fbk lkn
Édito Actualité Économie Diplomatie Entreprenariat Tribune Dossier Interview
Interview TRANSPORT URBAIN : UN DÉFI DE TOUS LES JOURS

La mise en service de Trans’Urb ainsi que la nomination de Joël Lehman Sandoungout en tant que directeur général sont effectives depuis le conseil des ministres du 31 janvier 2020. La fonction première de Trans’Urb consiste à transporter les populations en assurant une couverture d’au moins quatre zones : Ntoum, Owendo, Libreville et Akanda. En avril 2020, dans le cadre de la lutte contre la covid-19, une série de mesures d’aide massive ont été mises en œuvre, dont la gratuité pour tous les usagers dans les transports terrestres. Nous pensions que la levée des mesures sanitaires entraînerait l’annulation de la gratuité des transports. Cependant, le 13 mars, contre toute attente, le ministre des Transports Brice Constant Paillat a annoncé le maintien de la gratuité des transports du public urbain, et ce jusqu’à nouvel ordre. Ceci nous a conduits à poser quelques questions à Monsieur Joël Lehman Sandoungout.

Échos de l’Éco : Monsieur le Directeur général, le transport urbain est un défi connu et difficile à maîtriser dans toutes les capitales. Le succès de Trans’Urb ne s’est pas fait attendre et a fait couler beaucoup d’encre. À n’en pas douter, la gratuité de ces transports devra cesser. Comment vous préparez-vous à cette inversion ?

Comme dans toutes les villes à travers le monde, la mobilité urbaine des populations reste un défi et un enjeu majeur de tous les instants. Perpétuer cette gratuité est donc une des charges qui repose entièrement sur les deniers publics. En conséquence, le moment venu, nous reviendrons à la normalité. Après avoir assuré le lancement de la société dans le contexte sanitaire que nous connaissons, Trans’Urb prépare la suite, notamment la phase stratégique de la fin de la gratuité et le passage au paiement des titres de transport dans les bus. Cette phase, dite commerciale, aura pour objectif d’assurer une autonomie financière de la société à plus ou moins long terme, mais saura tenir compte des instructions du Gouvernement et de la pression des populations qui, nous le comprenons, ne seront que peu enclines à payer leur ticket alors que ce dernier a été gratuit pendant plus de 2 ans.

Combien le parc de Trans’Urb compte-t-il de véhicules ?

Le parc de Trans’Urb se compose de 210 bus d’une capacité de près de 50 places pour les grands gabarits et de 30 places pour les plus petits.

Est-ce suffisant selon vous ?

Au vu de l’engouement et de la très forte fréquentation des populations qui empruntent gratuitement nos bus au quotidien soit une moyenne de 50 000 passagers transportés par jour , nous constatons que ce parc doit être renforcé. Des études sont en cours à cet effet. L’objectif est de répondre à la demande des populations en proposant des capacités d’accueil suffisantes, notamment au sein des grandes artères de la ville.

Quel est le nombre de chauffeurs travaillant pour Trans’Urb et comment sont-ils formés ?

Fin décembre 2021, nous comptions quelques 310 chauffeurs. Comme pour toute entreprise, le recrutement se fait sur la base d’une candidature classique, avec pour éléments primordiaux le permis C, D et/ou E, et de l’expérience dans le transport urbain, en particulier sur le type de bus que nous possédons. Après examen et contrôle des documents légaux fournis, les chauffeurs sont soumis à des tests et des mises en situations réelles sur les bus. De plus, des équipes de surveillance et de sécurité sont chargées de contrôler le respect des procédures de conduite lors de la mise sur route des bus. Les bus, quant à eux, sont équipés de système de GPS et de caméras pour une meilleure sécurité non seulement du chauffeur, mais également des passagers. Enfin, des séances de sensibilisation sur la sécurité au volant et des formations sur l’accueil des usagers sont dispensées régulièrement.

Depuis le début des activités, savez-vous (environ) combien de personnes vous avez transportées ?

En cumulé, fin décembre 2021, nous avions transporté 17 710 238 passagers. Ce chiffre tendant à se maintenir, voire à augmenter sur l’année 2022.

Quelle évolution envisagez-vous ?

Bien que conditionnés actuellement par la gratuité du transport et, par conséquent, l’impossibilité de générer un chiffre d’affaires sur les activités de la société, de nombreux projets d’évolution sont à l’étude et en cours de préparation. Ainsi, pour répondre aux besoins actuels et futurs de transport urbain des populations, Trans’Urb prévoit, comme indiqué plus haut, le renforcement de son parc de bus, le développement de son offre de produits et de services, l’augmentation de ses ateliers de maintenance, le recrutement stratégique de collaborateurs aux profils spécifiques sur les différents corps de métiers pour, in fine, offrir aux populations une société de transport urbaine, moderne et sécurisée.

Quels sont les problèmes que vous rencontrez ?

Les problèmes rencontrés par notre société sont identiques, à quelques détails près, à toute société qui ne totalise pas encore trois ans d’activités. Rappelons ici que la société a été lancée dans un contexte de gratuité pour la population du Grand Libreville, sans exclusion, et qu’elle doit donc faire face à des difficultés opérationnelles de fonctionnement, notamment les lenteurs administratives liées à la mise à disposition de la subvention à laquelle le Gouvernement s’était engagé. En effet, l’absence de subvention conséquente a pour impacts directs l’impossibilité d’achat des pièces détachées pour les bus, l’absence de bases techniques adéquates pour une maintenance optimale des engins et pour le renforcement des personnels techniques, pour ne citer que ceux-là. Cela dit, nous savons pouvoir compter sur le Gouvernement pour faire le nécessaire afin de pallier cet état de fait. En revanche, la société peut s’appuyer sur des équipes motivées, expérimentées qui ont assuré depuis plus de 2 ans, et sans trop de heurts, un fonctionnement quasi normal de la société.

Trans’Urb a-t-il pour vocation de transporter les élèves ?

Bien naturellement, et conformément à notre mission de transport public du plus grand nombre, le transport des élèves reste un pan non négligeable de notre activité au vu de l’importance du nombre de collégiens et de lycéens présents dans la ville. Nous sommes dans une logique de réseau universel. Les élèves sont une composante essentielle des usagers et sont pris en compte dans notre activité. En effet, les différents bassins pédagogiques du Grand Libreville sont intégrés dans le déploiement de notre réseau. Des arrêts de bus sont prévus au plus près des établissements. La flotte est également renforcée aux heures d’entrée et de sortie des classes.

 

le 19 avril 2022

La rédaction

Transport, Trans'Urb


Plus d’articles dans Interview L'OR VERT : UNE VALEUR SÛRE ET DURABLE

Interview par Anne-Marie Jobin

Interview de madame Françoise VAN DE VEN

10 mars 2022


PRIX IMPORT AU CARREFOUR DES CHEMINS

Interview par Anne-Marie Jobin

Interview de monsieur Bernard Azzi, Président-directeur Général de Prix Import

8 novembre 2021


LA MICRO SILICON VALLEY DU GABON

Interview par Anne-Marie Jobin

Interview de monsieur Yannick Ebibie, directeur général de la SING société d’incubation numérique du Gabon

11 octobre 2021

© 2022. Les Échos de l'Éco. Tous droits réservés
Mentions légales