à injecter une productivité immédiate dans le secteur privé. L’État s’offre ainsi une opportunité historique de valoriser les capacités productives de son arrière- pays.
En plaçant l’année sous le sceau de la performance et de la rigueur, le ministère des Travaux publics s’engage dans une course contre la montre. Edgard Moukoumbi a d’ailleurs annoncé le démarrage imminent d’une tournée d’inspection nationale pour s’assurer que chaque machine reçue se traduise, sur le terrain, par des mètres de bitume supplémentaires.