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Économie SOBRAGA S'ADAPTE ET ADOPTE DES MODES DE PRODUCTION PLUS RESPONSABLES

Nous choisissons d’ouvrir cette interview en vous proposant un bref historique, en sept dates, de l’un des fleurons de l’économie gabonaise.

en 1966 à Libreville, la Sobraga ouvre des unités de production successivement en 1971 à Franceville, en 1972 à Port-Gentil, en 1976 à Oyem et enfin en 1983 à Mouila. En 2008, l’usine de Libreville obtient ces premiers labels internationaux. Aujourd’hui Fondée, l’entreprise compte 18 certifications* pour l’ensemble de ses sites de production** (NDLR Audits prévus dans les semaines à venir pour le renouvellement des certificats sur la sécurité alimentaire).

Le groupe Castel Gabon représente 22 marques et distribue près de 93 références produites localement par ses trois sociétés principales : la Société des brasseries du Gabon (Sobraga), la Société des vins du Gabon (Sovingab), et la Société des boissons de Léconi (Soboleco). Le Groupe produit également des boissons devenues des références sur le marché africain : D’Jino, Castel Beer, 33 Export, Beaufort et Régab.

Par ailleurs, et ce n’est plus un secret, le groupe Castel ne produit ni ne distribue plus les boissons du groupe Coca-Cola. L’une des réponses apportées à nos questions nous éclaire sur cette actualité qui a fait couler beaucoup d’encre.

Soutenus par une politique sociale interne appuyée, les quelque 1 500 employés directs entretiennent la culture de l’entreprise et adhèrent aux axes prioritaires menés collectivement. Dans le rapport qui nous a été remis, la RSE est prédominante. Les sujets tels que la consommation responsable, la récupération des bouteilles plastiques et l’utilisation des bouteilles en verre sont au cœur de l’actualité. Autant de thématiques auxquelles nos lecteurs sont particulièrement attentifs.

Monsieur Joël Gallato, il m’est difficile de prioriser un sujet ! Votre actualité est très riche. Commençons par celle qui suscite une grande curiosité. Vous ne produisez plus les produits Coca-Cola. Pour quelle raison ?

Comme beaucoup le savent, dans la vie, quand la cohabitation devient compliquée, il est préférable de se séparer à l’amiable. Trop de divergences stratégiques nous opposaient et nous, le groupe Castel, avons toujours fait preuve d’indépendance, c’est dans notre ADN. Cette séparation ne touche pas uniquement le Gabon, mais s’inscrit plus largement à l’échelle du continent. Nos perspectives de développement à partir de nos marques locales, D’jino, Top ou World Cola, notre savoir-faire accumulé depuis soixante ans, notre maîtrise des réseaux de distribution, sont d’indéniables atouts. Nous abordons l’avenir en toute sérénité et travaillons sur les boissons gazeuses comme sur les autres segments de marché. Cette rupture avec ce partenaire n’altère en rien nos projets de développement auprès des communautés, bien évidemment. Nous venons d’ailleurs de réaliser un diagnostic important de nos relations avec les parties prenantes de notre écosystème. C’est en ce sens que nous travaillons au développement de nos programmes.

EE : Le fait de placer le développement durable au centre de votre feuille de route vous amène-t-il à transformer singulièrement votre façon de conduire votre production ?

Notre engagement à la Sobraga demeure le même. Nous prenons en compte les problématiques de santé publique et de pouvoir d’achat, et portons toujours un regard sur l’impact environnemental, ce qui nous amène en permanence à proposer des gammes toujours plus variées et de qualité. Nous réduisons ainsi régulièrement la teneur en sucre de nos boissons et promouvons l’utilisation du verre consigné pour limiter le conditionnement plastique. Cette démarche est déjà engagée depuis plusieurs années.

EE : Produirez-vous d’autres boissons pour compléter votre gamme déjà très importante ?

Oui, absolument. Encore et toujours. Il ne vous a pas échappé que nous avons toujours été dynamiques en termes d’offre client. Nous le serons encore davantage. Par exemple : la semaine passée, nous avons mis sur le marché une version de notre produit phare, World Cola, en format verre consigné 50 cl, plus respectueux de l’environnement.

La RSE est un vaste sujet que vous privilégiez. Profitons de cette interview pour préciser votre implication, notamment sur le plan environnemental.

Depuis plus de 50 ans, la Sobraga a toujours été très engagée auprès de ses communautés sur toute l’étendue du territoire national.

Notre soutien en faveur du tissu socio-économique et l’intérêt que nous portons à la préservation environnementale ne sont plus à prouver. Nous nous sommes toujours arrimés aux plus hauts standards internationaux en matière d’environnement et de grandes avancées en interne réduisent considérablement notre empreinte : stations de traitement des eaux usées, valorisation des déchets issus de notre activité (objectif 100 % recyclé en interne), équipements moins énergivores et polluants (gaz à effet de serre), optimisation des consommations énergétiques (eau, électricité, pétrole).

De même, en externe, nous avons posé les jalons d’une économie circulaire vertueuse pour combattre la pollution plastique : partenariats avec des acteurs privés et parapublics (collecte, traitement et transformation du plastique), campagne de sensibilisation grand public sur la gestion des déchets plastiques, création d’opérations d’envergure pour soutenir les précollecteurs (défi des 10 000 bouteilles). Ces actions se traduisent par la rentabilité de notre business model.

EE : Parlons plus précisément de l’économie circulaire, du process éprouvé que vous avez mis en place pour récupérer les bouteilles plastiques. Pouvez-vous développer les actions menées et nous communiquer quelques chiffres ?

Nous soutenons plusieurs acteurs du secteur, en particulier l’ONG RGEDD, en accompagnant leurs opérations de nettoyage de plages et de quartier, la startup Recyclage & Collecte que nous avons dotée de moyens roulants pour optimiser son activité, et la PME NAMé Recycling que nous accompagnons pour l’implantation d’un site de valorisation à Libreville.

À titre d’exemple, je voudrais citer la grande campagne multicanal lancée en août de l’année dernière et intitulée : « Il n’y a pas de petits gestes lorsque nous sommes des milliers à le faire ». Cette campagne a donné lieu à différentes actions : affichage urbain et insertion presse papier et digitale ; diffusion de capsules vidéo en TV et digital ; jeux-concours de collecte sur Facebook ; jeux concours radio diffusés (quizz avec gains) ; pose d’un bac de collecte géant à Libreville (rond-point de Nzeng-Ayong).

Grâce à cette campagne de communication et à l’ensemble de ses acteurs et partenaires, la Sobraga a collecté et valorisé plus de 100 000 000 bouteilles plastiques en 2021 contre 10 000 000 en 2019 lors de la mise en place de l’économie circulaire.

EE : Vous avez lancé une importante campagne baptisée « Je suis un CONSOM’ACTEUR ». Quels résultats marquants soulignez-vous ?

La stratégie RSE du groupe Castel repose sur 6 piliers (cf. image ci-dessous). Ces piliers sont la base de nos prérogatives industrielles (excellence opérationnelle et qualité) et RH(sécurité) des agents et bien-être au travail). À l’échelle du Gabon, deux axes prioritaires liés au contexte pays ont été mis en œuvre. L’un concerne l’environnement, avec la lutte contre la pollution plastique, et l’autre la consommation responsable, avec la sensibilisation aux risques d’une consommation excessive de boissons alcoolisées ou sucrées (collaboration avec la Sécurité routière).

EE : Votre fer de lance est l’exploitation du verre et sa récupération. S’agit-il d’une consigne pour le consommateur ? Le verre est-il appelé à remplacer le plastique ?

Dans l’activité boissons gazeuses, le verre consigné a toujours représenté la grande majorité du marché. Nous souhaitons bien évidemment soutenir ce développement, car l’activité verre consigné a un impact très modéré sur l’environnement, contrairement aux produits plastiques. Cependant, nous considérons que le consommateur doit pouvoir disposer d’un choix qui répondra au mieux à son utilisation. En tant qu’entreprise citoyenne, il est de notre responsabilité vis-à-vis de l’environnement de sensibiliser les populations sur les avantages du verre consigné. C’est la raison pour laquelle nous valorisons le verre par l’intermédiaire de nos campagnes d’affichage.

EE : La pandémie de covid-19 a-t-elle marqué l’histoire de la Sobraga ? Si oui, de quelle manière ?

Oui, bien entendu, comme pour de très nombreuses entreprises. Nous nous sommes adaptés et avons complètement transformé nos processus. Il était de notre devoir de participer à l’effort national pour assurer d’une part la sécurité maximale de nos équipes et de nos communautés et d’autre part, la distribution de solution hydroalcoolique produite en interne ainsi que la disponibilité régulière de nos produits : dotation d’eau, livraisons à domicile…

EE : L’objectif de la Sobraga est de devenir la société préférée des Gabonaises et des Gabonais. C’est un réel défi pour vous de rester leader de votre marché et d’atteindre cet objectif. En interne, vous faites preuve d’une cohésion et d’un esprit d’équipe enviés par beaucoup. Quelles sont vos méthodes ?

Il n’y a pas de secret, évidemment. Vous citez l’esprit d’équipe, ce qui me ravit, car il fait partie des valeurs cardinales de notre société, avec la responsabilité et la recherche permanente de la qualité.

Se fixer des objectifs élevés reste la meilleure manière de porter haut nos couleurs et d’apporter de la croissance à notre modèle économique. Aujourd’hui, la recherche de la performance et la volonté d’être une référence en matière de qualité et d’innovation dans notre groupe comme dans notre pays sont nos moteurs pour construire notre développement sur le long terme.

* (NDLR 6 qualité, 6 sécurité, 6 environnement)

** (NDLR Audits prévus dans les semaines à venir pour le renouvellement des certificats sur la sécurité alimentaire)

LES 17 OBJECTIFS DES ODD

Les objectifs de développement durable (ODD), également nommés objectifs mondiaux, ont été adoptés par les Nations unies en 2015.

Ils sont un appel mondial à agir d’ici à 2030 afin d’éradiquer la pauvreté, protéger la planète et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité. Les 17 ODD sont intégrés – reconnaissant que les interventions dans un domaine affecteront les résultats dans d’autres et que le développement doit équilibrer les aspects sociaux, économiques et environnementaux. Les pays se sont engagés à accélérer les progrès pour ceux qui sont les plus en retard. Les ODD sont conçus pour mettre fin à la pauvreté, à la faim, au sida et à la discrimination à l’égard des femmes et des filles. La créativité, le savoir-faire, la technologie et les ressources financières de toute la société seront nécessaires pour atteindre les objectifs dans tous les contextes.

La Sobraga se distingue déjà dans de nombreux domaines. Plusieurs certifications et reconnaissances l’attestent. Cette société est concernée par 16 de ces objectifs à atteindre et tous les efforts consentis par l’ensemble des acteurs de la Sobraga prouvent qu’ils étudient les meilleurs process pour mettre en accord la vision et les valeurs de l’entreprise avec les attentes des parties prenantes de son écosystème.

le 21 juillet 2022

Anne-Marie Jobin

RSE, Sobraga, Production


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