PARTENARIATS STRATÉGIQUES : LA DIPLOMATIE DES COOPÉRATIONS BILATÉRALES AU GABON

À l’heure où le Gabon s’efforce de diversifier son économie et d’augmenter son influence sur la scène internationale, le dialogue avec ses partenaires stratégiques s’avère plus crucial que jamais. Les relations bilatérales transcendent désormais les simples échanges commerciaux pour inclure des transferts de savoir-faire, de technologies innovantes, et des initiatives visant à former les compétences locales. Des bourses étudiantes aux investissements dans des secteurs clés en passant par le développement d’infrastructures et d’initiatives d’industrialisation, la coopération s’étend également aux domaines culturel et scientifique. À l’occasion de la rentrée de septembre, qui marque le lancement de projets ambitieux et de budgets prévisionnels pour l’année à venir, nous avons décidé de donner la parole à des diplomates en poste au Gabon. À travers ces interviews, ils partagent leur vision des coopérations bilatérales et nous éclairent sur les enjeux et perspectives qui se dessinent à l’horizon.

M. Shuji Noguchi Ambassadeur du Japon au Gabon

Excellence, comment qualifiez-vous les relations nippo-gabonaises?

Les relations entre le Japon et le Gabon se sont développées au fil des décennies sur la base d’une amitié sincère et d’une confiance mutuelle. Depuis l’ouverture de l’ambassade en 1972, nos deux pays ont entretenu un dialogue politique soutenu. Dans le contexte du «coup de Libération» en 2023, le Japon a continué à soutenir le Gabon dans son processus de transition démocratique. Le gouvernement japonais a également envoyé un émissaire spécial du Premier ministre japonais à la cérémonie d’investiture du président de la Ve République, Monsieur Oligui Nguema, soulignant ainsi notre engagement continu envers le Gabon.

Quels sont les principaux domaines d’assistance et d’investissement japonais au Gabon?

Depuis ma prise de fonction en tant qu’ambassadeur au Gabon en juillet 2020, le Japon a concentré son aide sur des secteurs clés qui soutiennent les fondements de la société gabonaise. Nous avons mis en œuvre de nombreux projets, notamment 14 microprojets dans le domaine de l’éducation et 6 dans le secteur de la santé, contribuant ainsi à la réhabilitation des écoles et à l’amélioration des équipements des centres de santé, pour un montant de 940 millions de F CFA.

Le Japon concentre également son assistance sur la gouvernance et la sécurité. Par exemple, nous avons soutenu avec le PNUD un projet d’environ 2 millions de dollars pour consolider la démocratie et le système judiciaire. Ce projet a ainsi contribué à assurer la transparence du référendum constitutionnel et de l’élection présidentielle, et à aménager les infrastructures et la digitalisation de la Justice gabonaise. Nous avons également collaboré avec l’ONUDC à hauteur de 1 million de dollars pour lutter contre la piraterie et la pêche illégale dans le golfe de Guinée. Dans le domaine de la santé, notre partenariat avec l’Unicef a permis de financer un projet de prévention de la diphtérie pour 450000 dollars, en plus de notre contribution de 3 millions de dollars pour la construction de la chaîne de froid. 

De 2020 à 2025, un total de 28 volontaires de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) a été actif au Gabon, apportant un soutien quotidien dans les domaines de l’éducation, de l’agriculture et de la santé, etc. La JICA mène également un projet dans le domaine de la santé maternelle et infantile, promouvant l’usage généralisé du carnet de santé mère-enfant. Grâce au soutien de la première dame, Mme Zita Oligui Nguema, cet outil se répand progressivement à l’échelle nationale, contribuant significativement à la santé des mères et des enfants. Enfin, nous travaillons sur un projet de promotion de l’écotourisme durable dans les parcs nationaux, visant à préserver la biodiversité tout en soutenant le développement économique local. 

Le Japon est réputé pour sa haute technologie et son industrie. Comment votre pays accompagne-t-il le Gabon dans ses priorités de développement, en particulier dans ces domaines?

Le Japon appuie les priorités de développement du Gabon en améliorant l’environnement des affaires et en encourageant l’investissement japonais. À cet égard, un expert japonais a été dépêché auprès de l’ANPI (Agence nationale de promotion des investissements) pour améliorer l’environnement des affaires et encourager l’investissement japonais. Il a facilité l’entrée de la société japonaise AML Holdings, qui s’intéresse aux ressources en manganèse du Gabon. AML Holdings a engagé des discussions sérieuses avec le gouvernement gabonais, et l’ANPI soutient ces efforts pour renforcer la coopération dans les secteurs économiques stratégiques. 

De nouveaux projets économiques ou technologiques sont-ils prévus dans le cadre de notre coopération?

Lors de la TICAD 9, le Premier ministre japonais, M. Ishiba, a souligné l’importance de «la cocréation de solutions aux problèmes auxquels l’Afrique est confrontée» et a préconisé la croissance économique de l’Afrique en tirant parti des technologies de pointe japonaises. Dans ce cadre, l’Association africaine pour l’économie et le développement du Japon et le gouvernement gabonais ont récemment signé un protocole d’accord (MOU), initié par l’expert japonais dépêché auprès de l’ANPI, portant sur des domaines tels que les ressources naturelles, la pêche, la transformation du bois et le développement urbain.

Depuis de nombreuses années, le Japon mène au Gabon des recherches sur la faune sauvage, en particulier sur l’éléphant de forêt et le gorille. À l’exposition universelle d’Osaka-Kansai 2025, les chercheurs japonais ont présenté la biodiversité exceptionnelle du Gabon et ses efforts de préservation. Nous espérons dans ce contexte que de nouveaux projets se réalisent pour renforcer des relations économiques entre nos deux pays.

Rencontrez-vous des freins pour aboutir à des échanges commerciaux?

Bien que le Gabon présente des défis pour les entreprises japonaises, tels que la distance géographique et la langue française, je suis convaincu qu’elles entreront l’une après l’autre et qu’elles enrichiront le marché gabonais. Nous comptons sur les efforts du gouvernement pour l’établissement de la démocratie et de l’État de droit, l’amélioration de la gouvernance, la lutte contre la corruption et l’élargissement des partenariats avec des investisseurs étrangers. Le Japon est prêt à soutenir ces efforts pour renforcer nos échanges commerciaux.

Où en sera le partenariat Gabon-Japon à l’horizon 2030?

En regardant vers 2030, nous entrevoyons un partenariat nippo-gabonais renforcé. Le nouveau bâtiment de l’ambassade du Japon, dont l’achèvement est prévu pour 2026, sera un symbole fort de notre engagement. Nous espérons que, sous le mandat du président Oligui Nguema, le Gabon continuera à progresser sur le plan social et économique tout en consolidant la démocratie. Ces cinq dernières années, j’ai eu l’occasion d’écouter directement les besoins des populations et d’adapter notre soutien, ce qui a enrichi mon expérience en tant qu’ambassadeur dans un contexte bilatéral, multilatéral africain et humanitaire. Je quitterai mes fonctions en octobre prochain, mais je demeure optimiste quant à l’avenir du Gabon et à la solidité de nos liens. Le Japon souhaite croître aux côtés de l’Afrique, en partageant son expérience pour bâtir un avenir de prospérité et de stabilité.

M. Zhou Ping Ambassadeur de la République populaire de Chine au Gabon

L’histoire de la coopération sino-gabonaise a commencé le 20 avril 1974 avec l’établissement des relations diplomatiques. Depuis cette date, la Chine mène au Gabon une activité intense tant sur le plan économique que commercial. L’empire du Milieu est en effet le plus grand partenaire du Gabon et contribue largement au développement socioéconomique du pays avec, notamment, une vingtaine d’entreprises financées, installées dans la zone d’investissement spécial de Nkok. Celles-ci agissent dans le secteur de la transformation du bois, de la création d’industries innovantes, telles que le recyclage ou la construction de zones économiques spéciales et de parcs industriels, des secteurs à fort potentiel générant des opportunités d’emploi et dynamisant les activités économiques locales. En 2022, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays a atteint 4,55 mds de dollars, au profit d’une croissance commerciale mutuellement bénéfique.

Excellence, comment résumeriez-vous l’évolution des relations sino-gabonaises ces dix dernières années?

L’amitié traditionnelle entre la Chine et le Gabon s’est renforcée au fil des années et les relations bilatérales se sont constamment améliorées. En 2018, les deux pays ont signé un protocole d’accord pour coopérer dans le cadre de l’initiative «La Ceinture et la Route». En 2023, ils ont élevé leurs relations au statut de partenariat stratégique de coopération globale. L’année suivante, le sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (Focac) s’est déroulé avec succès. Lors de cet événement, le président chinois Xi Jinping a rencontré le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et ils sont parvenus à un consensus important, traçant ainsi la voie pour le développement de leur partenariat. En juin de cette année, la Réunion ministérielle des coordinateurs pour le suivi des actions du Focac s’est tenue avec succès à Changsha, dans la province du Hunan, en Chine. 

Le ministre gabonais de la Planification et de la Prospective, Madame Louise Mvono, conduisait une délégation importante lors de cet événement. La Chine et le Gabon s’emploient activement à mettre en œuvre les résultats du Focac, favorisant ainsi la stabilité et le développement de leurs relations bilatérales.

Quels sont les projets infrastructurels majeurs financés ou soutenus par la Chine au Gabon actuellement?

Dans le cadre du Focac, la coopération pragmatique entre la Chine et le Gabon a progressé efficacement et régulièrement, aboutissant à plusieurs résultats bénéfiques pour les deux peuples.

Dans le secteur énergétique, le barrage hydroélectrique Grand Poubara, construit sur le fleuve Ogooué par une entreprise chinoise, continue de fournir au Gabon une énergie propre. 

Des bâtiments emblématiques, tels que le palais Léon Mba (siège de l’Assemblée nationale), le palais Omar Bongo Ondimba (siège du Sénat) et la maison Georges Rawiri (siège de la Radiodiffusion-Télévision gabonaise), ont également été érigés par des entreprises chinoises le long du boulevard Triomphal. Par ailleurs, le projet de réhabilitation du siège du Sénat progresse rapidement et devrait être achevé l’année prochaine. Cette année, la Chine et le Gabon ont signé un accord d’échange de lettres concernant l’étude de faisabilité de deux projets : un bâtiment polyvalent pour le ministère des Affaires étrangères du Gabon et un hôpital à Oyem, tous deux financés par des dons du gouvernement chinois. Actuellement, une équipe chargée de l’étude de faisabilité est sur le terrain à Libreville pour réaliser les travaux préparatoires. À Kango, les travaux d’aménagement du terrain pour le projet de la Base des techniques de vulgarisation agricole (BVTA) avancent également. Ce projet, bénéficiant d’une aide chinoise, devrait accueillir prochainement une équipe d’inspection chinoise pour sa conception. De plus, des entreprises chinoises jouent un rôle majeur dans le développement du réseau routier gabonais. 

La route Port–Gentil–Omboué, qui traverse des forêts et relie plusieurs villes, comprend un pont pittoresque sur le fleuve Ogooué, le troisième pont le plus long d’Afrique, qui est devenu un site incontournable. Les projets des routes Oyem–Assok–Medzeng et Ovan–Makokou sont également en bonne voie et devraient améliorer significativement la vie économique et sociale des populations locales. Enfin, en matière de bien-être public, des entreprises chinoises participent au projet Piaepal, qui vise à fournir de l’eau potable aux habitants de Libreville.

Comment la Chine accompagne-t-elle le Gabon dans sa stratégie de diversification économique?

La Chine et le Gabon présentent de fortes complémentarités économiques et la Chine a toujours soutenu la stratégie de diversification économique du Gabon. À l’avenir, la Chine s’engage à approfondir sa coopération avec le Gabon dans plusieurs domaines, notamment l’intégration des chaînes industrielles et d’approvisionnement, la modernisation de l’agriculture et de l’élevage, le développement des énergies renouvelables ainsi que la promotion de l’économie numérique. Cela se fera dans le cadre de la mise en œuvre des résultats du Focac.

Quelles perspectives pour le commerce bilatéral, notamment en matière de ressources naturelles et de produits manufacturés?

En juin dernier, dans une lettre de félicitations adressée à la Réunion ministérielle des coordinateurs sur la mise en œuvre des actions de suivi du Focac, le président chinois Xi Jinping a annoncé que la Chine était prête à négocier et à signer un accord de partenariat économique Chine-Afrique pour le développement partagé. Cet accord vise à mettre en place un traitement tarifaire nul sur 100 % des lignes tarifaires pour 53 pays africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine. Je suis convaincu que la mise en œuvre de cette initiative stimulera considérablement les exportations des produits gabonais vers la Chine.

Contrairement à certains pays qui recourent aux droits de douane pour instaurer un protectionnisme commercial unilatéral, la Chine s’engage à s’ouvrir davantage au monde et à défendre le libre-échange international. Elle croit fermement que la mondialisation économique est une voie inévitable pour le progrès de l’humanité. La Chine et le Gabon ont toujours été des partenaires commerciaux importants et les deux parties continueront d’accélérer la mise en œuvre des résultats du Focac tout en favorisant le développement de leur coopération commerciale.

La Chine est un partenaire clé dans le transfert de technologies. Quels projets dans ce domaine concernent le Gabon?

Comme le dit le proverbe chinois : «Si vous donnez un poisson à quelqu’un, il mange un jour; mais si vous lui apprenez à pêcher, il mange tous les jours». Le transfert de technologies est une condition essentielle à la modernisation. Riche en ressources naturelles, le Gabon nécessite un soutien technique accru pour maximiser la valorisation de ses matières premières. Il peut compter sur notre soutien. Je suis ravi de constater que de nombreuses entreprises chinoises investissent au Gabon, en particulier dans le secteur du bois où elles commencent à développer des activités locales de transformation. Je suis convaincu que, à mesure que davantage d’entreprises chinoises s’investiront au Gabon dans des domaines tels que l’infrastructure, l’énergie, les télécommunications et l’agriculture, la coopération en matière de transfert de technologies continuera de croître. De plus, la Chine forme chaque année des centaines de Gabonais dans divers secteurs tels que l’agriculture, le tourisme, le journalisme, le sport, l’aviation, l’hydroélectricité, la sécurité des réseaux, la valorisation du bambou et la protection du patrimoine culturel. Ces initiatives enrichissent encore davantage la coopération sino-gabonaise.

Quelle est la balance commerciale entre nos deux pays?

Les relations commerciales entre la Chine et le Gabon sont solides et étroitement établies. La Chine demeure le premier partenaire commercial du Gabon depuis 11 années consécutives. 

De plus, le Gabon a toujours maintenu un excédent commercial avec la Chine, les échanges bilatéraux ayant atteint 3,64 mds de dollars en 2024. En juillet dernier, la Chine et le Gabon ont organisé conjointement la Foire des produits Chine-Gabon à Libreville, un événement qui a contribué au développement de la coopération économique et commerciale entre les deux pays.

À long terme, quelles sont les priorités de la Chine dans son partenariat stratégique avec le Gabon?

Le 1er septembre, le président chinois Xi Jinping a proposé l’Initiative pour la gouvernance mondiale, appelant les pays à collaborer pour instaurer un système de gouvernance mondiale plus juste et équitable. Cette initiative constitue une avancée majeure de la part de la Chine, après l’Initiative pour le développement mondial, l’Initiative pour la sécurité mondiale et l’Initiative pour la civilisation mondiale.

La partie chinoise est prête à travailler avec le Gabon, guidée par le consensus important atteint entre les deux chefs d’État, afin d’approfondir le partenariat stratégique de coopération globale. Cela inclut l’exploitation des complémentarités économiques et le potentiel de coopération des deux parties dans le cadre des quatre initiatives et du Focac. Nos deux pays s’engagent à collaborer pour encourager la mise en œuvre des résultats du Focac, avancer ensemble vers la modernisation et construire une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique pour cette nouvelle ère.

M. Miguel Griesbach de Pereira Franco Ambassadeur du Brésil au Gabon

Excellence, comment décriez-vous l’évolution des relations diplomatiques et commerciales entre le Brésil et le Gabon?

Permettez-moi un petit historique avant de répondre à cette question. Le Brésil et le Gabon ont établi des relations diplomatiques à la fin des années 1960. L’ambassade du Brésil à Libreville, seul pays d’Amérique latine présent dans cette capitale, a été créée en 1974, deux ans après la visite du chancelier Mário Gibson Barboza dans le pays (1972) lors de sa «tournée africaine». L’ambassade du Gabon à Brasilia, quant à elle, est la seule représentation diplomatique gabonaise en Amérique latine.

L’Agence brésilienne de coopération (ABC), rattachée au ministère brésilien des Affaires étrangères (MRE), est le canal par lequel le Brésil contribuera à la transformation agricole et industrielle du Gabon. Dans un premier temps, sur la base des informations fournies par le gouvernement gabonais, nous nous concentrons sur le développement de l’élevage et de la culture du manioc.

Une des particularités de la coopération technique brésilienne réside dans son approche consistant à partager des politiques et des programmes développés, perfectionnés et appliqués au Brésil. Grâce à leur coût relativement modique, ces initiatives peuvent être mises en œuvre à grande échelle dans d’autres nations. Cela inclut notamment le programme de banques de lait maternel, le Programme national d’alimentation scolaire (PNAE), le projet de construction de citernes en milieu semi-aride ainsi que le modèle de formation professionnelle et technique. Lors de l’événement, un groupe de travail a également été constitué pour promouvoir le développement des banques de lait maternel dans la région panamazonienne, un territoire clé pour la COP30. Les conclusions de ce groupe seront présentées lors de la 30e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30) en novembre, où le Brésil mettra en avant les banques de lait maternel en tant que politique intégrée de santé publique et de développement durable.

En préparation de la COP30, le travail dynamique du groupe «Unis pour nos forêts», allié à l’engagement du Brésil et du Gabon en faveur d’une utilisation durable des forêts conformément au deuxième objectif de la Convention sur la diversité biologique, ouvre la voie à des initiatives bilatérales que nous analyserons dans les prochains jours avec des représentants du ministère des Eaux et Forêts.

Conformément au Plan stratégique des Nations Unies pour les forêts 2017-2030, concernant notamment les paiements pour services écosystémiques fournis par les forêts tropicales sur pied, le Brésil et le Gabon devraient unir leurs forces pour promouvoir la réglementation du Fonds pour des forêts tropicales durables (TFFF).

Ces deux dernières années, les relations bilatérales ont été dynamisées par l’augmentation des ventes de pétrole du Gabon au Brésil et par le projet de développement de la filière bovine entre la Société agropastorale gabonaise (Agropag) et les institutions Mário Franco.

Quelles opportunités le Gabon offre-t-il aujourd’hui aux entreprises brésiliennes?

Des opportunités sont identifiées dans la filière cacao-café consécutivement à la décision du président Brice Clotaire Oligui Nguema de réformer l’économie nationale. Nous avons déjà visité l’ancien site de culture et d’exploitation de cacao et de café «Grand Minkong», situé dans le village d’Abam-Andock, à 24 kilomètres d’Oyem (canton de Woleu).

L’agriculture, l’énergie et la formation sont souvent citées comme des axes de coopération. Où en sommes-nous concrètement?

L’agriculture offre des opportunités dans le cadre de l’Initiative contre la faim et la pauvreté lancée par le Brésil en novembre 2024. Des opportunités ont été identifiées pour l’approvisionnement en semences de maïs. Le manioc présente également un potentiel de développement important dans le cadre du partenariat avec l’Inde, l’Afrique du Sud et le PNUD visant à promouvoir le développement de cette culture dans les provinces de l’Estuaire, du Haut-Ogooué et de la Ngounié.

Comment le Brésil peut-il contribuer à la transformation agricole et industrielle du Gabon?

Notre coopération en sciences agricoles a permis de former 21 agronomes gabonais qualifiés pour travailler à la ferme d’État de Nyanga, dans la province de la Ngounié. Cette installation, qui a accueilli du bétail importé du Brésil et cultivera également du maïs et du soja, comprendra la construction d’un laboratoire d’insémination et de logements pour l’équipe technique.

Quels échanges culturels et universitaires renforcent nos liens bilatéraux?

La coopération éducative occupe une place importante dans les relations bilatérales et s’appuie sur trois programmes : le PEC-G (Programme de convention pour étudiants de premier cycle); le PEC-PG (Programme de convention pour étudiants de deuxième et troisième cycles); et le PEPME (Programme de formation professionnelle maritime pour étrangers) en place depuis 1983. Le gouvernement local a salué cette coopération, soulignant que la grande majorité des diplômés gabonais au Brésil occupent des postes importants dans les secteurs public et privé, ouvrant ainsi d’importants canaux de contact qui facilitent la promotion de nos intérêts au Gabon. Cette année, nous avons reçu 54 candidatures pour le Programme de conventions étudiantes 2026 qui offrira des opportunités aux étudiants gabonais dans les universités brésiliennes. 

La liste préliminaire des candidats sélectionnés pour étudier le portugais au Brésil sera publiée la dernière semaine d’octobre.

Nous avons célébré la Journée de la langue portugaise le 6 mai à l’université Omar Bongo qui a déjà accepté de participer aux célébrations de 2026. Un autre partenariat qui a renforcé l’intérêt pour le portugais est celui que nous avons noué avec l’institut hispano-lusophone, dirigé par la sénatrice Véronique Okome-Beka, qui a également joué un rôle déterminant dans la participation de l’université Omar Bongo.

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