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Diplomatie TURQUIE - GABON, DES RELATİONS À CROISSANCE EXPONENTIELLE AFFICHÉE

La présence turque en Afrique peut s’évaluer au nombre de ses représentations diplomatiques. De 12 en 2002, les ambassades turques en Afrique sont passées à 43 en 2021 tandis que les chancelleries africaines à Ankara sont passées de 10 en 2008 à 37 à ce jour. Établies après l’indépendance en 1960, les relations politiques et les échanges entre la Turquie et le Gabon ont toujours été très consensuels et positifs. La Turquie a inauguré son ambassade à Libreville en 2012 et le Gabon a inauguré son ambassade à Ankara en 2015. À partir de ces dates, la coopération bilatérale entre les deux pays s’est intensifiée. Des visites de haut niveau ont été organisées. C’est dans ce contexte qu’en 2011, le 11e président de la République de Turquie, S.E.M. Abdullah Gül, a visité le Gabon, qu’en 2013, S.E.M. Recep Tayyip Erdoğan, à l’époque Premier ministre, est venu en visite officielle.

S.E.M. Ali Bongo Ondimba, président de la République gabonaise, a visité la Turquie à trois occasions, respectivement en juillet 2012, mai 2015 et juillet 2018, à l’occasion de la cérémonie d’investiture du président turc. Il est indéniable que ces deux pays travaillent au développement de leurs relations, tous domaines confondus.

Échos de l’Éco : À l’initiative du ministère du Commerce turc, 13 entreprises gabonaises ont représenté le pays lors du 3e forum économique et commercial Turquie / Afrique au mois d’octobre dernier. Qu’est-il ressorti de cette réunion à laquelle les journalistes ont réservé une part de leurs colonnes ?

En effet, le Gabon a participé à ce forum avec une délégation présidée par S.E.M. Hugues Mbadinga Madiya, ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME, et 13 entreprises gabonaises. Monsieur Mbadinga Madiya s’est illustré parmi les panelistes lors de la réunion G2B sur le thème des « Opportunités d’investissement & Secteurs ciblés en Afrique ». S.E.M. Mehmet Muş, ministre du Commerce de Turquie, et son homologue gabonais ont échangé à cette occasion. Depuis 2016, la Turquie et l’Afrique organisent tous les deux ans des forums économiques et commerciaux. En 2020, les mesures liées à la pandémie n’ont pas permis que se déroule en présentiel cette troisième grand-messe baptisée « Turquie-Afrique : partenaires dans la résilience ». Il a fallu attendre les 21 et 22 octobre 2021 pour que ce 3e forum d’économie et d’affaires Turquie-Afrique puisse se tenir dans la métropole turque, Istanbul. Au cours de ce forum, les discussions ont porté sur différents thèmes : l’approfondissement du partenariat commercial, l’investissement, la technologie, la logistique, ainsi que la coopération dans les domaines de l’agriculture et de la santé, le leadership des femmes et la Zlecaf. Des rencontres G2B et B2B ont également été organisées. Mon sentiment à l’issue de cette rencontre Turquie / Afrique s’inscrit dans un cadre plus large. Ce sommet se présente comme l’un des mécanismes visant à renforcer la coopération multidimensionnelle entre la Turquie et le continent africain, qui progresse chaque jour. Je m’explique : après l’établissement de sa politique d’ouverture sur l’Afrique en 1998, la Turquie a été déclarée partenaire stratégique de l'Union africaine lors du 10e sommet de l’Union en janvier 2008. Dès lors, des mécanismes ont été mis en place et nous assistons à présent à l’essor du renforcement de l’agence de coopération turque (TIKA) entre la Turquie et le continent africain. L’agence se déploie à travers ses 22 représentations sur le continent, dont un bureau de liaison, et étend son action grâce à l’accompagnement de projets de développement dans divers domaines, notamment les infrastructures, les services sociaux, les services économiques, l’éducation et la santé. Depuis notre ambassade à Libreville, nous observons chaque jour le fruit de ces mécanismes de coopération, notamment par la hausse de l’intérêt des hommes d’affaires turcs prouvant leur volonté d’investir sur le continent consécutivement à ce 3e forum. Les circonstances de ces réunions permettent également de consolider les partenariats déjà existants entre nos acteurs économiques en tissant des relations amicales par le biais de rencontres et de déplacements.

La pandémie de covid-19 a eu un impact sur la progression du volume commercial entre nos deux pays. En 2010 les échanges commerciaux s’élevaient à 24 millions de dollars. 10 ans après, en 2020, on s’approchait des 72 millions de dollars. Le Gabon importait pour 51,5 millions de dollars alors que le Gabon exportait 20,3 millions de dollars. Quels sont les produits ou services qui correspondent à ces chiffres ?

La coopération économique et commerciale est un domaine clé au sein des relations turco-gabonaises. Alors que les principaux produits exportés par la Turquie vers le Gabon sont les barres de ciment, le fer, l’acier non allié, les produits alimentaires, les tuyaux en fer, les produits en plastique et les serviettes hygiéniques, etc. les principaux produits exportés par le Gabon vers la Turquie sont le manganèse, le bois, le contreplaqué et les produits forestiers. La Turquie est le 9e pays à partir duquel le Gabon importe le plus et le 18e pays vers lequel il exporte le plus.

Quelle sera la future stratégie de développement des intérêts mutuels ? Quelles sont les perspectives ?

À titre personnel, je pense que l’un des succès les plus importants de ces dernières années résulte des relations turco-gabonaises qui reflètent la confiance mutuelle entre nos dirigeants. C’est précisément cet élément qui représente aujourd’hui le moteur qui nous rapproche chaque jour un peu plus. D’autre part, d’un point de vue juridique, nous avons établi un vaste cadre qui nous permet de bâtir nos relations avec le Gabon sur des bases solides. Une base juridique qui regroupe divers domaines (économique, militaire, technologique, agriculture, santé, développement et culture). Par ailleurs, nos peuples se sont rapprochés davantage grâce à la compagnie Turkish Airlines qui dessert le Gabon depuis janvier 2013 et l’école Maarif turco-gabonaise. J’ai été particulièrement heureuse d’apprendre que plus de 400 étudiants gabonais ont intégré une université turque pour l’année académique en cours. Je m’emploie à ce que ce nombre augmente davantage à l’avenir. Il est indéniable que ces étudiants représentent un pont humain entre nos deux pays et qu’ils seront les architectes de nos relations à l’avenir. Pour résumer, c’est dans un contexte de travail continu que nous œuvrons pour le renforcement de la coopération turco-gabonaise dans de nombreux domaines. Nous attachons une grande importance à ce que cette coopération se fasse sur la base du « gagnant-gagnant » et qu’elle profite le plus possible à nos peuples amis et frères.

Avez-vous pour objectif d’accroître les investissements turcs au Gabon ? Dans quels secteurs plus particulièrement ?

L’intérêt des hommes d’affaires turcs pour l’investissement au Gabon s’intensifie de plus en plus, consécutivement aux efforts déployés par les autorités de nos deux pays. Outre les investissements déjà réalisés par les entreprises turques dans les domaines cités ci-dessus, je peux affirmer que l’investissement le plus important en ce moment se situe dans le domaine de l’énergie. En effet, il est prévu que la société turque « Desiba Energy Sas » commence la construction d’une centrale d’énergie solaire à Mouila dans les semaines à venir. D’autre part, les entreprises turques ont toujours été intéressées par les projets de construction au Gabon et nous attendons certaines bonne nouvelles dans ce secteur également. Les secteurs du mobilier, du textile, de l’alimentation ainsi que de l’agriculture, de la pêche et bien d’autres sont aussi dans le viseur des entreprises turques. Les deux pays ont d’énormes potentiels dans ces domaines qui leur permettent de nouer des partenariats. Par ailleurs, une délégation turque du Conseil d’affaires Turquie-Gabon, composée de son co-président et président-directeur général de Transtas Global Lojistik, M. Ersel Topaloğlu, qui travaille dans le domaine du transport et de la logistique, et de M. Onur Özden, membre du Conseil d’affaires Turquie-Gabon, qui exerce dans le domaine de la gestion des déchets, ont effectué une visite de travail au Gabon en novembre 2021 qui leur a permis de voir et d’analyser sur le terrain les éventuelles possibilités d’investissement au Gabon. Ces visites de nos hommes d’affaires sont les signaux de futurs investissements turcs au Gabon.

Qu’attendez-vous du sommet qui s’est déroulé à Istanbul en ce mois de décembre et où les Gabonais étaient très présents ?

Marqué par une importante participation des pays africains, ce 3e sommet de partenariat Turquie-Afrique s’est magnifiquement bien déroulé. Tout comme pour les précédents, les fruits de ce sommet se feront également ressentir dans la durée. Concernant le Gabon, nous avons été ravis d’accueillir S.E.M. Pacome Moubelet Boubeya, ministre des Affaires étrangères, S.E.M. Biendi Maganga Moussavou, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage, de la Pêche et de l’Alimentation de la République gabonaise, S.E. Dr Guy Patrick Obiang Ndong, ministre de la Santé de la République gabonaise et S.E.M. Patrick Daouda Mouguiama, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique, du Transfert de technologies, de l’Éducation nationale, chargé de la Formation civique. Ils se sont respectivement entretenus avec leurs homologues turcs. Rendez-vous au prochain sommet pour le bilan des actions menées.

De combien de concitoyens la communauté turque au Gabon se compose-t-elle ?

La communauté turque au Gabon ne dépasse pas les 40 personnes en ce moment. Mais ce chiffre pourrait fortement augmenter dans les mois qui viennent avec l’arrivée au Gabon des investisseurs turcs et de leur personnel.

La Turquie fournit elle des bourses aux étudiant(e)s gabonais(es) ?

En matière de collaboration dans le domaine de l’éducation, l’école Maarif turco-gabonaise joue un rôle clef. En effet, aujourd’hui plus de 517 élèves gabonais sont inscrits à cette école et nous espérons que ce chiffre augmentera dans les années à venir. D’autre part, l’Agence de Maarif active au sein de l’école conseille et oriente les élèves qui veulent poursuivre leurs études supérieures en Turquie. Plus de 400 élèves gabonais ont intégré une université pour l’année académique en cours. Pour ce qui est de l’offre des bourses, la Turquie propose chaque année aux étudiants gabonais des bourses pour les cycles d’études de licence, master et doctorat. Elle a accordé plus de 58 bourses aux étudiants gabonais depuis 2005.

le 11 janvier 2022

La Rédaction

Turquie, Coopération, Diplomatie


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