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Actualité ANALYSE SECTORIELLE DE LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT

La Banque africaine de développement en collaboration avec le gouvernement gabonais a organisé à Libreville, fin juin, des consultations nationales sur la note de diagnostic pays et le document de stratégie pays pour la période 2016–2022. Les échanges se sont déroulés avec le ministère de la Relance et de l’Économie, les départements techniques des principaux ministères et les partenaires techniques et financiers.

« La note de diagnostic pays a pour but d’éclairer le processus de préparation du document de stratégie pays pour la période 2023–2027. À ce titre, elle constitue une base analytique solide pour l’élaboration du Document de stratégie pays, instrument stratégique et de programmation des opérations de la Banque au Gabon », explique Nouridine Kane Dia, responsable pays du groupe de la Banque africaine de développement au Gabon.

La note de diagnostic pays identifie sept secteurs prioritaires pour un développement durable du Gabon, qui seront passés au peigne fin lors de ces consultations nationales. Outre l’amélioration de la gestion publique, le projet de note évoque l’amélioration du climat des affaires et le développement du secteur privé, la diversification des investissements dans le secteur agricole et la promotion de l’agro-industrie ainsi que la poursuite du processus d‘industrialisation du pays dans les secteurs du bois, des mines et des hydrocarbures.

Selon la note de diagnostic pays, les perspectives de croissance économique du Gabon sont favorables pour 2022 et 2023 : « La reprise économique amorcée depuis 2021 devrait se poursuivre en 2022 en raison de la remontée des cours du pétrole et de la forte demande pour les produits d’exportation (pétrole, manganèse, bois, huile de palme). La Banque africaine de développement projette pour 2022 un taux de croissance économique de 3,3 % et 3,4 % pour 2023 », y est-il souligné.

S’agissant du document de stratégie pays pour la période 2016 –  2022, les consultations nationales feront le bilan des différents projets mis en œuvre au cours de la période visée. Trois projets importants en termes de financement sont en cours de réalisation. Il s’agit de la première phase du projet d’appui au secteur des infrastructures, du volet eau du programme intégré d’alimentation en eau potable et d’assainissement au Gabon et du projet de renforcement des capacités pour l’employabilité des jeunes et l’amélioration de la protection sociale.

À la date du 31 mai 2022, le portefeuille actif du groupe de la Banque africaine de développement au Gabon comptait dix projets d’une valeur totale de 671 millions d’euros. Les investissements opérés couvrent les secteurs de la gouvernance, de l’agriculture, de l’eau et l’assainissement, du social et des transports.

Développements macroéconomiques récents

Alors qu’elle s’était contractée de 1,8 % en 2020, la croissance du PIB a rebondi de 1,3 % en 2021, grâce à l’expansion du secteur non pétrolier, notamment l’huile de palme (120 %) et l’industrie du bois (29,8 %). Estimé à 20,5 % en 2020, le chômage reste élevé, notamment pour les jeunes, exacerbant la pauvreté qui était estimée à 33,4 % en 2017. Le déficit budgétaire s’est creusé, passant de 2,1 % en 2020 à 3,4 % en raison d’une hausse des dépenses d’investissement et des dépenses courantes liées à la crise sanitaire. La dette publique est estimée à 74,7 % du PIB en 2021, contre 77,4 % en 2020. En 2021, l’inflation s’est repliée à 1,1 % contre 1,3 % en 2020, en raison de la maîtrise des prix des transports et des produits alimentaires. En mars 2022, la BEAC a augmenté son taux d’intérêt sur les appels d’offres de 3,5 % à 4 % et son taux de facilité de prêt marginal de 5,25 % à 5,75 %, pour reconstituer les réserves de change régionales. Entre 2020 et 2021, ces réserves sont passées de 3 mois à 3,6 mois d’importations. Le déficit du compte courant s’est réduit de 6 % en 2020 à 3,5 % en 2021, grâce à une augmentation plus forte des exportations (31   %) que celle des importations (9 %). Les performances du secteur bancaire en 2021 ont été soutenues par les mesures prudentielles mises en œuvre par la Commission bancaire de l’Afrique Centrale pour atténuer les effets de la crise sanitaire sur la qualité des actifs et la solvabilité des banques. Une détérioration de la qualité des actifs est prévue pour 2022, car à la fin de 2021, la Commission a retiré ses mesures prudentielles.

Perspectives et risques

Les perspectives de croissance économique à court terme sont favorables. La croissance du PIB devrait atteindre 3,3 % en 2022 et 3,4 % en 2023, reflétant un secteur non pétrolier dynamique (agriculture, bois et mines). Avec la hausse des prix du pétrole et les réformes engagées dans le cadre du programme du FMI, le solde budgétaire devrait s’améliorer progressivement pour aboutir à des excédents de 2,3 % du PIB en 2022 et 3,4 %, en 2023. La dette publique devrait continuer à diminuer pour atteindre 70,1 % du PIB en 2023. Pour 2022 et 2023, la Banque prévoit des pressions inflationnistes en raison de la guerre en Ukraine qui devrait affecter essentiellement les prix des denrées alimentaires et du transport. L’inflation devrait s’établir respectivement à 2,9 % et 2,5   % pour 2022 et 2023. Les taux directeurs établis en mars 2022 par la BEAC devraient garantir la stabilité monétaire interne et externe. Le solde du compte courant devrait s’améliorer du fait de la hausse des prix des matières premières exportées (pétrole, huile de palme, or, manganèse) pour atteindre des excédents de 2,9 % en 2022 et 0,7 % en 2023. Ces résultats sont toutefois tributaires de l’exécution des réformes structurelles en cours ainsi que des évolutions de la pandémie et de la guerre en Ukraine.

Changement climatique et options de politiques publiques

Le Gabon se classe 130e sur l’Indice mondial des risques climatiques 2021. Il est exposé à une élévation du niveau de la mer, à des inondations fréquentes et à l’érosion côtière, qui affectent des secteurs clés tels que l’hydroélectricité, l’agriculture, la pêche et les forêts. Les autorités ont pris des mesures pour protéger la faune et la flore avec la création de zones protégées couvrant 11   % du territoire national. L’adoption du Code forestier en 2001 a contribué à renforcer la résilience des terres forestières. Le Gabon dispose d’un cadre politique, institutionnel et juridique relativement développé, intégré à la stratégie nationale de développement. Le pays révise actuellement sa CDN (Content Delivery Network) avec pour objectif de réduire ses émissions de carbone de 50 % d’ici 2025. La forêt couvre 88 % de son territoire et constitue un réservoir de carbone, absorbant quatre fois plus de CO2 qu’elle n’en émet. Le pays vise à monétiser ses crédits carbone, estimés à 5 mds de dollars en 2021, et compte utiliser et monétiser le gaz torché pour réduire sa dépendance aux importations de produits finis et passer à l’énergie verte. Le Gabon torche environ 35 mds de pieds cubes de gaz par an, ce qui représente environ 200 MW d’électricité. Pour atteindre un niveau plus écologique en matière d’électricité et de transport, il doit surmonter des défis technologiques, infrastructurels, financiers et réglementaires.

le 27 juillet 2022

La rédaction

Economie, Banque Africaine de Développement


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